{"id":1573,"date":"2006-05-23T10:11:40","date_gmt":"2006-05-23T10:11:40","guid":{"rendered":"\/?p=1573"},"modified":"2016-09-14T06:48:04","modified_gmt":"2016-09-14T06:48:04","slug":"pour-une-theologie-biblique-de-la-sexualite","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.servir.caef.net\/?p=1573","title":{"rendered":"Pour une th\u00e9ologie biblique de la sexualit\u00e9"},"content":{"rendered":"<h1 style=\"text-align: center;\" align=\"JUSTIFY\">Pour une th\u00e9ologie biblique de la sexualit\u00e9<\/h1>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><a href=\"\/wp-content\/uploads\/2004\/11\/bible-3.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\" size-full wp-image-9049 aligncenter\" src=\"\/wp-content\/uploads\/2004\/11\/bible-3.jpg\" alt=\"bible-3\" width=\"611\" height=\"276\" srcset=\"https:\/\/www.servir.caef.net\/wp-content\/uploads\/2004\/11\/bible-3.jpg 611w, https:\/\/www.servir.caef.net\/wp-content\/uploads\/2004\/11\/bible-3-300x136.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 611px) 100vw, 611px\" \/><\/a><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><strong>par<\/strong> <span style=\"font-size: 16px;\"><strong><span style=\"color: #b22222;\">Henri BLOCHER<\/span><\/strong><\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Sexus, comme \u00ab section \u00bb et comme \u00ab s\u00e9cateur \u00bb, vient de secare, \u00ab couper \u00bb : le terme d\u00e9signe la diff\u00e9rence qui \u00ab coupe \u00bb en deux l&rsquo;humanit\u00e9. Cette disposition divise pour mieux unir, et ce premier paradoxe explique d\u00e9j\u00e0, pour une part, l&#8217;embarras des humains lorsqu&rsquo;il s&rsquo;agit de penser la diff\u00e9rence sexuelle, et de la vivre !<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><!--more--><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><a href=\"\/wp-content\/uploads\/2006\/pdf2006\/2006_03_02_theologiebibliquesexualite.pdf\" target=\"_blank\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" title=\"iconePDF\" src=\"\/wp-content\/uploads\/2011\/01\/iconePDF.jpg\" alt=\"\" width=\"81\" height=\"76\" align=\"right\" hspace=\"8\" vspace=\"8\" \/><\/a>Les progr\u00e8s de la sexologie contemporaine, qu&rsquo;il ne faut pas m\u00e9priser, m\u00eame dans sa diffusion vulgaris\u00e9e, semblent davantage nourrir l&rsquo;obsession (\u00e9vidente) que dissiper la confusion (non moins \u00e9vidente). Il est grand temps de relire la \u00ab notice du constructeur \u00bb, les instructions de la Parole de Dieu sur le masculin et le f\u00e9minin, sur le sens de leur rapport et sa mise en \u0153uvre plus heureuse.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n<h2>Le sexe cr\u00e9\u00e9<\/h2>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">D\u00e8s qu&rsquo;on entre dans l&rsquo;Ecriture Sainte par son porche d&rsquo;entr\u00e9e, dans l&rsquo;ordre canonique, c&rsquo;est-\u00e0-dire la premi\u00e8re \u00ab tablette \u00bb de la Gen\u00e8se, on rencontre la clause d\u00e9cisive : <em><span style=\"background-color: #add8e6;\">\u00ab Homme et femme il les cr\u00e9a \u00bb (Gn 1.27c)<\/span><\/em>, ou, plus litt\u00e9ralement, <em><span style=\"background-color: #add8e6;\">\u00ab M\u00e2le et femelle il les cr\u00e9a \u00bb<\/span><\/em>. La premi\u00e8re v\u00e9rit\u00e9 de la diff\u00e9rence sexuelle, c&rsquo;est qu&rsquo;elle fait partie de la cr\u00e9ation de Dieu. Ni divine, ni diabolique. Si l&rsquo;on compare avec ce qu&rsquo;ont fait du sexe les humains p\u00e9cheurs, si l&rsquo;on pense \u00e0 son exploitation dans tant de cultes, avec la prostitution sacr\u00e9e, \u00e0 la coloration \u00e9rotique de tant de mysticismes, \u00e0 l&rsquo;\u00e9l\u00e9vation du sexe en valeur supr\u00eame comme l&rsquo;attestent notre cin\u00e9ma et tant de publications, si l&rsquo;on pense, \u00e0 l&rsquo;inverse, aux puissantes traditions d&rsquo;asc\u00e9tisme anti-sexuel, \u00e0 l&rsquo;angoisse qui se cache encore \u00e0 son propos chez de nombreux modernes (et qui se d\u00e9guise dans la m\u00e9dicalisation de la sexualit\u00e9), elle est r\u00e9volutionnaire, la v\u00e9rit\u00e9 de la Gen\u00e8se !<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Elle lib\u00e8re sobrement de la sacralisation malsaine du sexe comme de son ex\u00e9cration (le mot vient de la m\u00eame racine). Elle signifie sa bont\u00e9 essentielle, car tout ce que Dieu a cr\u00e9\u00e9 est bon (<span style=\"background-color: #add8e6;\"><em>1 Tm 4.4,<\/em><\/span> contre une spiritualit\u00e9 qui rejetait le mariage), en m\u00eame temps que son inscription, comme pour toute r\u00e9alit\u00e9 cr\u00e9aturelle, dans l&rsquo;ordre bienfaisant \u00e9tabli par Dieu.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><em><span style=\"background-color: #add8e6;\">Gen\u00e8se 1.27<\/span><\/em> ne r\u00e9v\u00e8le pas seulement le statut cr\u00e9ationnel de la sexualit\u00e9 mais encore son importance aux yeux de Dieu. En effet, dans le verset qui d\u00e9finit l&rsquo;\u00eatre humain parmi toutes les cr\u00e9atures, \u00ab m\u00e2le et femelle \u00bb est la seule indication qui s&rsquo;ajoute \u00e0 la formule capitale, \u00ab image de Dieu \u00bb. On ne peut pas suivre Karl Barth quand il veut faire de la seconde clause (\u00ab m\u00e2le et femelle \u00bb) l&rsquo;explication de la premi\u00e8re &#8211; son interpr\u00e9tation est d&rsquo;ailleurs plus complexe que les r\u00e9sum\u00e9s qu&rsquo;on en donne couramment ; mais il a bien raison de souligner que \u00ab la diff\u00e9renciation sexuelle est (&#8230;) la seule dans laquelle l&rsquo;homme soit cr\u00e9\u00e9 \u00bb, celles des races, des peuples, ne comptant pas :<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Il n&rsquo;y a aucune diff\u00e9rence r\u00e9elle et aucune relation r\u00e9elle en dehors de celles qui existent entre un \u00eatre humain et un autre, et dont la forme la plus primitive et la plus concr\u00e8te est la diff\u00e9rence et la relation entre l&rsquo;homme et la femme, la femme et l&rsquo;homme. (&#8230;) l&rsquo;\u00eatre humain en tant que tel est un (&#8230;) et seul de son esp\u00e8ce ; il n&rsquo;est deux que dans la dualit\u00e9 de son semblable, que dans le couple homme-femme .<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Toute l&rsquo;Ecriture confirme la volont\u00e9 divine de marquer la distinction &#8211; d&rsquo;o\u00f9, par exemple, la condamnation s\u00e9v\u00e8re du travestissement <em><span style=\"background-color: #add8e6;\">(Dt 22.5)<\/span><\/em>. Il est int\u00e9ressant que la psychanalyse discerne dans la diff\u00e9renciation des sexes la matrice de toute perception humaine des diff\u00e9rences. S&rsquo;il est loisible de lire l&rsquo;intention du Cr\u00e9ateur dans les faits de la nature, on peut observer un autre indice de l&rsquo;importance que Dieu a donn\u00e9e au rapport des sexes : Homo sapiens sapiens est la seule esp\u00e8ce o\u00f9 m\u00e2les et femelles soient constamment pr\u00eats \u00e0 l&rsquo;union (sans p\u00e9riodes restreintes de rut) et, para\u00eet-il, le plaisir de leur conjonction est beaucoup plus intense, un s\u00e9isme physiologique et sensoriel comme les autres Primates n&rsquo;en connaissent pas.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">L&rsquo;importance de la sexualit\u00e9 pour la relation se double de son importance dans la constitution de l&rsquo;individu : elle semble r\u00e9aliser le noeud de l&rsquo;\u00e2me et du corps, L\u2019Ecriture n&rsquo;a pas attendu Sigmund Freud pour le sugg\u00e9rer ! Cette pens\u00e9e permet de suivre la pens\u00e9e, au premier abord d\u00e9routante, de l&rsquo;ap\u00f4tre en <span style=\"background-color: #add8e6;\"><em>1 Corinthiens 6.13-18<\/em><\/span>. Contre les libertins hyper-spirituels de Corinthe, Paul exclut la fr\u00e9quentation des prostitu\u00e9es. Il r\u00e9fute d&rsquo;abord l&rsquo;assimilation de l&rsquo;union sexuelle \u00e0 la satisfaction d&rsquo;un app\u00e9tit physique (j&rsquo;ai soif, je vois un verre d&rsquo;eau, je le bois ; j&rsquo;ai envie d&rsquo;une femme, je la prends) : le corps comme sexu\u00e9 doit \u00eatre radicalement distingu\u00e9 du syst\u00e8me digestif &#8211; sa conduite affecte tout autrement la personne, et il a une tout autre destin\u00e9e <span style=\"background-color: #add8e6;\"><em>(1 Co 6.13s<\/em><\/span>.).<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Ayant rappel\u00e9 le <em><span style=\"background-color: #add8e6;\">\u00ab ils deviendront une seule chair \u00bb (v.16)<\/span><\/em>, il affirme que les autres p\u00e9ch\u00e9s sont ext\u00e9rieurs au corps (ektos), alors que la fornication (porn\u00e9ia, toute union sexuelle illicite) est un p\u00e9ch\u00e9 contre (ou \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard de, eis) le propre corps <span style=\"background-color: #add8e6;\"><em>(v.18).<\/em><\/span> Que veut-il dire par ce contraste ? Les p\u00e9ch\u00e9s de vol, de goinfrerie, etc., n&rsquo;engagent-ils pas aussi le corps ? Pour ces autres p\u00e9ch\u00e9s, le corps ne joue le r\u00f4le que d&rsquo;instrument et, dans ce sens, l&rsquo;acte demeure ext\u00e9rieur \u00e0 la personne m\u00eame. Dans l&rsquo;union sexuelle, au contraire, l&rsquo;implication du corps entra\u00eene celle de la personne enti\u00e8re ; le corps comme sexu\u00e9 est plus qu&rsquo;un instrument ou qu&rsquo;un v\u00e9hicule, il noue ensemble l&rsquo;int\u00e9rieur et l&rsquo;ext\u00e9rieur ; il est le corps que je suis, et non pas seulement que j&rsquo;ai, mon corps et non pas seulement un corps.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Cette gloire de la corporalit\u00e9 mienne, supr\u00eame dans l&rsquo;expression sexuelle, la fornication la bafoue : elle traite le corps comme s&rsquo;il n&rsquo;\u00e9tait qu&rsquo;un instrument, disjoint de l&rsquo;\u00eatre int\u00e9rieur, et ce mensonge ne peut emp\u00eacher que la personne enti\u00e8re soit marqu\u00e9e, n\u00e9gativement et plus ou moins \u00e0 son insu. C&rsquo;est ainsi que le fornicateur p\u00e8che contre son propre corps. L\u2019analyse t\u00e9moigne puissamment de l&rsquo;importance de la sexualit\u00e9 comme le noeud de la personne.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Gardons-nous, cependant, des exc\u00e8s ! La v\u00e9rit\u00e9 \u00ab m\u00e2le et femelle \u00bb reste seconde. Son importance passe apr\u00e8s celle de la cr\u00e9ation en image de Dieu. Le r\u00e9cit d&rsquo;Eden <span style=\"background-color: #add8e6;\"><em>(Gn 2)<\/em><\/span>, qui d\u00e9veloppe, dans un autre langage, l&rsquo;enseignement sur l&rsquo;\u00eatre humain du premier texte, montre bien le couronnement de l&rsquo;\u0153uvre cr\u00e9atrice dans la formation de la femme, dans l&rsquo;\u00eatre-\u00e0-deux plut\u00f4t que dans la solitude. Mais il porte tout son accent sur la similitude de l&rsquo;homme et de la femme &#8211; et non pas sur leur diff\u00e9rence. L\u2019homme reconna\u00eet la communaut\u00e9 de nature, et la parfaite correspondance du vis-\u00e0-vis, &lsquo;iss\u00e2 r\u00e9pondant \u00e0 \u00ab\u00a0is <span style=\"background-color: #add8e6;\"><em>(Gn 2.23)<\/em><\/span>.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Cette relativisation, malgr\u00e9 l&rsquo;importance, permet la concession de l&rsquo;ap\u00f4tre, <em><span style=\"background-color: #add8e6;\">\u00ab II est bien pour l&rsquo;homme de ne pas toucher de femme toutefois \u00bb qui suit aussit\u00f4t), et son avis au c\u00e9libataire, \u00e0 cause de la n\u00e9cessit\u00e9 pr\u00e9sente (pers\u00e9cution pr\u00e9vue), \u00ab Ne cherche pas de femme \u00bb (1 Co 7.27s.)<\/span><\/em>. J\u00e9sus lui-m\u00eame parle favorablement de ceux <em><span style=\"background-color: #add8e6;\">\u00ab qui se sont rendus eux-m\u00eames eunuques \u00e0 cause du r\u00e8gne des cieux \u00bb (Mt 19.12)<\/span><\/em> , dans un sens \u00e9videmment m\u00e9taphorique. L&rsquo;activit\u00e9 sexuelle n&rsquo;est pas indispensable \u00e0 l&rsquo;accomplissement de l&rsquo;humanit\u00e9.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Nombreux sont ceux qui exaltent la compl\u00e9mentarit\u00e9 du masculin et du f\u00e9minin, selon la sym\u00e9trie du convexe et du concave, quand ce n&rsquo;est pas la bipolarit\u00e9 cosmique du yin et du yang. Le th\u00e8me n&rsquo;est pas \u00e0 rejeter totalement. Les termes h\u00e9breux pour \u00ab m\u00e2le \u00bb et \u00ab femelle \u00bb, z\u00e0k\u00e0r et neq\u00e9v\u00e2, le sugg\u00e8rent sans doute ; quant \u00e0 l&rsquo;anatomie diff\u00e9rentielle, il serait difficile de le rejeter. Mais il faut relever le peu de place qu&rsquo;il a dans l&rsquo;Ecriture. L&rsquo;enseignement r\u00e9v\u00e9l\u00e9 n&rsquo;enferme pas les hommes et les femmes dans le cercle de la compl\u00e9mentarit\u00e9 sexuelle : elle privil\u00e9gie le vis-\u00e0-vis des personnes, conform\u00e9ment au rang second de la diff\u00e9renciation masculin\/f\u00e9minin elle-m\u00eame.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n<p>Ce qui nous conduit au deuxi\u00e8me volet de notre enqu\u00eate.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n<h2>Le sexe \u00ab spirituel \u00bb<\/h2>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Dire le sexe \u00ab spirituel \u00bb, c&rsquo;est jouer du paradoxe. N&rsquo;est-il pas, pour le sens commun, en tout cas en premier lieu, du corps ? <span style=\"background-color: #add8e6;\"><em>1 Corinthiens 6<\/em><\/span>, comme on l&rsquo;a vu, n&rsquo;en fait-il pas le corps le plus corporel, le lieu ou la fonction qui portent au plus haut degr\u00e9 l&rsquo;essence de la corporalit\u00e9 propre ? Mais, pr\u00e9cis\u00e9ment, la corporalit\u00e9 humaine n&rsquo;est pas celle d&rsquo;un animal ; l&rsquo;homme n&rsquo;est ni ange, ni b\u00eate, ni mixte d&rsquo;ange et de b\u00eate ; il est essentiel au corps humain d&rsquo;\u00eatre l&rsquo;expression de l&rsquo;esprit, fonctionnant dans la symbiose du biologique et du spirituel. Et nulle part cela n&rsquo;est plus vrai qu&rsquo;en mati\u00e8re de sexualit\u00e9, ce noeud de l&rsquo;ext\u00e9rieur et de l&rsquo;int\u00e9rieur.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">La sexualit\u00e9 humaine ne rel\u00e8ve pas d&rsquo;abord de l&rsquo;instinct, mais de la libert\u00e9. Quand on analyse le d\u00e9sir, on d\u00e9couvre en sa profondeur le d\u00e9sir de l&rsquo;autre d\u00e9sir. L\u2019\u00e9rotisme spiritualise le sexe : l&rsquo;art ajoute \u00e0 la nature, c&rsquo;est une culture qui en fait la richesse. La dimension spirituelle implique aussi la pr\u00e9sence de la loi, comme la regrett\u00e9e France Qu\u00e9r\u00e9 avait su l&rsquo;\u00e9crire :<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">La nature, que si longtemps on a meurtrie dans le carcan de lois iniques, r\u00e9clame cependant elle-m\u00eame des lois&#8230; L&rsquo;instinct sexuel a besoin de rites, d&rsquo;interdits, de tabous, et l\u00e2chons le mot, de pudeur, pour s&rsquo;\u00e9panouir. (&#8230;) A trop poss\u00e9der et trop vite, la joie est g\u00e2ch\u00e9e (&#8230;) et l&rsquo;amour, sans le temps, se r\u00e9duit \u00e0 sa composante sexuelle finale, rel\u00e8ve de la performance plus que du sentiment ; du jeu, plus que de la volupt\u00e9. Aux sens bient\u00f4t \u00e9mouss\u00e9s, il faut des excitants plus forts. L\u2019amour est trop facile pour ne pas sembler fade, banal, anodin .<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">R\u00e9ciproquement, on ne peut ignorer que l&rsquo;amour de l&rsquo;homme et de la femme qui les emporte \u00e0 travers ciel, enfante la po\u00e9sie la plus exquise, affine jusqu&rsquo;au prodige leur intuition et leur sens esth\u00e9tique, est aussi affaire d&rsquo;hormones et de ph\u00e9romones. C&rsquo;est la synth\u00e8se \u00e0 tous les niveaux du biologique et du spirituel qui fait humaine la sexualit\u00e9.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">C&rsquo;est la spiritualit\u00e9 du sexe qui exige l&rsquo;institution. La conjonction du m\u00e2le et de la femelle, si elle est celle de l&rsquo;homme et de la femme et rel\u00e8ve de la libert\u00e9, met en jeu la responsabilit\u00e9. Or le sexe assum\u00e9 de fa\u00e7on pleinement responsable, c&rsquo;est le mariage. On peut comprendre l&rsquo;institution divine du mariage, cette alliance <span style=\"background-color: #add8e6;\"><em>(Ml 2.14, cf. Pr 2.17)<\/em><\/span>, comme le moyen d&rsquo;assurer la pleine spiritualisation, ou humanisation, de la sexualit\u00e9, l&rsquo;union des corps exprimant l&rsquo;union des personnes selon toutes leurs dimensions, \u00e9conomique et juridique comprises. (Si on ne le comprend pas, le commandement de Dieu garde son autorit\u00e9, mais la foi ob\u00e9issante ne conna\u00eet pas le bonheur de l&rsquo;intelligence.)<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">C&rsquo;est aussi le propre de la spiritualit\u00e9 que de dominer la succession des temps (<em><span style=\"background-color: #add8e6;\">Ec 3.11)<\/span><\/em>, et l&rsquo;engagement du mariage \u00ab jusqu&rsquo;\u00e0 ce que la mort nous s\u00e9pare \u00bb repr\u00e9sente cet aspect de la spiritualisation du sexe. L\u2019autre fa\u00e7on d&rsquo;\u00e9noncer la m\u00eame v\u00e9rit\u00e9, c&rsquo;est de proscrire, comme le fait l&rsquo;Ecriture, toute union sexuelle en dehors du mariage, adult\u00e8re, prostitution, relations pr\u00e9conjugales&#8230; Seule l&rsquo;union dans le mariage ne p\u00e8che pas contre le propre corps mais en accomplit la corporalit\u00e9 humaine.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">L\u2019assomption de la sexualit\u00e9 par l&rsquo;esprit permet de rendre compte de faits d&rsquo;exp\u00e9rience, sous l&rsquo;\u00e9clairage biblique. Depuis <em><span style=\"background-color: #add8e6;\">Gen\u00e8se 3<\/span><\/em>, on sait ce qu&rsquo;il en est de la libert\u00e9 humaine : de son ali\u00e9nation suicidaire proc\u00e8dent aussi les corruptions et perversions des conduites sexuelles, parmi les plus avilissantes de l&rsquo;humanit\u00e9. Sans s&rsquo;\u00e9tendre, on observera la pr\u00e9cision r\u00e9aliste des directives bibliques (les lois concernant l&rsquo;inceste, la bestialit\u00e9&#8230;), et, simultan\u00e9ment, l&rsquo;absence de ces interdits inspir\u00e9s par la contre-sexualit\u00e9, li\u00e9s au tabou du sexe, que m\u00eame la tradition des Eglises a longtemps v\u00e9hicul\u00e9s ; il est pr\u00e9cieux de pouvoir s&rsquo;en remettre \u00e0 \u00ab l&rsquo;Ecriture seule \u00bb.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Le jeu de la libert\u00e9 fonde \u00e9galement la possibilit\u00e9 de renoncer \u00e0 l&rsquo;union sexuelle, dans l&rsquo;esprit de <span style=\"background-color: #add8e6;\"><em>Matthieu 19.12<\/em><\/span>, de renoncer \u00e0 l&rsquo;exercice pl\u00e9nier de la sexualit\u00e9. Exercice pl\u00e9nier : parce qu&rsquo;une autre cons\u00e9quence de la synth\u00e8se bio-spirituelle, c&rsquo;est une influence du caract\u00e8re f\u00e9minin ou masculin dans toutes les d\u00e9marches de la personne, et toutes ses relations, comme le symbolisent d&rsquo;ailleurs fort bien le v\u00eatement et la coiffure. Que le cachet de la f\u00e9minit\u00e9 ou de la virilit\u00e9 s&rsquo;imprime sur toute la vie sociale, et jusque dans le style intellectuel pr\u00e9f\u00e9r\u00e9, ne doit pas \u00eatre d\u00e9plor\u00e9 : c&rsquo;est un charme de la co-humanit\u00e9, c&rsquo;est une b\u00e9n\u00e9diction du Cr\u00e9ateur.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n<h2><span style=\"background-color: #ffffff;\">Le sexe signifiant<\/span><\/h2>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Si notre dessin a bien respect\u00e9 les contours de la r\u00e9alit\u00e9 cr\u00e9\u00e9e par Dieu, de quel dessein atteste-t-elle ? Quel est le sens ou la signification de la diff\u00e9renciation sexuelle comme disposition voulue de Dieu ?<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"background-color: #add8e6;\"><em>\u00ab Homme et femme il les cr\u00e9a \u00bb<\/em><\/span> a pour premi\u00e8re cons\u00e9quence qu&rsquo;aucun individu ne peut pr\u00e9tendre enclore en lui-m\u00eame toute l&rsquo;humanit\u00e9. Etre homme, c&rsquo;est \u00eatre pour la femme, et r\u00e9ciproquement ; le sexe inscrit dans la chair la destination \u00e0 l&rsquo;autre personne ; il appelle \u00e0 la relation, et comme constitutive de soi. En contradiction avec le mythe menteur de l&rsquo;androgyne (l&rsquo;individu qui r\u00e9unit les deux sexes, auto-suffisant), la diff\u00e9rence sexuelle proclame ce que certains ont appel\u00e9 la structure \u00ab excentrique \u00bb de la personne : mon \u00ab centre \u00bb se trouve hors de moi, en l&rsquo;autre.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Le rapport de l&rsquo;homme et de la femme sert si souvent, dans toute l&rsquo;Ecriture, de parabole de la relation entre le Seigneur et son peuple que la question surgit, irr\u00e9pressible : ce que nous venons de dire pour l&rsquo;homme et la femme l&rsquo;un par rapport \u00e0 l&rsquo;autre vaudrait-il \u00e9galement de Dieu et de l&rsquo;humanit\u00e9 ? La r\u00e9ponse n&rsquo;est pas douteuse . S&rsquo;il n&rsquo;est pas bon que l&rsquo;homme soit seul, sans la femme, il n&rsquo;est pas bon que l&rsquo;humanit\u00e9 soit seule, sans Dieu (reconnu) dans l&rsquo;univers ! Et Dieu lui-m\u00eame n&rsquo;a pas jug\u00e9 bon de se contenter de son \u00e9ternelle b\u00e9atitude et de la communion des Trois Personnes : il s&rsquo;est form\u00e9 une \u00e9pouse terrestre (et il se l&rsquo;est re-form\u00e9e apr\u00e8s qu&rsquo;elle s&rsquo;est avilie, il l&rsquo;a tir\u00e9e de son c\u00f4t\u00e9 transperc\u00e9&#8230;). La dualit\u00e9 du masculin et du f\u00e9minin a pour sens d&rsquo;annoncer la destination de l&rsquo;humain \u00e0 l&rsquo;alliance de l&rsquo;Autre ; au plan de la vie terrestre, elle pr\u00e9pare les hommes et les femmes \u00e0 cet accomplissement \u00ab ex-centr\u00e9 \u00bb.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><a href=\"\/wp-content\/uploads\/2008\/01\/meme-sexe-2.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"  wp-image-8249 alignleft\" src=\"\/wp-content\/uploads\/2008\/01\/meme-sexe-2.jpg\" alt=\"meme-sexe-2\" width=\"116\" height=\"132\" srcset=\"https:\/\/www.servir.caef.net\/wp-content\/uploads\/2008\/01\/meme-sexe-2.jpg 305w, https:\/\/www.servir.caef.net\/wp-content\/uploads\/2008\/01\/meme-sexe-2-262x300.jpg 262w\" sizes=\"auto, (max-width: 116px) 100vw, 116px\" \/><\/a>A cette lumi\u00e8re, les perversions, elles aussi, r\u00e9v\u00e8lent leur signification d\u00e9sastreuse. C&rsquo;est en particulier le cas de l&rsquo;homosexualit\u00e9, comme l&rsquo;ap\u00f4tre le fait entendre en <span style=\"background-color: #add8e6;\"><em>Romains 1.23-27<\/em><\/span>, en la liant \u00e0 l&rsquo;idol\u00e2trie . Le refus de l&rsquo;autre sexe sert et refl\u00e8te le refus de l&rsquo;Autre, Dieu. Le d\u00e9sir fait pour l&rsquo;Autre\/autre est rabattu sur le M\u00eame (homo : la cr\u00e9ature pour la cr\u00e9ature, le m\u00e2le pour le m\u00e2le&#8230;). L\u2019inceste ou la bestialit\u00e9 refl\u00e8tent pareillement l&rsquo;avilissement auto-destructeur de l&rsquo;idol\u00e2trie.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">L&rsquo;homosexualit\u00e9 est \u00e9videmment priv\u00e9e de la b\u00e9n\u00e9diction que le Cr\u00e9ateur ajoute \u00e0 la relation de l&rsquo;homme et de la femme : la f\u00e9condit\u00e9. Le th\u00e8me n&rsquo;a pas \u00e9t\u00e9 mentionn\u00e9 plus haut, parce qu&rsquo;il convenait pour la note finale. La diff\u00e9renciation sexuelle est certainement ordonn\u00e9e \u00e0 la reproduction et perp\u00e9tuation de l&rsquo;esp\u00e8ce (comme d\u00e9j\u00e0 chez les animaux sup\u00e9rieurs) &#8211; ce qu&rsquo;il faut mettre en valeur, cependant, c&rsquo;est l&rsquo;humanisation de ce fonctionnement. Celle-ci n&rsquo;implique pas seulement, exig\u00e9e par la \u00ab n\u00e9ot\u00e9nie \u00bb humaine, la longue \u00e9ducation et l&rsquo;institution de la famille. Elle inclut le myst\u00e8re d&rsquo;une collaboration avec Dieu pour que soient des \u00eatres faits en son image, pour sa communion, \u00e0 l&rsquo;\u00e9ternelle destin\u00e9e : d&rsquo;o\u00f9 l&rsquo;\u00e9merveillement d&rsquo;Eve en <em><span style=\"background-color: #add8e6;\">Gen\u00e8se 4.1<\/span><\/em> : <span style=\"background-color: #add8e6;\"><em>\u00ab J&rsquo;ai produit un homme avec le SEIGNEUR \u00bb<\/em><\/span> (NBS ; j&rsquo;estimerais litt\u00e9rale la traduction \u00ab J&rsquo;ai procr\u00e9\u00e9 un homme avec YHWH \u00bb).<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">B\u00e9n\u00e9diction de la sexualit\u00e9 ! Et elle aussi a valeur de parabole, car la f\u00e9condit\u00e9 ne manque pas \u00e0 l&rsquo;alliance, au mariage, du Seigneur avec son Epouse, l&rsquo;Eglise, l&rsquo;humanit\u00e9 re-form\u00e9e issue de son c\u00f4t\u00e9 transperc\u00e9 !<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">H.B.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Pour une th\u00e9ologie biblique de la sexualit\u00e9 \u00a0 \u00a0 par Henri BLOCHER \u00a0 &nbsp; Sexus, comme \u00ab section \u00bb et comme \u00ab s\u00e9cateur \u00bb, vient de secare, \u00ab couper \u00bb : le terme d\u00e9signe la diff\u00e9rence qui \u00ab coupe \u00bb en deux l&rsquo;humanit\u00e9. Cette disposition divise pour mieux unir, et ce premier paradoxe explique d\u00e9j\u00e0, [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":31,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[70,43,89,41,11],"tags":[],"class_list":["post-1573","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-le-couple","category-la-creation","category-femme","category-lhomme","category-la-vie-du-chretien"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.servir.caef.net\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1573","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.servir.caef.net\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.servir.caef.net\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.servir.caef.net\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/31"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.servir.caef.net\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=1573"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.servir.caef.net\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1573\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.servir.caef.net\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=1573"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.servir.caef.net\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=1573"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.servir.caef.net\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=1573"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}