{"id":1839,"date":"2006-09-07T21:00:49","date_gmt":"2006-09-07T21:00:49","guid":{"rendered":"\/?p=1839"},"modified":"2016-09-16T08:44:34","modified_gmt":"2016-09-16T08:44:34","slug":"je-peins-pour-dieu","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.servir.caef.net\/?p=1839","title":{"rendered":"Je peins pour Dieu"},"content":{"rendered":"<h1 style=\"text-align: center;\" align=\"JUSTIFY\">Je peins pour Dieu<\/h1>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<a href=\"\/wp-content\/uploads\/2006\/09\/palette.png\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"  wp-image-9254 aligncenter\" src=\"\/wp-content\/uploads\/2006\/09\/palette.png\" alt=\"palette\" width=\"287\" height=\"195\" srcset=\"https:\/\/www.servir.caef.net\/wp-content\/uploads\/2006\/09\/palette.png 363w, https:\/\/www.servir.caef.net\/wp-content\/uploads\/2006\/09\/palette-300x204.png 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 287px) 100vw, 287px\" \/><\/a><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><strong>par<\/strong> <span style=\"color: #b22222;\"><strong>J.Richard SASSANDRA <\/strong><\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><strong>Le comit\u00e9 de r\u00e9daction m&rsquo;a \u00ab impos\u00e9 \u00bb, fraternellement, ce titre. Je l&rsquo;ai accept\u00e9. Ces quatre mots, pris dans le sens inverse de leur \u00e9nonciation, nous guideront donc, et nous serviront \u00e0 passer le gu\u00e9. Nous verrons ensuite s&rsquo;il manque \u00e0 notre r\u00e9flexion quelques \u00e9l\u00e9ments utiles pour ceux qui s&rsquo;adonnent \u00e0 la peinture, et pour l&rsquo;Eglise qui les associe de plus en plus souvent \u00e0 la proclamation de l&rsquo;Evangile.<\/strong><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><!--more--><\/p>\n<h2>Dieu :<\/h2>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><a href=\"\/wp-content\/uploads\/2006\/pdf2006\/2006_05_12_jepeinspourdieu.pdf\" target=\"_blank\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" title=\"iconePDF\" src=\"\/wp-content\/uploads\/2011\/01\/iconePDF.jpg\" alt=\"\" width=\"81\" height=\"76\" align=\"right\" hspace=\"8\" vspace=\"8\" \/><\/a>\u00ab Et Dieu dans tout \u00e7a ? \u00bb disait Jacques Chancel pour clore ses interviews. La question est-elle pertinente quand il s&rsquo;agit de peinture ?<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Pendant des si\u00e8cles, la Bible a nourri la peinture : art pal\u00e9o-chr\u00e9tien, fresques romanes et manuscrits enlumin\u00e9s du Moyen-\u00c2ge, peinture d&rsquo;Histoire de la Renaissance, et cela jusqu&rsquo;au XIXe si\u00e8cle largement, plus singuli\u00e8rement dans le XXe si\u00e8cle<strong><sub>1<\/sub><\/strong> . Certes, \u00e0 cette peinture, et bien sensiblement depuis la Renaissance, se m\u00ealent des accents indignes de Dieu. Mais, justement, n&rsquo;est-ce pas ici que le b\u00e2t blesse ?<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Est-il convenable d&rsquo;associer Dieu \u00e0 la peinture ? Ne charrie-t-elle pas trop d&rsquo;eaux troubles, et ne brasse-t-elle pas, in\u00e9vitablement, cette lie qui repose au fond de l&rsquo;\u00e2me humaine ? Je crois fermement qu&rsquo;il faut r\u00e9pondre \u00ab Non ! \u00bb, et prendre pour point de d\u00e9part la parole de l&rsquo;ap\u00f4tre Paul : <em><span style=\"background-color: #add8e6;\">\u00ab &#8230; quoi que vous fassiez, faites tout pour la gloire de Dieu. \u00bb (1 Co 10.31)<\/span><\/em>. C&rsquo;est le d\u00e9sir qui doit animer le peintre chr\u00e9tien. Introduire le mot \u00ab DIEU \u00bb dans la peinture c&rsquo;est jeter le pav\u00e9 dans la mare, et voir cette onde de choc se propager jusqu&rsquo;aux rivages incertains de l&rsquo;incr\u00e9dulit\u00e9. Cela est de premi\u00e8re importance pour nos contemporains en ce si\u00e8cle post-chr\u00e9tien. Assur\u00e9ment, si la gloire de Dieu est notre vis\u00e9e notre ouvrage en sera marqu\u00e9.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n<h2>Pour :<\/h2>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Cette pr\u00e9position vise le d\u00e9sir : \u00ab Je ferai tout POUR TOI \u00bb dit l&rsquo;amoureux \u00e0 celle qu&rsquo;il aime. De l&rsquo;abondance de son coeur le peintre nourrira son oeuvre, et c&rsquo;est elle qui lui fera trouver et choisir les moyens de son accomplissement selon la parole magnifique du <em><span style=\"background-color: #add8e6;\">Psaume 45.2 et 47.8 : \u00ab Mon coeur bouillonne de belles paroles. Je dis : mes oeuvres sont pour le Roi. Que ma langue soit donc semblable \u00e0 la plume d&rsquo;un \u00e9crivain habile. \u00bb<\/span><\/em> Nous soulignons les mots-cl\u00e9s. Notons qu&rsquo;il convient de le dire \u00e0 Dieu, et aux autres aussi.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Cette d\u00e9dicace est d\u00e9cisive. Nous avons besoin de savoir ce que nous faisons, pour qui nous le faisons. Nous avons besoin de savoir, et de faire savoir ce que nous voulons. Ce verset est une bonne devise &#8211; je l&rsquo;ai adopt\u00e9e &#8211; mais ce n&rsquo;est pas un talisman qui me pr\u00e9serverait du malpeindre. Cependant elle a des cons\u00e9quences certaines sur ma mani\u00e8re de peindre. Nous le verrons au point suivant.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Notons que le mot \u00ab POUR \u00bb annonce que l&rsquo;oeuvre est d&rsquo;abord, en son essence, oblative : offrande faite au Roi. Nous soulignons : c&rsquo;est-\u00e0-dire digne du Roi. Nous savons cependant tous qu&rsquo;aucune de nos oeuvres, pour belles qu&rsquo;elles puissent para\u00eetre, n&rsquo;est digne de Dieu. Seule sa gr\u00e2ce les lui fait accepter. Peintre ou pas, nous savons ne pas pouvoir faire ce que nous voudrions ; au moins devons-nous faire tout ce que nous pouvons. Sur ce point nous sommes trop souvent fautifs, nous laissant aller aux facilit\u00e9s que le monde pr\u00f4ne. Parce qu&rsquo;elle est offerte \u00e0 Dieu, notre oeuvre doit viser l&rsquo;excellence. Ni fausse modestie, ni orgueil : <em><span style=\"background-color: #add8e6;\">\u00ab Qu&rsquo;as-tu donc que tu n&rsquo;aies re\u00e7u ? Et si tu l&rsquo;as re\u00e7u pourquoi te glorifier comme si ce n&rsquo;\u00e9tait pas le cas ? \u00bb (1 Co 4.7)<\/span><\/em>.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Ainsi le mot \u00ab Dieu \u00bb retentit en nous pour orienter notre coeur et ses d\u00e9sirs, et nous le verrons maintenant en d\u00e9tail, pour fertiliser notre \u00ab mani\u00e8re \u00bb. La mani\u00e8re, qui d\u00e9signe le style d&rsquo;un peintre, c&rsquo;est justement ce qui d\u00e9pend de la main, instrument, par excellence, de la mise en forme.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n<h2>Peins :<\/h2>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">En quoi consiste l&rsquo;acte de peindre ? Certainement pas \u00e0 couvrir de blanc quelque mur, ou carr\u00e9 de toile comme Kazimir Mal\u00e9vitch<strong><sub>2<\/sub><\/strong> , inventeur \u00e9gar\u00e9 du supr\u00e9matisme, ou Yves Klein<strong><sub>3<\/sub><\/strong> \u00a0adepte des fonds monochromes r\u00e9put\u00e9s cosmiques l&rsquo;ont pr\u00e9tendu. Tenons-nous en plut\u00f4t \u00e0 la d\u00e9finition forte et sobre que le professeur Henri Blocher donne de l&rsquo;art : \u00ab l&rsquo;art, un faire et un dire \u00bb. L&rsquo;art conjoint les deux parce qu&rsquo;il met en formes, rendant visible, par le truchement du corps &#8211; les mains en peinture &#8211; ce qui ne se voit pas, selon le mot de Paul Klee<strong><sub>4<\/sub><\/strong> \u00a0: \u00ab la peinture rend visible \u00bb.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Il est alors tr\u00e8s frappant de constater que c&rsquo;est l\u00e0, au coeur de ce qui constitue la peinture, que Marcel Duchamp<strong><sub>5<\/sub><\/strong> , et les Dada\u00efstes<strong><sub>6<\/sub><\/strong> \u00a0\u00e0 sa suite ont frapp\u00e9, et frappent encore, puisque l&rsquo;art dit \u00ab contemporain \u00bb vit toujours de cette rente d\u00e9sastreuse qui retourne le savoir-faire en faire-savoir selon le mot de Christine Sourgins<strong><sub>7<\/sub><\/strong> . En dissociant le faire du dire au profit exclusif de ce dernier, on a ainsi ouvert la porte \u00e0 cette logomachie absconse qui st\u00e9rilise l&rsquo;art et ceux qui auraient pu le pratiquer. Nous ne sommes pas Dieu. Il ne suffit pas de nommer une chose pour qu&rsquo;elle soit.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">N&rsquo;en d\u00e9plaise \u00e0 Duchamp, notre verbe n&rsquo;est pas cr\u00e9ateur comme celui de Dieu. L&rsquo;homme, lui, doit joindre le geste \u00e0 la parole, mettre la main \u00e0 l&rsquo;ouvrage, ne pas se d\u00e9rober aux exigences du faire, ni aux r\u00e9sistances de la mati\u00e8re. Pour nous, comme pour tous les peintres sens\u00e9s depuis l&rsquo;\u00e2ge des cavernes, peindre c&rsquo;est mettre en formes, c&rsquo;est-\u00e0-dire les inventer. Nous rappelons que ce mot vient du latin \u00ab invenire \u00bb trouver. Car nous ne faisons gu\u00e8re plus, mais c&rsquo;est d\u00e9j\u00e0 beaucoup puisque c&rsquo;est \u00e0 cela que Dieu nous appelle. Voyez-le se pencher sur l&rsquo;\u00e9paule d&rsquo;Adam <span style=\"background-color: #add8e6;\"><em>\u00ab pour voir comment il nommerait tous les animaux \u00bb (Gn 2.19)<\/em><\/span>.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Attention, peintre ! Dieu se penche sur ton \u00e9paule&#8230; mais c&rsquo;est TON PERE ! Dire que l&rsquo;on peint pour Dieu suscite un certain nombre de questions, entra\u00eene des cons\u00e9quences.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">1\u00b0 Le peintre chr\u00e9tien doit-il s&rsquo;en tenir aux sujets bibliques, ou les pr\u00e9f\u00e9rer aux autres ? Non, pas n\u00e9cessairement. Si <span style=\"background-color: #add8e6;\"><em>\u00ab toute la terre appartient au Seigneur \u00bb<\/em><\/span> comme il le dit lui-m\u00eame \u00e0 Job <span style=\"background-color: #add8e6;\"><em>(Job 41.3)<\/em><\/span>, le sujet de nos peintures est indiff\u00e9rent : \u00ab Bottes d&rsquo;asperges \u00bb d&rsquo;E. Manet, \u00ab Souliers \u00bb de V.Gogh, \u00ab Raie \u00bb de J.B.S.Chardin, ou \u00ab Disciples d&rsquo;Emma\u00fcs \u00bb de Rembrandt, \u00ab Polyptyque \u00bb\u00bb de Gr\u00fcnewald, r\u00e9table de \u00ab l&rsquo;Agneau Mystique \u00bb de Van Eyck, &#8230; Dieu les agr\u00e9e. Il n&rsquo;y a pas ici en opposition le sacr\u00e9 et le profane mais, lorsque le sujet est biblique, le renvoi \u00e0 la Sainte Ecriture et l&rsquo;espoir que, peut-\u00eatre, on la lira. Nous est interdite seulement la participation d\u00e9lib\u00e9r\u00e9e au mal : pornographie, sadisme, poubellisme, apologie de la d\u00e9ch\u00e9ance, etc. &#8230; Par contre, la peinture dite d&rsquo;Histoire, plac\u00e9e par les Classiques au premier rang des divers genres de peinture et dont rel\u00e8vent les tableaux qui s&rsquo;inspirent de la Bible, en raison de ses hautes exigences, mobilisera vigoureusement les capacit\u00e9s du peintre et lui fera d\u00e9sirer ma\u00eetriser son m\u00e9tier. En effet, il n&rsquo;est pas de libert\u00e9 sans ma\u00eetrise des moyens. La spontan\u00e9it\u00e9 n&rsquo;est pas le m\u00e9tier. C&rsquo;est un principe valable pour tous les arts.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">2\u00b0 Seconde cons\u00e9quence de la r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 Dieu, c&rsquo;est-\u00e0-dire, puisque nous parlons peinture, \u00e0 son oeuvre visible de cr\u00e9ation, c&rsquo;est la notion de mod\u00e8le, notion h\u00e9las refus\u00e9e par tous les mouvements d&rsquo;avant-garde, et ce au grand d\u00e9triment de l&rsquo;art et des futurs artistes. En effet, pour l&rsquo;homme, comment apprendre sans d&rsquo;abord imiter ? C&rsquo;est ensuite et ensuite seulement que l&rsquo;on pourra produire des formes dites \u00ab originales \u00bb, c&rsquo;est-\u00e0-dire \u00e0 notre mani\u00e8re. Nous y reviendrons.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">3\u00b0 Non seulement mod\u00e8les, \u00e0 l&rsquo;infini, mais encore m\u00e9thode. Celle de Dieu, en son oeuvre magnifique, nous semble souvent faire des variations sur un th\u00e8me donn\u00e9 : l&rsquo;arbre, la feuille, les cact\u00e9es, les vert\u00e9br\u00e9s, l&rsquo;h\u00e9lice des coquillages, &#8230; et des yeux de pommes de terre, la roue et ses rayons, comme on le voit dans beaucoup de fleurs, etc. &#8230; \u00e0 l&rsquo;infini, du macroscopique au microscopique. Il suffit d&rsquo;ouvrir les yeux et de se laisser \u00e9merveiller, ce qui est le premier temps de l&rsquo;adoration.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">4\u00b0. Non seulement m\u00e9thode mais principe : harmonie &#8211; symphonie. Jamais la forme n&rsquo;est seule, m\u00eame quand elle fait contraste &#8211; droite et courbe &#8211; ce n&rsquo;est jamais contre l&rsquo;autre \u00e9l\u00e9ment mais avec, pour ensemble tendre vers plus de beaut\u00e9 comme les couleurs chaudes s&rsquo;associent aux froides. Belle le\u00e7on pour l&rsquo;Eglise !<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">5\u00b0 J&rsquo;avance donc, fermement, que s&rsquo;il n\u00e9glige le dessin, tous les desseins du peintre avorteront. Le dessin est le creuset de l&rsquo;art, c&rsquo;est en lui et par lui que se d\u00e9voilent les m\u00e9canismes et l&rsquo;architecture des formes, la structure cach\u00e9e du monde. Il faut apprendre \u00e0 dessiner pour pouvoir donner leur singularit\u00e9 aux formes que l&rsquo;on \u00ab cr\u00e9e \u00bb et les faire ainsi entrer dans le langage afin qu&rsquo;elles acqui\u00e8rent tout leur sens. Jean Dominique Ingres avait bien raison de dire que \u00ab le dessin est la probit\u00e9 de l&rsquo;art \u00bb. Seul celui qui le ma\u00eetrise peut s&rsquo;autoriser des libert\u00e9s quand il voit qu&rsquo;elles profitent \u00e0 la beaut\u00e9. De celle-ci nous n&rsquo;avons rien dit quoi qu&rsquo;elle soit, \u00e0 nos yeux, le sceau de toute oeuvre digne de Dieu, quand m\u00eame elle serait violemment expressive. H\u00e9las ! le mot tend \u00e0 dispara\u00eetre du langage de l&rsquo;art. C&rsquo;est \u00e0 tous ceux qui l\u00e8vent les yeux vers le ciel qu&rsquo;il appartient de le r\u00e9habiliter.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n<h2>Je :<\/h2>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Voici notre dernier point : ce JE exprime l&rsquo;homme dans la totalit\u00e9 de son \u00eatre offert \u00e0 Dieu, pl\u00e9nitude de l&rsquo;Etre qui veut aussi la n\u00f4tre, en son rang ; d&rsquo;o\u00f9 notre insistance sur la n\u00e9cessit\u00e9 de travailler les dons que Dieu nous a faits. Nous ne devons pas rechercher notre \u00e9panouissement personnel : Dieu s&rsquo;en soucie bien plus que nous. Il suffit de lui ob\u00e9ir. Ayant fait le choix d&rsquo;\u00eatre peintre en toute libert\u00e9, nous devons maintenant honorer ce choix devant lui. <span style=\"background-color: #add8e6;\"><em>\u00ab Marche devant ma face et sois int\u00e8gre \u00bb<\/em><\/span> dit Dieu \u00e0 Abraham <span style=\"background-color: #add8e6;\"><em>(Gn17.1)<\/em><\/span>. L&rsquo;Eglise ne peut se substituer \u00e0 l&rsquo;artiste dans ses choix, mais elle doit l&rsquo;accompagner. Dire \u00ab JE \u00bb, c&rsquo;est engager sa volont\u00e9, son coeur, son intelligence, ses mains.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n<h2>Conclusion :<\/h2>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Juste un mot concernant la communication de l&rsquo;Evangile par les moyens artistiques. Soulignons tout d&rsquo;abord le choix d\u00e9lib\u00e9r\u00e9 de Dieu de se faire conna\u00eetre par la parole, Sa Parole, Son Verbe. Il n&rsquo;a pas choisi des peintres, mais des hommes de la parole, m\u00eame pour communiquer les visions extraordinaires d&rsquo;Ez\u00e9chiel, de Daniel et de Jean l&rsquo;Ap\u00f4tre. Si l&rsquo;on d\u00e9cide de m\u00ealer l&rsquo;art \u00e0 l&rsquo;annonce de l&rsquo;Evangile, il faut que ce soit en appoint, comme une occasion, un lieu de rencontre.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">L&rsquo;art, quel qu&rsquo;il soit, ne doit pas tout envahir, il ne doit pas offusquer le message du salut. L&rsquo;artiste doit se tenir en retrait. Mais, par contre, s&rsquo;agissant de la peinture, il faut que l&rsquo;Eglise se pr\u00e9pare \u00e0 dialoguer, en partant des tableaux, avec le visiteur, ce qui implique que les personnes faisant l&rsquo;accueil aient elles-m\u00eames \u00e9tabli un contact personnel avec les oeuvres expos\u00e9es. Elles n&rsquo;ont pas \u00e0 dire la pens\u00e9e du peintre, mais la leur sur cette peinture l\u00e0, quoiqu&rsquo;elles puissent en penser. C&rsquo;est seulement ainsi qu&rsquo;un dialogue v\u00e9ritable pourra s&rsquo;amorcer et &#8211; qui sait ? &#8211; mener plus loin.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Quant \u00e0 la question de la censure par l&rsquo;Eglise, ou de l&rsquo;auto-censure, je pense que l&rsquo;artiste doit se soumettre, mais en parlant franchement et paisiblement avec les responsables de la communaut\u00e9. C&rsquo;est ainsi que nous progresserons ensemble vers la perfection en Christ. Nous faisons bien de nous pr\u00e9occuper des rapports de la culture et de la foi. L&rsquo;\u00e9volution de nos soci\u00e9t\u00e9s l&rsquo;exige plus que jamais. Nous faisons bien de nous int\u00e9resser \u00e0 ces questions puisque la Cit\u00e9 C\u00e9leste rassemblera des personnes de toutes les langues et de toutes les cultures. Ce sera la Grande f\u00eate des arts, POUR DIEU.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n<p align=\"CENTER\"><b>J-R.S.<\/b><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n<hr \/>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0NOTES<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><strong>1.<\/strong> Nous rappelons \u00ab la Passion dite de Dunkerque \u00bb qui a rassembl\u00e9 divers artistes non-chr\u00e9tiens autour de ce th\u00e8me qu&rsquo;ils ont trait\u00e9 avec &#8230; enthousiasme ! L&rsquo;Apocalypse aussi a \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s largement trait\u00e9e au cours du si\u00e8cle dernier.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><strong>2.<\/strong> Kazimir Mal\u00e9vitch (1878-1939). Inventeur du \u00ab supr\u00e9matisme \u00bb : aboutissement ind\u00e9passable (!) de la peinture port\u00e9e \u00e0 son point extr\u00eame.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><strong>3.<\/strong> Yves Klein (1928-1962). Ap\u00f4tre du plein (une galerie transform\u00e9e en d\u00e9charge publique), et du vide (une galerie totalement vide et sensibilis\u00e9e &#8230; par sa pr\u00e9sence !) On a pay\u00e9 pour \u00e7a !<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><strong>4.<\/strong> Paul Klee (1879-1940) Peintre suisse ayant enseign\u00e9 au Bauhaus en Allemagne. Il a explor\u00e9 de multiples proc\u00e9d\u00e9s et supports picturaux, et analys\u00e9 les ressorts fondamentaux du m\u00e9canisme des formes \u00e0 partir de l&rsquo;observation de la nature. Son oeuvre m\u00e9rite qu&rsquo;on s&rsquo;y arr\u00eate, m\u00eame quand elle d\u00e9route.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><strong>5.<\/strong>\u00a0Marcel Duchamp (1887-1968). Artiste fran\u00e7ais, \u00e9migr\u00e9 aux U.S.A. promoteur du ready-made (objet tout fait). A dissoci\u00e9 le faire et le dire au b\u00e9n\u00e9fice exclusif de ce dernier, ouvrant ainsi la porte \u00e0 l&rsquo;art conceptuel et \u00e0 toutes ses divagations. Nous rappelons que Duchamp a d&rsquo;abord expos\u00e9 comme ready-made une roue de v\u00e9lo sur sa fourche sur un tabouret, puis un urinoir sign\u00e9 M. Mutt, \u00e0 l&rsquo;Armory Show \u00e0 New-York en 1913, et bien d&rsquo;autres choses.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><strong>6.\u00a0<\/strong>Dada\u00efsme : mouvement iconoclaste et subversif n\u00e9 en 1916. Se pense en rupture. A peu pr\u00e8s tout peut \u00eatre de l&rsquo;art.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><strong>7.\u00a0<\/strong>\u00ab Les mirages de l&rsquo;art contemporain \u00bb. Ed. La Table Ronde.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Je peins pour Dieu \u00a0 par J.Richard SASSANDRA \u00a0 &nbsp; Le comit\u00e9 de r\u00e9daction m&rsquo;a \u00ab impos\u00e9 \u00bb, fraternellement, ce titre. Je l&rsquo;ai accept\u00e9. Ces quatre mots, pris dans le sens inverse de leur \u00e9nonciation, nous guideront donc, et nous serviront \u00e0 passer le gu\u00e9. Nous verrons ensuite s&rsquo;il manque \u00e0 notre r\u00e9flexion quelques \u00e9l\u00e9ments [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":75,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[76,43,6,41],"tags":[],"class_list":["post-1839","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-art","category-la-creation","category-dieu","category-lhomme"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.servir.caef.net\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1839","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.servir.caef.net\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.servir.caef.net\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.servir.caef.net\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/75"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.servir.caef.net\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=1839"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.servir.caef.net\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1839\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.servir.caef.net\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=1839"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.servir.caef.net\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=1839"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.servir.caef.net\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=1839"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}