{"id":3329,"date":"2000-03-09T10:47:18","date_gmt":"2000-03-09T10:47:18","guid":{"rendered":"\/?p=3329"},"modified":"2016-06-09T09:53:22","modified_gmt":"2016-06-09T09:53:22","slug":"mais-quy-a-til-de-si-digne-dans-leuthanasie","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.servir.caef.net\/?p=3329","title":{"rendered":"Mais qu&rsquo;y-a-t&rsquo;il de si digne dans l&rsquo;euthanasie ?"},"content":{"rendered":"<h1 style=\"text-align: center;\">Mais qu&rsquo;y-a-t&rsquo;il de si digne dans l&rsquo;euthanasie ? <sub>1<\/sub><\/h1>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<a href=\"\/wp-content\/uploads\/2007\/09\/Question-.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-2895 aligncenter\" src=\"\/wp-content\/uploads\/2007\/09\/Question-.jpg\" alt=\"Question\" width=\"113\" height=\"123\" \/><\/a><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><strong>par <span style=\"font-size: 16px;\"><span style=\"color: #b22222;\">le Dr Jo\u00ebl CECCALDI<\/span><\/span><\/strong><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><strong>Je suis m\u00e9decin. L&rsquo;unit\u00e9 dont J&rsquo;ai la responsabilit\u00e9 \u00e0 l&rsquo;H\u00f4pital de Libourne (r\u00e9gion de Bordeaux) accueille des personnes atteintes de maladies du sang et du SIDA. Elles ont en commun d&rsquo;\u00eatre jeunes et menac\u00e9es dans leur vie par un processus pathologique qui n&rsquo;est pas forc\u00e9ment accessible aux moyens m\u00e9dicaux. <\/strong><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><strong>Je suis mari\u00e9, p\u00e8re de cinq enfants, et engag\u00e9 dans une communaut\u00e9 chr\u00e9tienne \u00e9vang\u00e9lique : il me para\u00eet important de vous dire sur quels fondements de croyance je parle. <\/strong><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><!--more--><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h2>LA DIGNITE AU FIL DES TEXTES<\/h2>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><a href=\"\/wp-content\/uploads\/2000\/pdf2000\/2000_02_10_euthanasieetdignite.pdf\" target=\"_blank\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" title=\"iconePDF\" src=\"\/wp-content\/uploads\/2011\/01\/iconePDF.jpg\" alt=\"\" width=\"81\" height=\"76\" align=\"right\" hspace=\"8\" vspace=\"8\" \/><\/a>Dans notre question, je vois deux concepts cl\u00e9s : dignit\u00e9 et euthanasie.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Que recouvrent ces termes dans la r\u00e9alit\u00e9 ? Il existe de nombreux textes d\u00e9finissant la dignit\u00e9, mais on ne peut les transcrire tous dans ces lignes, malgr\u00e9 leur int\u00e9r\u00eat <strong><sub>2<\/sub><\/strong>.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">On ne peut cependant \u00e9viter de citer le code de d\u00e9ontologie m\u00e9dicale dans sa version de 1995, o\u00f9 l&rsquo;article 38 stipule : \u00ab\u00a0Le m\u00e9decin doit accompagner le mourant, jusqu&rsquo;\u00e0 ses derniers moments, assurer par des soins et mesures appropri\u00e9s la qualit\u00e9 d&rsquo;une vie qui prend fin, sauvegarder la dignit\u00e9 du malade et r\u00e9conforter son entourage. Il n&rsquo;a pas le droit de provoquer d\u00e9lib\u00e9r\u00e9ment la mort\u00a0\u00bb. J&rsquo;insiste sur les termes : sauvegarder la dignit\u00e9 du malade.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Autre texte fondamental, la proposition de r\u00e9solution sur l&rsquo;assistance au mourant. C&rsquo;est un document du Parlement europ\u00e9en, de 1991, qui commence ainsi : \u00ab\u00a0Consid\u00e9rant que le fondement de la vie d&rsquo;un \u00eatre humain est la dignit\u00e9&#8230;\u00a0\u00bb C&rsquo;est-\u00e0-dire que la dignit\u00e9 est d&rsquo;abord l\u00e0, puis la vie, pas l&rsquo;inverse. Et bien s\u00fbr, dans cette logique-l\u00e0, on comprend que pour une existence qui a perdu toute dignit\u00e9, soit alors propos\u00e9 \u00e9ventuellement un droit \u00e0 l&rsquo;euthanasie.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n<h2>LA DIGNITE DANS L&rsquo;HISTOIRE<\/h2>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">La dignit\u00e9 chez les Grecs \u00e9tait fond\u00e9e sur l&rsquo;\u00e2me, miroir du divin. Chez les Romains sto\u00efciens, c&rsquo;\u00e9tait la diff\u00e9rence entre l&rsquo;homme et l&rsquo;animal. Et puis il y a quelques si\u00e8cles, dans une soci\u00e9t\u00e9 christianis\u00e9e, c&rsquo;\u00e9tait l&rsquo;image et la ressemblance de Dieu. Au XVIIIe si\u00e8cle, la base est devenue immanente et non plus transcendante : la dignit\u00e9 serait d\u00e9sormais fond\u00e9e sur l&rsquo;autonomie morale de l&rsquo;homme. C&rsquo;est Kant qui a construit cela.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Dans notre soci\u00e9t\u00e9 d&rsquo;aujourd&rsquo;hui, comment voit-on la dignit\u00e9 ? Comment en parle-t-on ? D&rsquo;au moins quatre mani\u00e8res :<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">1 &#8211; La dignit\u00e9 du dignitaire, qui a <strong>un sens socio-politique<\/strong>, est li\u00e9e \u00e0 la fonction exerc\u00e9e. Ainsi, celui \u00e0 qui est \u00ab\u00a0conf\u00e9r\u00e9e la dignit\u00e9 de chevalier de la l\u00e9gion d&rsquo;honneur\u00a0\u00bb r\u00e9pondra poliment au pr\u00e9sident: \u00ab\u00a0Je ne suis pas digne d&rsquo;un tel honneur\u00a0\u00bb. Cette dignit\u00e9 se gagne, se m\u00e9rite, et peut se perdre.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">2 &#8211; Une autre dignit\u00e9, souvent \u00e9voqu\u00e9e dans la relation soign\u00e9-soignant, est <strong>celle de l&rsquo;image de soi<\/strong> ; elle fait r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 l&rsquo;apparence que l&rsquo;on veut avoir, que l&rsquo;on veut garder en d\u00e9pit des outrages de l&rsquo;\u00e2ge, de la maladie, de l&rsquo;accident. C&rsquo;est un concept moderne. On peut aller jusqu&rsquo;\u00e0 se couper des autres membres de sa famille pendant les derniers instants de vie, qui pourraient \u00eatre si riches, pour \u00e9viter d&rsquo;\u00eatre vu tel qu&rsquo;on est devenu, c&rsquo;est-\u00e0-dire diff\u00e9rent et d\u00e9grad\u00e9 par rapport \u00e0 l&rsquo;image que l&rsquo;on aimerait laisser de soi-m\u00eame.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">3 &#8211; La dignit\u00e9 de <strong>la ma\u00eetrise de soi<\/strong>\u00a0:\u00a0 c&rsquo;est aussi tr\u00e8s moderne, cela va avec l&rsquo;autonomie. On recherche l&rsquo;ind\u00e9pendance, par refus de la d\u00e9pendance. Mais si l&rsquo;on se rend compte que bien portant ou malade, on est quand m\u00eame interd\u00e9pendant, cela permet de reconna\u00eetre que l&rsquo;autonomie que nous avons ou pr\u00e9tendons avoir est relative, et cela doit nous inviter \u00e0 la modestie. Il y a toujours un d\u00e9calage entre la ma\u00eetrise de soi d\u00e9sir\u00e9e et la r\u00e9alit\u00e9 ; c&rsquo;est ce qui provoque la souffrance. Quand les sphincters ne sont plus contr\u00f4lables, on ne se consid\u00e8re plus comme une personne, plus comme un sujet, mais comme un objet. Il y a d\u00e9ch\u00e9ance, non-dignit\u00e9.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">4 &#8211; La dignit\u00e9 qui est <strong>du domaine de l&rsquo;humain<\/strong>, de chaque \u00eatre humain, pris un par un. Cela vient du fait d&rsquo;appartenir \u00e0 l&rsquo;humanit\u00e9. On est dans l&rsquo;ordre des personnes, pas des choses . Les personnes ont une valeur, les choses ont un prix. Les personnes n&rsquo;ont pas de prix, et Kant, encore lui, l&rsquo;a tr\u00e8s bien dit.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">La vraie question est la suivante : dans une soci\u00e9t\u00e9 enti\u00e8rement chr\u00e9tienne comme elle a pu l&rsquo;\u00eatre il y a quelques si\u00e8cles, la dignit\u00e9 \u00e9tait celle de l&rsquo;image de Dieu et son sens \u00e9tait univoque. Mais dans une soci\u00e9t\u00e9 pluraliste, plurielle, multidisciplinaire, pluriculturelle, le m\u00eame mot est employ\u00e9 et revendiqu\u00e9 par tous, partisans et adversaires de l&rsquo;euthanasie ! A nous de distinguer par une \u00e9coute attentive de quelle dignit\u00e9 on nous parle, et quelle dignit\u00e9 nous entendons promouvoir.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n<h2>L&rsquo;EUTHANASIE<\/h2>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">C&rsquo;est un mot qui a un sens variable ; sch\u00e9matiquement, de l&rsquo;Antiquit\u00e9 \u00e0 la fin du XIXe si\u00e8cle, l&rsquo;euthanasie signifiait \u00ab\u00a0bonne mort, mort douce\u00a0\u00bb, une mort sans souffrance, comme le dit le Littr\u00e9.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">L&rsquo;euthanasie n&rsquo;a plus le m\u00eame sens actuellement, depuis les progr\u00e8s des th\u00e9rapies, d\u00e9sormais souvent efficaces pour reculer l&rsquo;\u00e9ch\u00e9ance de la mort. Il y a toujours une intention dans l&rsquo;euthanasie, celle de provoquer ou de h\u00e2ter la mort. Et il y a une action, pour mat\u00e9rialiser cette intention : mettre en \u0153uvre un moyen efficace et indolore. L&rsquo;euthanasie \u00e9tait supprimer la souffrance, aujourd&rsquo;hui c&rsquo;est supprimer le souffrant.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Il y a des expressions \u00e0 ne pas confondre avec l&rsquo;euthanasie. Les \u00ab\u00a0soins palliatifs\u00a0\u00bb et \u00ab\u00a0l&rsquo;accompagnement en fin de vie\u00a0\u00bb ne sont pas de l&rsquo;euthanasie, m\u00eame si cela peut signifier \u00ab\u00a0l&rsquo;aide \u00e0 mourir\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Le \u00ab\u00a0non-acharnement th\u00e9rapeutique\u00a0\u00bb n&rsquo;est pas non plus de l&rsquo;euthanasie. Certains l&rsquo;appelleraient de \u00ab\u00a0l&rsquo;euthanasie passive\u00a0\u00bb. Je r\u00e9cuse ce terme. Je veux dire par l\u00e0 que je me sens \u00e9thiquement fond\u00e9 \u00e0 refuser des soins qui sont disproportionn\u00e9s par rapport \u00e0 l&rsquo;objectif.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Et puis ne pas confondre non plus euthanasie et \u00ab\u00a0soulager la souffrance au risque de raccourcir la vie\u00a0\u00bb : c&rsquo;est le probl\u00e8me de l&rsquo;acte \u00e0 double effet. Il s&rsquo;agit d&rsquo;assumer des effets secondaires. Il m&rsquo;arrive, avec mon \u00e9quipe, devant quelqu&rsquo;un qui souffre, de prescrire tel ou tel m\u00e9dicament pour soulager cette douleur tout en sachant et en disant que ce m\u00e9dicament que je donne, comme tout m\u00e9dicament efficace, a des effets secondaires. Et que parmi ces effets secondaires, il peut y avoir, \u00e9ventuellement, je ne le sais pas d&rsquo;avance, un raccourcissement de la vie que j&rsquo;assume parce que mon objectif est clair : je ne cherche pas \u00e0 supprimer la vie, \u00e0 faire de l&rsquo;euthanasie, je cherche \u00e0 soulager la personne souffrante, \u00e0 am\u00e9liorer la qualit\u00e9 de sa vie.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Et mon \u00e9quipe le sait, sinon ils me quitteraient. Nos choix sont de respecter la personne en fin de vie. M\u00eame si cette prescription est assortie de cet effet secondaire \u00e9ventuel ; l&rsquo;important est de soulager une personne en train de souffrir, ce qui souvent lui permet de retrouver une capacit\u00e9 relationnelle et de vivre alors avec son entourage des choses que la douleur persistante ne lui aurait jamais permis de vivre parce que la douleur enferme, c&rsquo;est une prison.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Mais j&rsquo;insiste, je dois le dire \u00e0 l&rsquo;infirmi\u00e8re, informer et interroger le malade : \u00ab\u00a0Voil\u00e0 ce que j&rsquo;envisage, \u00eates-vous d&rsquo;accord avec \u00e7a ? Cela peut vous endormir, cela peut \u00e9ventuellement raccourcir un peu votre vie, qu&rsquo;en pensez-vous ? M&rsquo;autorisez-vous ?\u00a0\u00bb Il faut qu&rsquo;il n&rsquo;y ait aucune ambigu\u00eft\u00e9 \u00e0 ce sujet.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n<h2>Quelle dignit\u00e9 dans l&rsquo;euthanasie\u00a0?<\/h2>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">La pratique l\u00e9galis\u00e9e de l&rsquo;euthanasie existe aux Pays-Bas, dans certains Etats des Etats-Unis, en Australie&#8230; Quelles sont les raisons avanc\u00e9es par les personnes concern\u00e9es ? Les deux premi\u00e8res sont : perdre la dignit\u00e9 humaine, et \u00e9viter une mort indigne. L&rsquo;Association pour le Droit de Mourir dans la Dignit\u00e9 (A.D.M.D.) a comme premi\u00e8re motivation, d&rsquo;apr\u00e8s ses membres qui sont en g\u00e9n\u00e9ral favorables \u00e0 l&rsquo;euthanasie, de vivre dans la dignit\u00e9 et de mourir dans la dignit\u00e9.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">La dignit\u00e9 \u00e9voqu\u00e9e par toutes ces personnes est de l&rsquo;ordre de l&rsquo;avoir, et non plus de l&rsquo;\u00eatre ; il s&rsquo;agit des dignit\u00e9s de l&rsquo;image de soi et de la ma\u00eetrise de soi \u00e9voqu\u00e9es pr\u00e9c\u00e9demment. Ce n&rsquo;est pas parce que quelqu&rsquo;un est en face de moi et me dit : \u00ab\u00a0Je ne suis plus digne, je suis autonome et j&rsquo;ai le droit de dire que je ne suis plus digne ; et puisque je ne suis plus digne, digne de vivre, eh bien j&rsquo;ai le droit de&#8230;\u00a0\u00bb qu&rsquo;il n&rsquo;est plus une personne. Il reste un \u00eatre digne, mais souffrant, que j&rsquo;ai le devoir de soulager et non le droit de supprimer, m\u00eame \u00e0 sa propre demande.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">En tant que croyant, je continue \u00e0 consid\u00e9rer que le mourant souffrant est, et reste tout \u00e0 fait digne puisque je me r\u00e9f\u00e8re \u00e0 la dignit\u00e9 qui est de l&rsquo;ordre de l&rsquo;\u00eatre, et non plus de l&rsquo;avoir.. C&rsquo;est une belle affirmation, mais comment lui donner chair ? Cette dignit\u00e9, elle va m&rsquo;appeler tout logiquement et naturellement \u00e0 la compassion \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard de cette personne. Mais il n&rsquo;y a pas que \u00e7a&#8230; <span style=\"background-color: #99ccff;\"><em>\u00ab\u00a0Tu aimeras ton prochain comme toi-m\u00eame\u00a0\u00bb<\/em><\/span> : la r\u00e9f\u00e9rence de l&rsquo;amour pour le prochain, c&rsquo;est l&rsquo;amour pour soi-m\u00eame. Qui est ce \u00ab\u00a0moi-m\u00eame\u00a0\u00bb dont je parle ?<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Les existentialistes, dont Jean-Paul Sartre, disent que l&rsquo;existence pr\u00e9c\u00e8de l&rsquo;essence : mon v\u00e9cu c&rsquo;est moi-m\u00eame, et c&rsquo;est terrible. C&rsquo;est une injonction \u00e0 trouver en soi-m\u00eame un sens \u00e0 sa vie. Ce discours est \u00e0 l&rsquo;origine de beaucoup de souffrances. Parce que quand on cherche ce sens en soi-m\u00eame, il est tr\u00e8s fr\u00e9quent qu&rsquo;on n&rsquo;arrive pas \u00e0 le trouver. Alors l\u00e0 il faut peut-\u00eatre admettre qu&rsquo;il y a une autre mani\u00e8re de le trouver, ce sens, c&rsquo;est de le recevoir de l&rsquo;ext\u00e9rieur de soi, de l&rsquo;accueillir comme une r\u00e9v\u00e9lation.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">La dignit\u00e9 est de l&rsquo;ordre de l&rsquo;\u00eatre, chacun l&rsquo;a re\u00e7ue \u00e0 sa naissance d&rsquo;homme. Dieu a cr\u00e9\u00e9 l&rsquo;homme digne, et persister \u00e0 reconna\u00eetre et \u00e0 respecter cette dignit\u00e9 dans chaque \u00eatre, m\u00eame si son apparence n&rsquo;a plus rien d&rsquo;humain, c&rsquo;est reconna\u00eetre et respecter Celui qui est \u00e0 son origine : Dieu lui-m\u00eame, en d\u00e9pit du myst\u00e8re et de l&rsquo;opacit\u00e9 du mal. Il m&rsquo;appara\u00eet qu&rsquo;ainsi, je suis en phase avec les Saintes Ecritures et au service de mon prochain.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n<h2>EUTHANASIE : ENJEUX ACTUELS<\/h2>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">II me semble que ces derniers temps le d\u00e9bat d\u00e9rive : la dignit\u00e9 sert de moins en moins de fondement \u00e0 l&rsquo;euthanasie.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">France-Soir transcrivait r\u00e9cemment \u00ab\u00a0l&rsquo;appel des 132 pour la d\u00e9sob\u00e9issance civique\u00a0\u00bb. Parmi les signataires, il y a des Prix Nobel et des gens de terrain. Ils \u00e9crivent : \u00ab\u00a0Nous d\u00e9clarons avoir aid\u00e9 une personne \u00e0 mourir ou \u00eatre pr\u00eats \u00e0 le faire. Nous consid\u00e9rons que la libert\u00e9 de choisir l&rsquo;heure de sa mort est un droit imprescriptible de la personne inh\u00e9rent \u00e0 la <em>D\u00e9claration des droits de l&rsquo;homme<\/em> ; \u00e0 plus forte raison ce droit est-il acquis au malade incurable ou qui endure des souffrances que lui seul est habilit\u00e9 \u00e0 juger tol\u00e9rables ou intol\u00e9rables. [&#8230;]. C&rsquo;est un geste de compassion et de solidarit\u00e9\u00a0\u00bb. Dans ce texte, il n&rsquo;est plus fait mention une seule fois de dignit\u00e9.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">D&rsquo;autre part l&rsquo;euthanasie, supprimer quelqu&rsquo;un \u00e0 la fin de sa vie, devient un simple cas particulier du droit de disposer de sa vie \u00e0 n&rsquo;importe quel moment. Il ne s&rsquo;agit plus d&rsquo;euthanasie au sens expliqu\u00e9 plus haut, il s&rsquo;agit du droit \u00e0 un suicide assist\u00e9. En clair, m\u00eame si je ne suis pas en fin de vie, j&rsquo;ai le droit de supprimer ma vie et qu&rsquo;une tierce personne m&rsquo;aide \u00e0 le faire. Et autre corollaire : s&rsquo;il s&rsquo;agit de quelqu&rsquo;un qui n&rsquo;est pas en fin de vie, cela peut tr\u00e8s bien \u00eatre quelqu&rsquo;un qui n&rsquo;est pas malade, donc la tierce personne n&rsquo;est pas forc\u00e9ment un soignant. Et cela d\u00e9passe tr\u00e8s largement le cadre de la relation soignant-soign\u00e9.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">C&rsquo;est de cette mani\u00e8re-l\u00e0 que le d\u00e9bat est en train de d\u00e9river : vers le droit, l&rsquo;autonomie de l&rsquo;homme, et la libert\u00e9. C&rsquo;est l\u00e0 que sont les enjeux et c&rsquo;est l\u00e0 que nous aurons tr\u00e8s probablement \u00e0 prendre aussi position en tant que chr\u00e9tiens.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">Dr J.C.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n<hr \/>\n<p align=\"JUSTIFY\">NOTES<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><strong>1.<\/strong> Il s&rsquo;agit de la transcription d&rsquo;une conf\u00e9rence donn\u00e9e \u00e0 Strasbourg le 27-02-1999 dans le cadre d&rsquo;un congr\u00e8s organis\u00e9 par l&rsquo;Union \u00c9vang\u00e9lique M\u00e9dicale et Param\u00e9dicale. Le style oral a \u00e9t\u00e9 conserv\u00e9.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><strong>2.<\/strong> Parmi d&rsquo;autres, La<em> D\u00e9claration universelle des Droits de l&rsquo;Homme<\/em>, les lois de bio\u00e9thique de 1994 en France, le document <em>Donum Vitae<\/em> de 1987 pour les catholiques, la <em>D\u00e9claration universelle sur le g\u00e9nome humain et les droits de l&rsquo;homme<\/em> du 11 janvier 1997.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Mais qu&rsquo;y-a-t&rsquo;il de si digne dans l&rsquo;euthanasie ? 1 \u00a0 par le Dr Jo\u00ebl CECCALDI \u00a0 &nbsp; Je suis m\u00e9decin. L&rsquo;unit\u00e9 dont J&rsquo;ai la responsabilit\u00e9 \u00e0 l&rsquo;H\u00f4pital de Libourne (r\u00e9gion de Bordeaux) accueille des personnes atteintes de maladies du sang et du SIDA. 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