{"id":3558,"date":"2000-12-12T10:15:29","date_gmt":"2000-12-12T10:15:29","guid":{"rendered":"\/?p=3558"},"modified":"2017-05-18T15:22:37","modified_gmt":"2017-05-18T15:22:37","slug":"jeu-de-cartes","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.servir.caef.net\/?p=3558","title":{"rendered":"Jeu de cartes"},"content":{"rendered":"<h1 style=\"text-align: center;\" align=\"JUSTIFY\">Jeu de cartes<\/h1>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<a href=\"\/wp-content\/uploads\/2008\/01\/carre.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-8281 aligncenter\" src=\"\/wp-content\/uploads\/2008\/01\/carre.jpg\" alt=\"carre\" width=\"63\" height=\"63\" \/><\/a><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><strong>par <span style=\"color: #b22222;\"><span style=\"font-size: 16px;\">Jean-Pierre BORY<\/span><\/span><\/strong><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><strong>\u00ab\u00a0Je retrouve dans mes papiers ces lignes concernant les \u00ab\u00a0cartes \u00e0 jouer\u00a0\u00bb : \u00ab\u00a0Le jeu de cartes n&rsquo;est-il pas anodin tant qu&rsquo;il n&rsquo;est pas devenu une passion ? Celui qui conna\u00eet l&rsquo;origine des cartes \u00e0 jouer comprendra pourquoi celles-ci peuvent servir \u00e0 des man\u0153uvres sataniques. [&#8230;] Il n&rsquo;est pas surprenant que la divination par les cartes r\u00e9ussisse si bien, car ce sont des signes sataniques. Aucun joueur de cartes ne se rend compte de la r\u00e9alit\u00e9 de Satan et des d\u00e9mons qui sont \u00e0 l&rsquo;arri\u00e8re-plan de ces jeux. [&#8230;] Jetez-les donc&#8230;\u00a0\u00bb. Je serais heureux de conna\u00eetre votre position relativement \u00e0 cet avertissement.\u00a0\u00bb <\/strong><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><strong><br \/> <\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: right;\"><strong>D. Aubert <\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: right;\">\u00a0<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><!--more--><br \/>\u00a0 <a href=\"\/wp-content\/uploads\/2000\/pdf2000\/2000_06_28_lesjeuxdecartes.pdf\" target=\"_blank\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" title=\"iconePDF\" src=\"\/wp-content\/uploads\/2011\/01\/iconePDF.jpg\" alt=\"\" width=\"81\" height=\"76\" align=\"right\" hspace=\"8\" vspace=\"8\" \/><\/a>La r\u00e9ponse \u00e0 cette question ne peut pas tenir en deux lignes. L&rsquo;auteur cit\u00e9 parle \u00e0 la fois de l&rsquo;origine des cartes, de leurs usages divers, de leur influence sur le joueur. Cela m\u00e9rite r\u00e9flexion.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n<h2>Le jeu de cartes est un jeu ignor\u00e9 en Occident jusqu&rsquo;au 4\u00e8me si\u00e8cle<\/h2>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Selon le Grand Larousse et l&rsquo;Encyclop\u00e9die Universalis <em>(qui s&rsquo;appuie sur une large bibliographie)<\/em>, l&rsquo;Antiquit\u00e9 gr\u00e9co-romaine ne connaissait pas les jeux de cartes<strong><sub>1<\/sub><\/strong> (telles celles qu&rsquo;utilisent la belote ou le tarot en France, ou le yass en Suisse). L&rsquo;Europe occidentale n&rsquo;a commenc\u00e9 \u00e0 jouer aux cartes qu&rsquo;\u00e0 la fin du 14\u00e8me si\u00e8cle.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">En 1254 encore, un \u00e9dit de Saint-Louis interdisait plusieurs jeux de hasard, mais sans mentionner les cartes. Au Moyen Age, ni la litt\u00e9rature religieuse, ni les \u0153uvres des moralistes, des troubadours ou des romanciers n&rsquo;en parlent. Les sermons connus des pr\u00e9dicateurs fustigent la frivolit\u00e9 des \u00e9checs, du trictrac et des d\u00e9s seulement. Jusqu&rsquo;en 1369, Charles V d\u00e9fend de jouer \u00ab\u00a0aux billes, aux boules et aux quilles\u00a0\u00bb mais ne mentionne pas les cartes&#8230;<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">En revanche, \u00e0 partir de 1370, quelques documents, explicites et certains, attestent l&rsquo;existence des cartes \u00e0 jouer : par exemple un arr\u00eat de la pr\u00e9v\u00f4t\u00e9 de Paris d\u00e9fendant de jouer en semaine aux \u00ab\u00a0paumes, boules, <em>cartes<\/em>, d\u00e9s, et quilles\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Le jeu qui nous est parvenu, nomm\u00e9 (\u00e0 tort ?) le \u00ab\u00a0Tarot de Charles VI\u00a0\u00bb ne semble dater que du milieu du 15\u00e8me si\u00e8cle : Froissart, le chroniqueur de ce roi de France (mort fou en 1422) qui \u00e9num\u00e8re avec les d\u00e9tails les plus minutieux tous les divertissements de son ma\u00eetre, ne mentionne pas les cartes. Le journal de Charles VI ne le fait pas non plus.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n<h2>Un jeu d&rsquo;origine orientale ?<\/h2>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">La raret\u00e9 des textes sur l&rsquo;origine des cartes ne nous permet que des hypoth\u00e8ses dont voici les principales :<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">LA CHINE : Les Chinois en utilisaient sous une forme embryonnaire d\u00e8s le 7\u00e8me si\u00e8cle. Mais la parent\u00e9 de ces \u00ab\u00a0cartes \u00e0 jouer\u00a0\u00bb avec les cartes europ\u00e9ennes, via Marco Polo, est peu probable. On retrouve des traces remontant au 12\u00e8me ou 13\u00e8me si\u00e8cle d&rsquo;un jeu mamelouk dont la forme est proche du jeu italien. Selon certaines traditions, ce serait les Arabes parvenus jusqu&rsquo;en Espagne vers cette \u00e9poque, qui auraient introduit ce genre de jeux en Europe. Ils les auraient eux-m\u00eames connus en PERSE ou en INDE, mais aucune preuve mat\u00e9rielle, aucun \u00e9crit ne peut confirmer cette th\u00e8se. D&rsquo;autres hypoth\u00e8ses \u00e9voquent les gitans, mais elles ont \u00e9t\u00e9 abandonn\u00e9es aussi, faute de preuves.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Il semble plus probable que ces jeux soient n\u00e9s <span style=\"text-decoration: underline;\">en ARMENIE<\/span>. En Italie, le 23 mars 1375, un d\u00e9cret des prieurs de Florence cite \u00ab\u00a0un jeu qui est appel\u00e9 naib-be\u00a0\u00bb, ce que confirme deux fois la Chronique de Viterbe en 1379 en parlant d&rsquo;un jeu qui \u00ab\u00a0en sarrasin se nomme nayb ou hayl\u00a0\u00bb. Or \u00e0 cette \u00e9poque, pour des raisons politiques, la noblesse et bon nombre de commer\u00e7ants arm\u00e9niens \u00e9migr\u00e8rent en Pologne et surtout en Italie, \u00e0 Venise notamment, o\u00f9 \u00ab\u00a0des banquiers collabor\u00e8rent avec les Lombards auxquels ils apport\u00e8rent leur exp\u00e9rience imm\u00e9moriale des trafics avec le Proche-Orient, l&rsquo;Inde et la Chine\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n<h2>Probablement un jeu d&rsquo;enfants<\/h2>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Ce serait vraisemblablement les enfants arm\u00e9niens qui apprirent aux enfants italiens \u00e0 jouer aux na\u00efbi comme l&rsquo;atteste \u00e0 Florence, en 1393, Giovanni Morelli, qui recommande \u00ab\u00a0d&rsquo;\u00e9viter les jeux de hasard comme les d\u00e9s et<span style=\"text-decoration: underline;\"> d&rsquo;imiter plut\u00f4t les enfants qui jouent aux osselets, \u00e0 la toupie et aux na\u00efbes <\/span>(na\u00efbi)\u00a0\u00bb. Au d\u00e9but, selon certains textes, les na\u00efbi \u00e9taient vraisemblablement d&rsquo;un usage p\u00e9dagogique et ludique : le jeu apprenait aux enfants arm\u00e9niens \u00e0 compter et \u00e0 conserver le souvenir de l&rsquo;histoire de leur peuple exil\u00e9.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Au si\u00e8cle suivant en France (en 1534), Rabelais, dans son programme d&rsquo;\u00e9ducation, proposait de jouer aux cartes \u00ab\u00a0afin d&rsquo;ouvrir l&rsquo;intelligence \u00e0 l&rsquo;arithm\u00e9tique\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">L&rsquo;origine des personnages repr\u00e9sent\u00e9s sur les premiers jeux de cartes<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">L&rsquo;\u00e9tymologie du mot na\u00efbi reste floue. En hindoustani na\u00efb d\u00e9signait un officier de l&rsquo;arm\u00e9e, un \u00ab\u00a0lieutenant\u00a0\u00bb ; du mot au pluriel <em>naww\u00e2b<\/em>, on a form\u00e9 le mot fran\u00e7ais <em>nabab<\/em>. Les na\u00efbi \u00e9taient en quelque sorte <span style=\"text-decoration: underline;\">des soldats en image<\/span>. Dans les <em>na\u00efbi<\/em>, on peut donc raisonnablement penser que les images initiales repr\u00e9sentaient des officiers ou des nobles arm\u00e9niens de divers rangs. La mythologie arm\u00e9nienne associait les guerriers l\u00e9gendaires \u00e0 des demi-dieux, eux-m\u00eames soumis aux dieux guerriers, \u00e0 quoi s&rsquo;ajoutaient les h\u00e9ros et les amants (comme dans la mythologie grecque). La soci\u00e9t\u00e9 arm\u00e9nienne m\u00e9di\u00e9vale \u00e9tait dirig\u00e9e par quatre princes, ce qui explique peut-\u00eatre les quatre \u00ab\u00a0couleurs\u00a0\u00bb de ce jeu.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n<h2>Diffusion en Europe<\/h2>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">En Allemagne, au 14\u00e8me si\u00e8cle on commen\u00e7ait \u00e0 jouer au <em>Landsknecht<\/em> (les soldats fran\u00e7ais y jouaient aussi d\u00e8s le si\u00e8cle suivant sous le nom de <em>lansquenet<\/em> ou<em> piquet)<\/em>. Or \u00ab\u00a0knecht\u00a0\u00bb signifie en allemand <em>serviteur, valet<\/em> (landsknecht : <em>serviteur de la terre, serviteur du pays<\/em>). A l&rsquo;origine, ce terme devait avoir un sens relativement noble, comme l&rsquo;\u00e9quivalent anglais \u00ab\u00a0knight\u00a0\u00bb qui veut dire <em>chevalier<\/em>, ce qui rejoint l&rsquo;id\u00e9e d&rsquo;un titre d&rsquo;officier de l&rsquo;arm\u00e9e, de lieutenant (<em>na\u00efb<\/em>). Primitivement ce jeu de cartes oriental, jou\u00e9 par les enfants, devait \u00eatre tr\u00e8s simple, analogue aux jeux de la \u00ab\u00a0bataille\u00a0\u00bb qu&rsquo;ils jouent encore aujourd&rsquo;hui : les figurines des officiers sup\u00e9rieurs \u00e9liminant celles des inf\u00e9rieurs. Mais on ne poss\u00e8de aucun jeu complet de figurines datant du 14\u00e8me si\u00e8cle, ni les r\u00e8gles du jeu primitives du <em>na\u00efbi<\/em> ou du <em>lansquenet<\/em>.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Les images orientales des na\u00efbi, richement d\u00e9cor\u00e9es, devaient fasciner les enfants et les soldats de l&rsquo;\u00e9poque. Au Moyen Age, certaines figurines sont aussi joliment d\u00e9cor\u00e9es. Dans les anciens jeux de cartes fran\u00e7ais, on retrouve quatre \u00ab\u00a0compagnies\u00a0\u00bb, distingu\u00e9es chacune par une \u00ab\u00a0enseigne\u00a0\u00bb que portaient les personnages : une bourse de deniers (devenu plus tard le tr\u00e8fle), une coupe \u00e0 boisson (remplac\u00e9e par le c\u0153ur), une \u00e9p\u00e9e (par le pique) et un gourdin (par le carreau). On poss\u00e8de des jeux avec 8 soldats num\u00e9rot\u00e9s de 2 \u00e0 9, avec \u00e0 leur t\u00eate, un roi, une reine, un \u00e9cuyer et un \u00ab\u00a0varlet\u00a0\u00bb. Puis les soldats sont devenus des points, l&rsquo;\u00e9cuyer a disparu, remplac\u00e9 par l&rsquo;as.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00ab\u00a0Dans ces conditions, tout ce que l&rsquo;on dit sur la \u00ab\u00a0tarot\u00a0\u00bb \u00e9gyptien et sur sa haute antiquit\u00e9 appartient au domaine de la fable ; les consid\u00e9rations symboliques sur les rapports entre les \u00ab\u00a0arcanes<strong><sub>2<\/sub><\/strong> tarotiques\u00a0\u00bb et la \u00ab\u00a0philosophie orientale\u00a0\u00bb ne sont pas mieux fond\u00e9es\u00a0\u00bb <em>(Encycl.Universalis). <\/em><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Lors de l&rsquo;apparition des na\u00efbi, la reproduction manuelle des cartes en restreignait l&rsquo;usage aux classes privil\u00e9gi\u00e9es. Avec le d\u00e9veloppement du papier et de l&rsquo;imprimerie au 15\u00e8me si\u00e8cle, les jeux de cartes se diffus\u00e8rent rapidement et largement.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n<h2>Influence de la soci\u00e9t\u00e9 sur l&rsquo;imagerie<\/h2>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Selon les endroits et l&rsquo;\u00e9poque, les figurines changeaient, repr\u00e9sentant des personnalit\u00e9s du temps, ou des personnages types des diverses classes sociales. La politique s&rsquo;en empara aussi : le 22 octobre 1793, la r\u00e9volution fran\u00e7aise rempla\u00e7a les rois par les g\u00e9nies de la guerre, de la paix, des arts et du commerce ; les reines \u00e9taient les symboles des quatre libert\u00e9s (c\u0153ur pour le culte, tr\u00e8fle pour le mariage, pique pour la presse, carreau pour la profession). Les valets signifiaient la libert\u00e9 et les as les lois ! Sous l&#8217;empire, le roi de carreau fut remplac\u00e9 par l&rsquo;effigie de Napol\u00e9on et la dame de c\u0153ur par celle de Jos\u00e9phine&#8230; Apr\u00e8s 1848, les fabricants de cartes, prudents, mirent en circulation des jeux portant \u00e0 la fois l&#8217;embl\u00e8me de la monarchie constitutionnelle, de l&#8217;empire, et de la r\u00e9publique !<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n<h2>L&rsquo;usage des cartes<\/h2>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Au d\u00e9but, on a vu que selon certains textes, les na\u00efbi \u00e9taient vraisemblablement d&rsquo;un usage p\u00e9dagogique : le jeu aidait les enfants arm\u00e9niens \u00e0 conserver la m\u00e9moire de l&rsquo;histoire de leur peuple exil\u00e9. Elles leur apprenaient peut-\u00eatre aussi \u00e0 compter (Rabelais leur trouvait une utilit\u00e9 dans ce domaine).<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Mais la passion du jeu, des paris, des jeux de hasard s&rsquo;en empara rapidement : en Italie, en jouant aux cartes, on se mit \u00e0 parier \u00ab\u00a0sur l&rsquo;enfantement de gar\u00e7ons ou de filles, les p\u00e8lerinages, la vie ou la mort des personnes, la conqu\u00eate des places fortes et des ch\u00e2teaux\u00a0\u00bb ou le nom des futurs papes&#8230;On mettait en jeu des sommes consid\u00e9rables.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">L&rsquo;\u00e9sot\u00e9risme y ajouta des personnages all\u00e9goriques, et donna \u00e0 chaque figurine un sens : la mort, la chance, le danger, l&rsquo;amour&#8230; Les cartomanciennes se multipli\u00e8rent, certaines voyantes devinrent c\u00e9l\u00e8bres en consultant les cartes. La divination et la recherche occulte de la connaissance de l&rsquo;avenir n&rsquo;ont pas cess\u00e9 de les employer jusqu&rsquo;\u00e0 aujourd&rsquo;hui.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Mais il est aussi rest\u00e9 un simple jeu de soci\u00e9t\u00e9 qui se joue en famille et entre amis sans autre but que de se distraire.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n<h2>Peut-on jouer aux cartes aujourd&rsquo;hui ?<\/h2>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Telle \u00e9tait la question initiale. Mais il fallait d&rsquo;abord \u00e9voquer ce que l&rsquo;on sait de leur origine.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Les cartes, en elles-m\u00eames, ne sont ni bonnes, ni mauvaises, elles n&rsquo;ont pas de valeur morale. Le vin, l&rsquo;argent, la voiture, le couteau, la t\u00e9l\u00e9vision, la nourriture non plus : le vin peut soigner <span style=\"background-color: #add8e6;\"><em>(1 Tm 5.23)<\/em><\/span> ou rendre ivre et violent <em><span style=\"background-color: #add8e6;\">(1 Tm 3.3)<\/span><\/em>, priver de bon sens et conduire au p\u00e9ch\u00e9 <em>(No\u00e9, Lot)<\/em> ; l&rsquo;argent peut \u00eatre l\u00e9gitimement employ\u00e9 pour des transactions justes, des achats, des salaires \u00e0 remettre, une offrande agr\u00e9\u00e9e par Dieu et qui lui fait plaisir <span style=\"background-color: #add8e6;\"><em>(Ph 4.18)<\/em><\/span> ou devenir l&rsquo;objet de cupidit\u00e9, source d&rsquo;injustices, enjeu de toutes les convoitises, cause de meurtres, arme des mafias et moyen de propagande des partis politiques, et puis un ma\u00eetre redoutable, ennemi de Dieu <span style=\"background-color: #add8e6;\"><em>(Luc 16.13)<\/em><\/span> ; la voiture est outil de travail et de loisir ou une idole ; le couteau, ustensile de cuisine ou arme mortelle ; etc. Ce ne sont pas les objets qui ont une valeur morale mais leur utilisation. Les cartes ont servi de jeu et de mat\u00e9riel p\u00e9da-gogique aux enfants, de distraction pour des adultes mais sont aussi devenues une passion pour des parieurs ou un objet utilis\u00e9 pour la divination.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">LA R\u00c9PONSE FINALE EST A CHERCHER DANS LES CONSEILS QUE PAUL DONNAIT AU SUJET DE LA VIANDE, SIMPLE NOURRITURE, DONN\u00c9E AUX HOMMES.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Il faut relire <span style=\"background-color: #add8e6;\"><em><strong>Rm 14<\/strong><\/em><\/span> et <span style=\"background-color: #add8e6;\"><strong><em>1 Co 8-9<\/em><\/strong><\/span>. Le chr\u00e9tien \u00e9tait libre de manger de tout, m\u00eame de la viande d&rsquo;un animal qui avait \u00e9t\u00e9 pr\u00e9sent\u00e9 devant une idole {<span style=\"background-color: #add8e6;\"><em>rien n&rsquo;est impur en soi : Rm 14.14<\/em><\/span>) ; la viande n&rsquo;\u00e9tait pas contamin\u00e9e par l&rsquo;usage cultuel pa\u00efen qu&rsquo;en faisaient certains <span style=\"background-color: #add8e6;\"><em>(1 Co 10.19)<\/em><\/span>. Toutefois, en en mangeant, ou en buvant du vin, un chr\u00e9tien pouvait devenir une cause de trouble ou de chute pour un fr\u00e8re <span style=\"background-color: #add8e6;\"><em>(Rm 14.20-21)<\/em><\/span>. Pour l&rsquo;un, le fait d&rsquo;en avoir mang\u00e9 \u00e9tait source de malaise : il \u00e9tait inquiet et s&rsquo;imaginait que c&rsquo;\u00e9tait un p\u00e9ch\u00e9 d&rsquo;y avoir touch\u00e9 (sa conscience nourrit en lui des sentiments de culpabilit\u00e9 : <span style=\"background-color: #add8e6;\"><em>1 Co 8.7<\/em><\/span>). Pour un autre, le fait de consommer cette viande pr\u00e9sent\u00e9e dans un temple pa\u00efen pouvait banaliser certaines c\u00e9r\u00e9monies pa\u00efennes et l&rsquo;induire \u00e0 y participer \u00e0 nouveau, donc \u00e0 retomber dans l&rsquo;idol\u00e2trie et \u00e0 communier avec les d\u00e9mons <span style=\"background-color: #add8e6;\"><em>(1 Co 10.19-21)<\/em><\/span>.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n<h2>Conclusions<\/h2>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">II en est de m\u00eame pour les jeux de cartes. Ces derni\u00e8res ne sont pas impures ou charg\u00e9es en elles-m\u00eames d&rsquo;une mal\u00e9diction parce que certains en usent pour des pratiques interdites par Dieu. Jouer aux cartes, comme jouer aux \u00e9checs, aux boules, ou boire du vin, est tout \u00e0 fait licite. Mais si le fait de jouer avec un ami peut troubler sa conscience, parce qu&rsquo;il sait que des cartomanciennes se servent de cartes semblables, il faut s&rsquo;en abstenir. Si jouer aux cartes est devenu une passion pour quelqu&rsquo;un, ce serait aussi une grave d\u00e9sob\u00e9issance de passer une soir\u00e9e \u00e0 jouer avec lui, en prenant le risque de le faire retomber dans son vice alors qu&rsquo;il cherche \u00e0 s&rsquo;en sortir.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Pour les cartes (comme pour l&rsquo;argent ou le vin), c&rsquo;est l&rsquo;usage ou les cons\u00e9quences de leur usage qui sont en cause, mais pas l&rsquo;objet en lui-m\u00eame. Tout chr\u00e9tien est libre d&rsquo;y jouer. Mais qu&rsquo;il ne m\u00e9prise pas celui qui s&rsquo;en abstient <span style=\"background-color: #add8e6;\"><em>(Rm 14.13)<\/em><\/span> ! Et que le fait d&rsquo;y jouer ne conduise pas un fr\u00e8re plus faible \u00e0 tomber dans le p\u00e9ch\u00e9 <em><span style=\"background-color: #add8e6;\">(1 Co 10.23-28)<\/span><\/em> ! Voil\u00e0 la r\u00e8gle d&rsquo;or.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><strong><span style=\"background-color: #add8e6;\"><em>Ainsi que vous mangiez, que vous buviez, bref, quoi que ce soit que vous fassiez, faites tout pour la gloire de Dieu. Mais que rien dans votre attitude ne soit une occasion de chute, ni pour les juifs, ni pour les pa\u00efens, ni pour les membres de l&rsquo;Eglise (1 Co 10.31-32). <\/em><\/span><\/strong><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n<p align=\"CENTER\">J-P.B.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n<hr \/>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0NOTES<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><strong>1.<\/strong>\u00a0 M\u00eame si le mot carte d\u00e9rive du mot grec <em>chart\u00e8s<\/em>, signifiant \u00ab\u00a0feuille de papyrus\u00a0\u00bb, et par suite \u00ab\u00a0ouvrage \u00e9crit, texte \u00e9crit\u00a0\u00bb. Nous utilisons encore le mot charte en fran\u00e7ais pour d\u00e9signer une loi constitutionnelle, un texte pr\u00e9cisant les r\u00e8gles fondamentales d&rsquo;une association.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><strong>2.<\/strong> \u00a0 Les arcanes : secrets, myst\u00e8res \u00e9sot\u00e9riques (des tarots utilis\u00e9s pour faire de la divination).<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Jeu de cartes \u00a0 par Jean-Pierre BORY \u00a0 &nbsp; \u00ab\u00a0Je retrouve dans mes papiers ces lignes concernant les \u00ab\u00a0cartes \u00e0 jouer\u00a0\u00bb : \u00ab\u00a0Le jeu de cartes n&rsquo;est-il pas anodin tant qu&rsquo;il n&rsquo;est pas devenu une passion ? Celui qui conna\u00eet l&rsquo;origine des cartes \u00e0 jouer comprendra pourquoi celles-ci peuvent servir \u00e0 des man\u0153uvres sataniques. [&#8230;] [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[79,11],"tags":[],"class_list":["post-3558","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-amour","category-la-vie-du-chretien"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.servir.caef.net\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/3558","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.servir.caef.net\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.servir.caef.net\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.servir.caef.net\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.servir.caef.net\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=3558"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.servir.caef.net\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/3558\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.servir.caef.net\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=3558"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.servir.caef.net\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=3558"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.servir.caef.net\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=3558"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}