{"id":2528,"date":"2004-11-25T16:43:49","date_gmt":"2004-11-25T16:43:49","guid":{"rendered":"\/?p=2528"},"modified":"2016-09-08T14:30:38","modified_gmt":"2016-09-08T14:30:38","slug":"conte-de-noel-jacques","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.servir.caef.net\/?p=2528","title":{"rendered":"Conte de No\u00ebl : Jacques"},"content":{"rendered":"<h1 style=\"text-align: center;\" align=\"JUSTIFY\">Conte de <a href=\"\/wp-content\/uploads\/2003\/11\/noel.png\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"  wp-image-9002 alignnone\" src=\"\/wp-content\/uploads\/2003\/11\/noel.png\" alt=\"noel\" width=\"113\" height=\"61\" \/><\/a>\u00a0\u00a0<\/h1>\n<h1 style=\"text-align: center;\" align=\"JUSTIFY\"><a href=\"\/wp-content\/uploads\/2013\/10\/cadeaux.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"  wp-image-8899 alignleft\" src=\"\/wp-content\/uploads\/2013\/10\/cadeaux.jpg\" alt=\"cadeaux\" width=\"330\" height=\"184\" srcset=\"https:\/\/www.servir.caef.net\/wp-content\/uploads\/2013\/10\/cadeaux.jpg 598w, https:\/\/www.servir.caef.net\/wp-content\/uploads\/2013\/10\/cadeaux-300x167.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 330px) 100vw, 330px\" \/><\/a><\/h1>\n<h1 style=\"text-align: center;\" align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/h1>\n<h1 style=\"text-align: center;\" align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/h1>\n<h1 style=\"text-align: center;\" align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/h1>\n<h1 style=\"text-align: center;\" align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/h1>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h1 style=\"text-align: center;\" align=\"JUSTIFY\">Jacques<\/h1>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0\u00a0<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><strong>par <span style=\"color: #b22222;\"><span style=\"font-size: 16px;\">Annick WAECHTER<\/span><\/span><\/strong><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><strong>Le regard dans le vide, Jacques est assis dans son fauteuil pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 au salon.<\/strong><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><!--more--><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><a href=\"\/wp-content\/uploads\/2004\/pdf2004\/2004_06_23_contedenoel_jacques.pdf\" target=\"_blank\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" title=\"iconePDF\" src=\"\/wp-content\/uploads\/2011\/01\/iconePDF.jpg\" alt=\"\" width=\"81\" height=\"76\" align=\"right\" hspace=\"8\" vspace=\"8\" \/><\/a>En d\u00e9but d&rsquo;apr\u00e8s-midi, il avait empil\u00e9 toutes les bo\u00eetes \u00e0 chaussures, soigneusement, sous l&rsquo;escalier. Elles attendraient l\u00e0, \u00e0 l&rsquo;abri des regards, la fin de la p\u00e9riode des f\u00eates. Ensuite il y rangerait les guirlandes, les boules, les jolis petits oiseaux multicolores, les bougies&#8230; tout le n\u00e9cessaire utilis\u00e9 chaque ann\u00e9e pour d\u00e9corer le sapin, et qu&rsquo;il descendrait pr\u00e9cautionneusement \u00e0 la cave ; jusqu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;ann\u00e9e suivante.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Les ann\u00e9es passaient, mais ce rituel ne changeait pas. Tout comme le cadeau, pr\u00e9sent sous le sapin, ann\u00e9e apr\u00e8s ann\u00e9e. Le m\u00eame. Avec son papier banal, ocre, et son ruban dor\u00e9.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">La premi\u00e8re ann\u00e9e, quand Jacques l&rsquo;avait vu, il avait \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s curieux de savoir ce qu&rsquo;il contenait. Des amis \u00e0 lui en avaient re\u00e7u un semblable, et en avaient \u00e9t\u00e9 enthousiasm\u00e9s : ils disaient qu&rsquo;il avait chang\u00e9 leur vie. Et c&rsquo;\u00e9tait vrai ; du moins \u00e0 ce que Jacques avait pu voir. Enfin, est-on jamais s\u00fbr de ces choses-l\u00e0 ! C&rsquo;est tellement personnel, subjectif. En fait, rien ne prouvait leurs dires.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">La deuxi\u00e8me ann\u00e9e, Jacques avait mis un point d&rsquo;honneur \u00e0 ignorer le paquet, qui \u00e9tait cependant de nouveau pr\u00e9sent la troisi\u00e8me ann\u00e9e.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Puis Jacques n&rsquo;avait plus compt\u00e9 ; il s&rsquo;\u00e9tait habitu\u00e9 \u00e0 voir le cadeau tr\u00f4ner sous le sapin.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Mais depuis quelques ann\u00e9es, depuis qu&rsquo;il avait f\u00eat\u00e9 ses soixante-dix ans, Jacques \u00e9tait angoiss\u00e9 d\u00e8s que d\u00e9cembre arrivait. Et si&#8230; si le cadeau ne revenait pas ? Et si Jacques n&rsquo;avait plus l&rsquo;occasion de l&rsquo;ouvrir avant de mourir ?<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Evidemment, la question du cadeau \u00e9tait d\u00e9risoire par rapport \u00e0 celle de la mort ; mais Jacques liait ces deux \u00e9v\u00e9nements, comme si l&rsquo;un d\u00e9pendait de l&rsquo;autre, sans savoir auquel attribuer la d\u00e9pendance. Avec ses amis qui, eux, avaient ouvert le cadeau, il en parlait peu, voire plus du tout. Au d\u00e9but, ils avaient essay\u00e9 de l&rsquo;encourager \u00e0 sauter le pas, \u00e0 prendre le risque de le d\u00e9baller ; mais Jacques avait rigol\u00e9, s&rsquo;\u00e9tait m\u00eame un peu moqu\u00e9 d&rsquo;eux et de leurs enfantillages : croire \u00e0 un cadeau gratuit, merveilleux m\u00eame \u00e0 les entendre, sans contre partie, fallait pas r\u00eaver ! De rigolades en rebuffades, Jacques \u00e9tait rest\u00e9 seul avec son cadeau ferm\u00e9, prisonnier de son refus.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Et quand il avait voulu l&rsquo;ouvrir, il avait eu peur : peur de voir qu&rsquo;il aurait mieux v\u00e9cu avec que sans, peur de constater son \u00e9chec, peur, tout simplement peur&#8230; Et plus personne pour l&rsquo;encourager, ou m\u00eame lui en parler, persuad\u00e9s qu&rsquo;ils \u00e9taient, tous, que Jacques n&rsquo;en voulait pas !<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Jacques en \u00e9tait l\u00e0 de ses r\u00e9flexions, vo\u00fbt\u00e9 dans son fauteuil us\u00e9 mais si confortable. Les yeux fix\u00e9s sur le fameux cadeau emball\u00e9 si simplement, la vue brouill\u00e9e par ces fichues larmes qui se pointaient \u00e0 chaque fois que la gorge de Jacques se nouait&#8230; Et ce n&rsquo;\u00e9tait pas la premi\u00e8re fois, non, pas la premi\u00e8re fois.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Mais ce soir, Jacques attendait quelques amis de longue date ; ils venaient pour parler du bon vieux temps, se raconter les histoires qui les faisaient rire, et boire une coupe du Champagne qu&rsquo;on lui offrirait invariablement en cadeau, comme chaque ann\u00e9e \u00e0 No\u00ebl, comme \u00e0 l&rsquo;habitude.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Un instant, Jacques eut l&rsquo;envie irr\u00e9sistible de prendre le cadeau et de l&rsquo;ouvrir ; ou de le poser bien en vue, sur la table, pour que tout le monde le voie et qu&rsquo;on en parle, qu&rsquo;ils l&rsquo;aident enfin \u00e0 le d\u00e9baller !<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Mais non, Jacques n&rsquo;osait plus ; il \u00e9tait trop vieux, c&rsquo;\u00e9tait trop tard. En soupirant, il s&rsquo;extirpa de son fauteuil, se frotta vigoureusement le visage, et alla ouvrir au premier coup de sonnette.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">L&rsquo;air un peu g\u00ean\u00e9, ils se tenaient emmitoufl\u00e9s dans leur manteau, chapeau, cache-nez. Laurent, en t\u00eate, tenait un cadeau dans les mains : pas une bouteille de Champagne, non ; mais un cadeau au papier banal, ocre, avec un ruban dor\u00e9. Jacques sentit son c\u0153ur battre fort tout \u00e0 coup, et ses mains se mirent trembler ; il releva les yeux, et regarda ses amis sans oser prononcer une parole. Laurent lui tendit timidement le paquet, ne sachant pas si Jacques avait toujours le sien, s&rsquo;il l&rsquo;avait perdu, s&rsquo;il y pensait toujours, s&rsquo;il voulait bien l&rsquo;ouvrir, avec eux. Jacques sourit sans se soucier des larmes qui lui coulaient g\u00e9n\u00e9reusement sur les joues, et les fit entrer.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n<p align=\"CENTER\"><b>A.W.<\/b><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Conte de \u00a0\u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; Jacques \u00a0 \u00a0\u00a0 \u00a0 par Annick WAECHTER \u00a0 \u00a0 &nbsp; Le regard dans le vide, Jacques est assis dans son fauteuil pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 au salon. \u00a0 \u00a0<\/p>\n","protected":false},"author":88,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[79,84,25],"tags":[],"class_list":["post-2528","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-amour","category-fete","category-histoires-et-contes"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.servir.caef.net\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/2528","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.servir.caef.net\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.servir.caef.net\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.servir.caef.net\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/88"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.servir.caef.net\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=2528"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.servir.caef.net\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/2528\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.servir.caef.net\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=2528"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.servir.caef.net\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=2528"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.servir.caef.net\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=2528"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}