in-memoriam 

 

Gaston RACINE

 

par Francis BAILET

 

 

 

A Montréal, à l’aube du 27 février 2006, dans sa 89ème année, le Seigneur a repris à Lui, son fidèle serviteur Gaston RACINE.

 

G.Racine

 

Né en Suisse dans le canton de Neuchâtel, Gaston Racine fut élevé dans un milieu très pieux et se convertit au Christ à l’âge de 14 ans.

Très jeune, il dut apprendre, à l’école de la souffrance, à renoncer à ses plans et à ses projets pour se soumettre à la volonté de Dieu. Guéri et fortifié, il reçut l’appel au service par ces paroles du prophète Jérémie : « Ne dis pas : je suis un enfant,… Je mets mes paroles dans ta bouche » (lire Jr 1. 4 à 10).

 

 

Pendant plus de 60 ans, G. Racine a exercé un ministère pastoral et d’enseignement biblique dans divers pays du monde, accueilli dans les Eglises les plus diverses, à la découverte et à l’expérience de l’unité du corps de Christ. Les assemblées de France, Belgique, Suisse et Italie ont bénéficié tout particulièrement de son enseignement.

 

Il faut mentionner sa fidèle collaboration avec notre frère Marc ERNST à la revue « SERVIR » depuis juin 1949, date de son premier article. Durant de nombreuses années, chaque mois, dans la rubrique « Vie chrétienne, Doctrine et Vie », ses articles ont été en bénédiction à beaucoup.

 

Mentionnons encore son ministère parmi les jeunes et les adultes dans les camps de l’Hermon, Genval, Vennes-sur-Lausanne, Poggio et les camps G.B.U.

 

Etabli au Canada, après son mariage avec Eva Arendt il créa les camps Mahanaïm.

 

A Nice, la fondation de l’assemblée du Refuge le 1er dimanche de décembre 1950 a été le départ d’un riche témoignage qui fut en bénédiction à beaucoup. Ce témoignage se poursuit encore aujourd’hui.

 

Nous ne voulons pas exalter un homme, car toute la gloire en revient à Dieu. G. Racine disait humblement qu’il n’était qu’une voix.

 

Rendons grâces à Dieu qui a donné un serviteur à son Eglise. Que sa consécration et son témoignage de Foi soient un encouragement à aimer la Parole, à la faire connaître et à la vivre comme il nous l’a enseigné.

 

Réjouissons-nous malgré la tristesse de la séparation, car notre frère bien-aimé est auprès du Seigneur qui l’a accueilli.

 

Nous disons à sa chère épouse Eva qui l’a si efficacement soutenu dans son minis-tère et à toute sa famille notre fraternelle affection.

 

F.B.

 

 

Etre chrétien seul

 

Il y a dans la vie du chrétien des heures, des journées, des périodes où nous éprouvons les grâces sensibles de notre Dieu. Temps heureux, jours de bonheur où l’âme est consciente de l’amour de son Sauveur et reconnaît que Ses commandements ne sont pas pénibles (1Jn 5.3). Puis, soudainement, le chrétien se trouve plongé dans les ténèbres.

 

Les jours mauvais ne nous ont peut-être pas encore atteints dans toute leur rigueur, mais cependant nous ressentons que nous ne sommes plus au pays de l’abondance spirituelle, mais dans le désert, le jeûne et la solitude aux affreux hurlements.

 

La satisfaction intérieure comme jadis fait place à un sentiment de médiocrité profonde. Un essaim de mauvaises pensées nous assaille, certains souvenirs, certaines images nous obsèdent et une voix nous crie : « Ote donc ton masque, tu n’es qu’un vil hypocrite, tu es indigne de l’amour de Dieu, et cela est si vrai que tu n’éprouves plus Sa tendresse ! Dieu t’abandonne, te rejette, ne répond plus même à ta prière. Tu as vécu dans l’illusion, et maintenant tu es seul… seul… et personne ne peut vraiment te secourir. »

 

C’est l’heure favorable où le tentateur s’approche pour s’essayer de nous détourner de la volonté de Dieu en nous suggérant mille moyens de nous sortir de peine sans Dieu, puisque Dieu semble nous avoir abandonnés et livrés à la merci du destructeur, qui se fait soudain séducteur. Comme Jésus au jour de la tentation, il est important pour nous de savoir répondre à Satan : « II est écrit ».

 

Certes, au point culminant de l’épreuve, nous ne sentons peut-être plus l’amour de Dieu et nous ne voyons plus le Seigneur, mais nous savons ce que dit la Bible : « Dieu constate son amour envers nous, en ce que, lorsque nous étions encore des pécheurs, Christ est mort pour nous » (Rm 5.8).

 

Voilà ce que je sais ! Voilà ce qui est vrai !

 

Je ne suis pas plus aimé de Dieu quand je nage dans la joie, ni moins aimé de Lui quand je traverse la vallée des larmes. Il ne m’aime pas parce que je me crois blanc, et ne cesse pas de m’aimer quand je me vois tout noir ! Dieu M’aime tel que je suis. Son amour est immuable.

 

Cette certitude doit nous amener à une stabilité spirituelle merveilleuse qui se manifestera par une dépréoccupation plus totale de nous-même et de ce que nous ressentons, afin qu’en tout temps nous puissions rendre témoignage au grand amour de Dieu.

Gaston RACINE (7 avril 1964)