{"id":2950,"date":"2002-03-10T15:14:00","date_gmt":"2002-03-10T15:14:00","guid":{"rendered":"\/?p=2950"},"modified":"2016-06-16T06:41:16","modified_gmt":"2016-06-16T06:41:16","slug":"la-mission-de-la-femme","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.servir.caef.net\/?p=2950","title":{"rendered":"La mission de la femme"},"content":{"rendered":"<h1 style=\"text-align: center;\">La mission de la femme<sub>1<\/sub><\/h1>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\" align=\"JUSTIFY\">\u00a0<a href=\"\/wp-content\/uploads\/2007\/03\/Femme-priante.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-2019\" src=\"\/wp-content\/uploads\/2007\/03\/Femme-priante.jpg\" alt=\"Femme priante\" width=\"425\" height=\"285\" srcset=\"https:\/\/www.servir.caef.net\/wp-content\/uploads\/2007\/03\/Femme-priante.jpg 425w, https:\/\/www.servir.caef.net\/wp-content\/uploads\/2007\/03\/Femme-priante-300x201.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 425px) 100vw, 425px\" \/><\/a><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><strong>par <span style=\"font-size: 16px;\"><span style=\"color: #b22222;\">Paul Tournier<\/span><\/span><\/strong><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><strong>\u00ab\u00a0Oui, dit Paul Tournier, je crois \u00e0 une mission de la femme aujourd&rsquo;hui. L&rsquo;homme l&rsquo;avait \u00e9cart\u00e9e de la vie publique, et il a construit sans elle notre civilisation technique occidentale : une soci\u00e9t\u00e9 masculine, toute ordonn\u00e9e aux valeurs masculines, o\u00f9 manque tragiquement ce que la femme pourrait apporter.<\/strong><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><strong><br \/> <\/strong><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><!--more--><strong><br \/> <\/strong><\/p>\n<h2>Objectivit\u00e9 et subjectivit\u00e9<\/h2>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><strong><em><a href=\"\/wp-content\/uploads\/2002\/pdf2002\/2002_02_23_lamissiondelafemme.pdf\" target=\"_blank\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" title=\"iconePDF\" src=\"\/wp-content\/uploads\/2011\/01\/iconePDF.jpg\" alt=\"\" width=\"81\" height=\"76\" align=\"right\" hspace=\"8\" vspace=\"8\" \/><\/a><\/em><\/strong>II y a deux modes de relation avec autrui : un mode intellectuel et objectif, et un mode \u00e9motionnel et personnel. Ces deux modes de relation correspondent respectivement aux qualit\u00e9s dominantes de l&rsquo;homme et de la femme, la relation objective \u00e0 la tendance rationnelle de l&rsquo;homme, et la relation personnelle \u00e0 la tendance affective de la femme<sub><strong>2<\/strong>.<\/sub><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Or vous savez que la relation objective constitue la norme, universellement r\u00e9pandue et reconnue dans tous les domaines. Tandis que la relation personnelle est extr\u00eamement rare, et d\u00e9pr\u00e9ci\u00e9e. Aussi l&rsquo;homme est \u00e0 son aise dans cette soci\u00e9t\u00e9 rationnelle ; il n&rsquo;est m\u00eame plus gu\u00e8re conscient de ce qui lui manque. Tandis que la femme \u00e9prouve un obscur malaise. Sa vie affective et son besoin de contact personnel n&rsquo;y trouvent plus leur compte.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Bien entendu, la femme est capable de s&rsquo;adapter \u00e0 ce monde masculin. Mais cela ne r\u00e9sout pas le probl\u00e8me. <strong>Ce n&rsquo;est pas en d\u00e9veloppant seulement ses aptitudes masculines qu&rsquo;elle peut trouver son \u00e9panouissement, mais bien en r\u00e9introduisant dans notre Occident moderne la relation personnelle qui lui manque.<\/strong><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Tel est notre monde occidental actuel, si perfectionn\u00e9, si puissant, si efficace, mais si froid, si dur et si ennuyeux ; o\u00f9 sont vaincues des maladies accessibles \u00e0 l&rsquo;\u00e9tude objective, mais o\u00f9 se multiplient les n\u00e9vroses li\u00e9es au manque d&rsquo;amour, o\u00f9 l&rsquo;on a gagn\u00e9 beaucoup de choses, mais o\u00f9 s&rsquo;est d\u00e9t\u00e9rior\u00e9e la \u00ab\u00a0qualit\u00e9 de la vie\u00a0\u00bb qui, elle, est de l&rsquo;ordre du sentiment.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n<h2>La peur de l&rsquo;\u00e9motion<\/h2>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Le grand obstacle au contact personnel, c&rsquo;est la peur de l&rsquo;\u00e9motion. Tout ce qui nous est vraiment personnel, tout ce qui engage notre personne, soul\u00e8ve le vent, sinon la temp\u00eate de l&rsquo;\u00e9motion : amour, culpabilit\u00e9, foi, chagrin ou jouissance, succ\u00e8s ou \u00e9chec, cr\u00e9ation.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Remarquez que ce n&rsquo;est pas tellement l&rsquo;\u00e9motion qui fait peur, mais bien de la laisser voir, de se d\u00e9voiler sous le feu de l&rsquo;\u00e9motion, de se trahir. C&rsquo;est l&rsquo;expression de l&rsquo;\u00e9motion qui est r\u00e9prim\u00e9e dans notre soci\u00e9t\u00e9 ; bien plus : refoul\u00e9e, comme je l&rsquo;ai dit, car il ne s&rsquo;agit pas d&rsquo;un acte r\u00e9fl\u00e9chi et volontaire, mais d&rsquo;un ph\u00e9nom\u00e8ne si spontan\u00e9 qu&rsquo;il est inconscient.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Or la femme, en g\u00e9n\u00e9ral, est plus \u00e9motive, et l&rsquo;homme, au contraire, a beaucoup de peine \u00e0 exprimer ses sentiments, m\u00eame \u00e0 les laisser deviner.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Beaucoup de femmes en souffrent. Elle s&rsquo;en veulent d&rsquo;\u00eatre si \u00e9motives, alors que l&rsquo;\u00e9motivit\u00e9 est un don merveilleux. M\u00eame un syst\u00e8me philosophique rationaliste comme celui de Descartes a jailli d&rsquo;un instant d&rsquo;\u00e9motion intense, il ne l&rsquo;a pas cach\u00e9. Et que dire de Pascal, de Kierkegaard, de Marx m\u00eame, et de tant d&rsquo;autres cr\u00e9ateurs ? Oui, l&rsquo;\u00e9motion est cr\u00e9atrice, et toute cr\u00e9ation est toujours pleine d&rsquo;\u00e9motion.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">L&rsquo;homme est g\u00e9n\u00e9ralement affect\u00e9 d&rsquo;une sorte de paralysie dans l&rsquo;expression de ses sentiments. Cela tient, en partie, \u00e0 l&rsquo;\u00e9ducation. \u00ab\u00a0Rappelez-vous, \u00e9crit Marabel Morgan<strong><sub>3<\/sub><\/strong>, qu&rsquo;il a \u00e9t\u00e9 dress\u00e9 \u00e0 ne jamais pleurer quand il s&rsquo;\u00e9corchait le genou\u00a0\u00bb. Et pour cela, on lui disait : \u00ab\u00a0tu es un gar\u00e7on, c&rsquo;est les filles qui pleurent\u00a0\u00bb. Et on lui enseignait ainsi, tout \u00e0 la fois, le m\u00e9pris des femmes, et que l&rsquo;expression la plus naturelle des sentiments \u00e9tait indigne d&rsquo;un homme.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Pourtant, c&rsquo;est trop g\u00e9n\u00e9ral et trop difficile \u00e0 corriger pour admettre, me semble-t-il, que l&rsquo;\u00e9ducation et la suggestion sociale suffisent \u00e0 l&rsquo;expliquer. Il y a, chez l&rsquo;homme, une tendance inn\u00e9e au refoulement du sentiment. Autant il est \u00e0 son aise dans les abstractions intellectuelles, autant il est mal \u00e0 l&rsquo;aise dans la relation personnelle.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Je n&rsquo;entends pas dicter \u00e0 la femme sa conduite, mais bien l&rsquo;aider \u00e0 distinguer elle-m\u00eame ce que sa sensibilit\u00e9 et son sens de la personne lui permettent d&rsquo;apporter \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9, o\u00f9 qu&rsquo;elle soit. La mission dont je parle concerne toutes les femmes.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n<h2>Dialogue et compr\u00e9hension<\/h2>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">On parle beaucoup de dialogue aujourd&rsquo;hui. Mais l&rsquo;homme est bien moins dou\u00e9 pour le dialogue que la femme. Il le confond g\u00e9n\u00e9ralement avec la discussion. La discussion vise \u00e0 vaincre l&rsquo;adversaire. Le dialogue v\u00e9ritable cherche \u00e0 le comprendre. Et les solutions ne se trouvent que lorsque chacun se sent compris. Sinon, ce n&rsquo;est qu&rsquo;une pause en attendant la revanche.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">L&rsquo;homme est objectif, et l&rsquo;objectivit\u00e9, toujours, analyse et s\u00e9pare. C&rsquo;est la subjectivit\u00e9 qui conduit \u00e0 la synth\u00e8se et \u00e0 l&rsquo;union. Un besoin subjectif et formidable de se sentir compris, dont tous sont frustr\u00e9s dans une soci\u00e9t\u00e9 si pauvre en relation personnelle, sous-tend obscur\u00e9ment tous les conflits, jusqu&rsquo;aux querelles entre g\u00e9n\u00e9rations ou entre hommes et femmes.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n<h2>Une vie pleine de sens<\/h2>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Des critiques ironisent : \u00ab\u00a0La femme n&rsquo;est jamais contente, disent-ils ; elle s&rsquo;ennuie au foyer, et quand elle travaille, elle s&rsquo;ennuie du foyer !\u00a0\u00bb Mais il y a un niveau plus profond au probl\u00e8me de l&rsquo;ennui : non plus la nostalgie de quelque chose qui manque, mais l&rsquo;ennui en soi, le sentiment d&rsquo;ennui. Il se confond avec le probl\u00e8me du sens de la vie. Il surgit d\u00e8s que ce que l&rsquo;on fait para\u00eet d\u00e9pourvu de sens.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Rien ne contribue davantage \u00e0 donner un sens \u00e0 notre vie que de prendre conscience de notre mission. Et la prise de conscience de notre mission est \u00e9troitement li\u00e9e \u00e0 celle de nos talents personnels. J&rsquo;invite les femmes \u00e0 s&rsquo;interroger, \u00e0 se demander si c&rsquo;est vrai qu&rsquo;elles sont, comme je le crois, plus dou\u00e9es que nous pour le contact personnel, pour la vie affective, pour l&rsquo;attention concr\u00e8te aux besoins personnels de chacun.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Alors, cela signifierait qu&rsquo;apr\u00e8s avoir os\u00e9 faire des \u00e9tudes \u00e0 la barbe des hommes, apr\u00e8s avoir os\u00e9 s&rsquo;introduire dans le monde des hommes, ce monde du travail, ce monde des choses, elles osent aussi devenir plus personnelles, ne plus avoir honte de leur sensibilit\u00e9, de leur \u00e9motivit\u00e9, de leur coeur, de tout ce qu&rsquo;il y a d&rsquo;irrationnel en elles et que l&rsquo;homme refoule parce qu&rsquo;il en a peur. \u00bb<strong><sub>4<\/sub><\/strong><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: right;\"><strong>Recension par A. Waechter<\/strong><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n<hr \/>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">NOTES<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><strong>1.<\/strong> Paul Tournier, la mission de la femme, Delachaux &amp; Niestl\u00e9, Paris, 1979.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><strong>2.<\/strong> \u00ab II est bien entendu, souligne Paul Tournier, qu&rsquo;il y a du masculin et du f\u00e9minin en tout \u00eatre humain, qu&rsquo;il soit homme ou femme. Il y a des hommes qui ont le sens de la personne, et des femmes qui ont beaucoup de go\u00fbt pour la technique et les choses \u00bb.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><strong>3.<\/strong> Marabel MORGAN, La femme totale, Montr\u00e9al, Presses S\u00e9lect 1975.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><strong>4.<\/strong> Ce texte est uniquement compos\u00e9 d&rsquo;extraits juxtapos\u00e9s tir\u00e9s du livre de Paul Tournier, pages 5, 10, 11, 22, 36, 51, 52, 55, 56, 61, 79, 80, 111, 116 et 117.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La mission de la femme1 &nbsp; \u00a0 \u00a0 par Paul Tournier \u00a0 &nbsp; \u00ab\u00a0Oui, dit Paul Tournier, je crois \u00e0 une mission de la femme aujourd&rsquo;hui. 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