{"id":4311,"date":"1992-07-23T20:00:05","date_gmt":"1992-07-23T20:00:05","guid":{"rendered":"\/?p=4311"},"modified":"2016-04-21T06:57:01","modified_gmt":"2016-04-21T06:57:01","slug":"des-villes-de-refuge","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.servir.caef.net\/?p=4311","title":{"rendered":"Des villes de refuge"},"content":{"rendered":"<h1 style=\"text-align: center;\">\u00a0Des villes de refuge<\/h1>\n<p style=\"text-align: center;\">\u00a0<a href=\"\/wp-content\/uploads\/2010\/05\/geo1.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\" wp-image-6967 aligncenter\" src=\"\/wp-content\/uploads\/2010\/05\/geo1.jpg\" alt=\"geo1\" width=\"430\" height=\"286\" srcset=\"https:\/\/www.servir.caef.net\/wp-content\/uploads\/2010\/05\/geo1.jpg 896w, https:\/\/www.servir.caef.net\/wp-content\/uploads\/2010\/05\/geo1-300x199.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 430px) 100vw, 430px\" \/><\/a><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><strong>\u00a0par <span style=\"font-size: 16px;\"><span style=\"color: #b22222;\">Daniel Bresch<\/span><\/span><\/strong><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><strong>&#8211; Paix \u00e0 toi, garde ! Ouvre, par la vie du Seigneur, ne tarde pas!<\/strong><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><strong>&#8211; Qu&rsquo;il te b\u00e9nisse ! Qu&rsquo;as-tu donc \u00e9tranger ? Serais-tu en fuite ? <\/strong><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><strong>&#8211; Tu dis vrai ! J&rsquo;habite dans les terres de la tribu voisine, tu ne me connais pas. Mais je suis poursuivi par celui qui veut m&rsquo;\u00f4ter la vie. <\/strong><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><strong>&#8211; Tu as donc tu\u00e9 un homme, mis\u00e9rable. <\/strong><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><strong>&#8211; Mentirais-je ? Je n&rsquo;ai pas cherch\u00e9 querelle, pourtant le Seigneur l&rsquo;a fait tomber entre mes mains. Vite, h\u00e2te-toi ! <\/strong><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><strong>&#8211; Les Anciens de la ville t&rsquo;entendront demain, \u00e0 l&rsquo;heure du march\u00e9 qui se tient \u00e0 cette porte. Le conseil s&rsquo;y r\u00e9unit. Maintenant entre et tiens-toi en silence. <\/strong><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Ce dialogue, pas si imaginaire que \u00e7a, pouvait parfois avoir lieu au soir d&rsquo;une journ\u00e9e de labeur, entre un fugitif harass\u00e9 se heurtant \u00e0 la porte close d&rsquo;une des villes de refuge de l&rsquo;ancien Isra\u00ebl, et le guetteur dans la tourelle, qui avait bien observ\u00e9 le man\u00e8ge de ce visiteur tardif.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><!--more--><\/p>\n<h2>Des racines profondes&#8230;<\/h2>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><strong><a href=\"..\/wp-content\/uploads\/1992\/pdf1992\/1992_04_01_desvillesderefuge.pdf\" target=\"_blank\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"..\/wp-content\/uploads\/2011\/01\/iconePDF.jpg\" alt=\"\" width=\"81\" height=\"76\" name=\"images1\" align=\"RIGHT\" border=\"1\" hspace=\"8\" vspace=\"8\" \/><\/a><\/strong>On sait que le droit d&rsquo;asile accord\u00e9 \u00e0 un homme accus\u00e9 \u00e0 tort ou \u00e0 raison, d&rsquo;homicide et menac\u00e9 \u00e0 son tour de mort, \u00e9tait couramment pratiqu\u00e9 chez les Grecs et les Romains, ainsi que dans nos pays au Moyen-Age. Mais les origines de ce droit remontent \u00e0 la plus haute antiquit\u00e9. Isra\u00ebl avait ses villes de refuge ; et des coutumes semblables, li\u00e9es \u00e0 certains lieux r\u00e9put\u00e9s sacr\u00e9s, devaient exister dans l&rsquo;ancien Proche-Orient.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">C&rsquo;\u00e9tait un droit de caract\u00e8re essentiellement religieux qui n&rsquo;est plus en vigueur, bien qu&rsquo;il soit maintenu dans les textes de droit canon de l&rsquo;Eglise Catholique. La notion et les formes d&rsquo;asile ont chang\u00e9 depuis les bouleversements intervenus dans les relations internationales durant les quatre derniers si\u00e8cles.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Cependant, que peuvent nous apprendre ces anciennes ordonnances ? Il est particuli\u00e8rement remarquable que dans pas moins de quatre textes, l&rsquo;Ancien Testament, non seulement signale le fait, mais nous livre une r\u00e9glementation dont la signification et la port\u00e9e sont consid\u00e9rables.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n<h2>Des donn\u00e9es bibliques multiples<\/h2>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Le premier texte est <span style=\"background-color: #add8e6;\"><em>Exode 21.12-14<\/em><\/span> ; il est inclus dans ce qu&rsquo;on appelle le Code de l&rsquo;Alliance <span style=\"background-color: #add8e6;\"><em>(20.22 \u00e0 23.19, cf. 24.7)<\/em><\/span>. Il pourrait passer inaper\u00e7u si on ne le repla\u00e7ait pas dans son contexte historique. De fa\u00e7on claire et concise deux notions conjointes sont d\u00e9finies ici : d&rsquo;un c\u00f4t\u00e9 celle d&rsquo;un recours possible en cas d&rsquo;homicide &#8211; le lieu de refuge envisag\u00e9 est l&rsquo;autel du sanctuaire -, de l&rsquo;autre celle de l&rsquo;intention du crime avec prise en compte de sa motivation. La premi\u00e8re n&rsquo;\u00e9tait pas n\u00e9cessairement nouvelle, l&rsquo;originalit\u00e9 r\u00e9side plut\u00f4t dans la deuxi\u00e8me.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">D\u00e9sormais, le ch\u00e2timent ne pouvait \u00eatre ex\u00e9cut\u00e9 imm\u00e9diatement, ni, du reste, le droit d&rsquo;asile garantir automatiquement l&rsquo;immunit\u00e9. Cela impliquait donc qu&rsquo;il y e\u00fbt jugement, bien que la loi ne l&rsquo;exprime pas. Dans le contexte de la loi du talion, d&rsquo;une implacable s\u00e9v\u00e9rit\u00e9, mais tout de m\u00eame dans des limites tr\u00e8s strictes (cf. <span style=\"background-color: #add8e6;\"><em>20.12, 14-17, 20, 23-25<\/em><\/span>), un principe de contr\u00f4le est pos\u00e9 qui sera d\u00e9velopp\u00e9 par la suite.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Le texte le plus connu est celui du livre de <span style=\"background-color: #add8e6;\"><em>Josu\u00e9 (20.1-9)<\/em><\/span>. Outre le rappel de la notion d&rsquo;homicide involontaire, il apporte deux pr\u00e9cisions. D&rsquo;une part, il livre la liste de six villes d\u00e9sign\u00e9es comme lieux de refuge, r\u00e9parties de part et d&rsquo;autre du Jourdain et choisies parmi les quarante huit cit\u00e9s attribu\u00e9es aux <span style=\"background-color: #add8e6;\"><em>L\u00e9vites (v. 7-8 ; cf. chap. 21 <\/em>et <em>1 Ch 6.39-66)<\/em><\/span>. D&rsquo;autre part, il expose les r\u00e8gles de proc\u00e9dure et fixe les conditions de l&rsquo;asile <span style=\"background-color: #add8e6;\"><em>(20.3-6, 9)<\/em><\/span>. Une liste partielle des villes, introduite de fa\u00e7on semblable se trouve dans le livre du <span style=\"background-color: #add8e6;\"><em>Deut\u00e9ronome (4.41-43)<\/em><\/span>.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Deux autres textes dans le livre des <span style=\"background-color: #add8e6;\"><em>Nombres (35.6-34)<\/em><\/span> et dans le livre du<span style=\"background-color: #add8e6;\"><em> Deut\u00e9ronome (19.1-3,15-21 )<\/em><\/span> compl\u00e8tent cette information. Les deux font \u00e9tat des six villes de refuge sans toutefois les nommer <span style=\"background-color: #add8e6;\"><em>(Nb, v. 11,13-14 ; Dt, v. 2-3, 7-9)<\/em><\/span>. La pr\u00e9occupation des proc\u00e9dures c\u00e8de le pas sur celle des crit\u00e8res de jugement <span style=\"background-color: #add8e6;\"><em>(Nb, v. 16-24 ; Dt, v. 4-5, 11 -12)<\/em><\/span> et de la s\u00fbret\u00e9 des t\u00e9moins <span style=\"background-color: #add8e6;\"><em>(Nb, v. 29-30 ; Dt, v. 15)<\/em><\/span>. On observe des diff\u00e9rences dans l&rsquo;encha\u00eenement des \u00e9l\u00e9ments et dans l&rsquo;insistance sur tel ou tel point.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Deut\u00e9ronome souligne l&rsquo;accessibilit\u00e9 des villes <span style=\"background-color: #add8e6;\"><em>(v. 3, 6)<\/em><\/span>, Nombres d\u00e9veloppe les conditions de l&rsquo;asile <span style=\"background-color: #add8e6;\"><em>(v. 25-28)<\/em><\/span>. La tonalit\u00e9 g\u00e9n\u00e9rale des deux textes est nuanc\u00e9e mais ils sont \u00e9maill\u00e9s d&rsquo;avertissements solennels faisant fonction de justification sur le fond du droit \u00e9nonc\u00e9 <span style=\"background-color: #add8e6;\"><em>(Nb, v. 33-34 ; Dt, v. 9-10, 13, 19, 21)<\/em><\/span>. Signalons enfin que ces lois ne concernaient pas seulement les nationaux, mais aussi les immigr\u00e9s <span style=\"background-color: #add8e6;\"><em>(Jos. 20.9 ; Nb 35.15). <\/em><\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n<h2>Dans une soci\u00e9t\u00e9 en mutation<\/h2>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n<h3>Les enjeux<\/h3>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Le manque d&rsquo;ordre apparent de ces textes o\u00f9 s&rsquo;enchev\u00eatrent des \u00e9l\u00e9ments narratifs, l\u00e9gislatifs et exhortatifs peuvent d\u00e9router les occidentaux que nous sommes avec, en plus, une trentaine de si\u00e8cles de distance. Un fait, plusieurs fois mentionn\u00e9 dans les trois principaux passages, augmente cette \u00e9tranget\u00e9 : il s&rsquo;agit du <span style=\"background-color: #add8e6;\"><em>\u00ab\u00a0vengeur du sang\u00a0\u00bb<\/em><\/span>. C&rsquo;est la traduction adopt\u00e9e ici d&rsquo;un terme h\u00e9breu &#8211; go\u00ebl &#8211; qui signifie protecteur, d\u00e9fenseur, qui a droit de rachat, r\u00f4le qui incombait \u00e0 un proche parent <span style=\"background-color: #add8e6;\"><em>(Lv 25.25, 48)<\/em><\/span>.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Cette institution familiale tr\u00e8s importante pour la coh\u00e9sion du groupe n&rsquo;en \u00e9tait pas moins terriblement contraignante lorsqu&rsquo;il s&rsquo;agissait de faire justice. En effet, un crime de sang, quel qu&rsquo;il f\u00fbt, devait \u00eatre veng\u00e9 par la mort d&rsquo;un homme, du criminel ou d&rsquo;un membre de son clan. C&rsquo;\u00e9tait la loi du d\u00e9sert, propre \u00e0 la condition des nomades qui fut aussi celle des tribus d&rsquo;Isra\u00ebl dans leur avanc\u00e9e vers Canaan. Les risques de vendetta \u00e9tant \u00e9normes, on pense que la crainte de tels actes de justice avait un effet dissuasif si bien que le droit \u00e0 la vie \u00e9tait tout de m\u00eame pr\u00e9serv\u00e9.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">La conqu\u00eate du pays promis entra\u00eena forc\u00e9ment Isra\u00ebl \u00e0 adopter un mode de vie s\u00e9dentaire. L&rsquo;installation dans les villes et les campagnes modifia les structures sociales et par l\u00e0 m\u00eame les questions de justice. Le droit de vengeance du sang ne fut pas aboli, mais d\u00e9sormais il allait \u00eatre en quelque sorte contr\u00f4l\u00e9 par le droit d&rsquo;asile formellement institu\u00e9 avec l&rsquo;\u00e9tablissement des villes de refuge, et peut-\u00eatre aussi une meilleure prise en compte de l&rsquo;homicide involontaire.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n<h2>Le devenir des villes<\/h2>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Avant d&rsquo;en arriver \u00e0 la signification des villes de refuge et de la l\u00e9gislation s&rsquo;y rattachant, il est int\u00e9ressant de relever bri\u00e8vement quelques donn\u00e9es de l&rsquo;histoire de ces cit\u00e9s. La Bible nous renseigne surtout sur Sichem et H\u00e9bron <sub>1<\/sub> qui avaient un pass\u00e9 prestigieux aux yeux des Isra\u00e9lites. Ces deux noms furent \u00e9troitement li\u00e9s \u00e0 la vie des Patriarches : Abraham et Jacob dress\u00e8rent des autels \u00e0 Sichem, presque toute leur famille fut ensevelie \u00e0 H\u00e9bron.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">On retrouve le nom de ces deux villes dans les r\u00e9cits de la conqu\u00eate : Caleb batailla pour H\u00e9bron, et \u00e0 la fin de sa vie, Josu\u00e9 convoqua \u00e0 H\u00e9bron la grande Assembl\u00e9e d&rsquo;Isra\u00ebl pour le renouvellement de l&rsquo;Alliance. On y enterra aussi les restes de Joseph.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Pour les autres villes les renseignements font pratiquement d\u00e9faut. On pense que leur choix comme villes de refuge tient \u00e0 un certain rayonnement qu&rsquo;elles avaient d\u00e9j\u00e0 soit par l&rsquo;existence d&rsquo;un sanctuaire &#8211; Qu\u00e9dech veut dire saint -, soit par la s\u00e9curit\u00e9 de leurs fortifications &#8211; Betser veut dire ville forte, Ramoth est la ville sur les hauteurs.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Bien que nous n&rsquo;ayons pas de t\u00e9moignage biblique direct sur le fonctionnement du droit de refuge dans ces villes, il n&rsquo;y a pas lieu d&rsquo;en douter. Les \u00e9pisodes parall\u00e8les d&rsquo;Adoniya et de Joab <span style=\"background-color: #add8e6;\"><em>(1 R 1.50-53 <\/em>et<em> 2.28-31)<\/em><\/span> r\u00e9pondent plut\u00f4t \u00e0 la loi d&rsquo;<span style=\"background-color: #add8e6;\"><em>Exode (21.13-14)<\/em><\/span>. En dehors des textes cit\u00e9s, les villes ne sont plus signal\u00e9es comme villes de refuge. Des six villes, seule H\u00e9bron a d\u00fb rester en fonction jusqu&rsquo;\u00e0 la chute du Royaume de Juda, en 597 av. J.-C.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Les autres furent conquises au fil des si\u00e8cles pr\u00e9c\u00e9dents par les Syriens : Golan et plus tard Ramoth ; par les Moabites : Betser ; par les Assyriens : Q\u00e9dech et Sichem au cours de l&rsquo;invasion du Royaume d&rsquo;Isra\u00ebl entre 734 et 722 av. J.-C. On ignore ce qu&rsquo;il advint de ces villes apr\u00e8s le retour de l&rsquo;Exil, mais l&rsquo;usage de chercher refuge dans le Temple s&rsquo;est maintenu au-del\u00e0 du temps de l&rsquo;Ancien Testament (<span style=\"background-color: #add8e6;\"><em>N\u00e9 6.10-11<\/em><\/span> ; et deux \u00e9pisodes dans les livres des Macchab\u00e9es).<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Est-ce que les tribunaux attach\u00e9s \u00e0 ces villes ont toujours exerc\u00e9 la justice dans la droiture et la fid\u00e9lit\u00e9 ? A lire les plaintes des proph\u00e8tes d\u00e9non\u00e7ant la v\u00e9nalit\u00e9 des juges, on peut en douter (voir <span style=\"background-color: #add8e6;\"><em>Am 2.6, 8 ; 5.7, 10, 12,15 ; Es 1.16-1 7 ; 5.20 ; 29.21 )<\/em><\/span>, tant il est vrai que les lois servant \u00e0 r\u00e9gler les rapports humains ne r\u00e9ussissent h\u00e9las pas \u00e0 changer la nature de l&rsquo;homme.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n<h2>Question de m\u00e9thode<\/h2>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">On aura remarqu\u00e9 que nous avons, dans un premier temps, cherch\u00e9 \u00e0 \u00e9tablir le mieux possible ce que dit le texte. Il nous semble qu&rsquo;une bonne assise historique contribue \u00e0 une compr\u00e9hension \u00e9quilibr\u00e9e et coh\u00e9rente de l&rsquo;Ecriture Sainte. A tout moment nous risquons de projeter nos conceptions et nos sentiments d&rsquo;aujourd&rsquo;hui dans le pass\u00e9 et d&rsquo;interpr\u00e9ter le texte biblique \u00e0 partir de nos crit\u00e8res.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">L&rsquo;exercice d&rsquo;une observation attentive et comparative, avec le recours \u00e0 certaines aides est n\u00e9cessaire si l&rsquo;on veut parvenir \u00e0 discerner les principes directeurs d&rsquo;une th\u00e9ologie biblique. On \u00e9vitera ainsi d&rsquo;\u00e9riger en v\u00e9rit\u00e9s permanentes des \u00e9l\u00e9ments s\u00e9par\u00e9s de leur contexte et de b\u00e2tir des doctrines sur des images et des rapprochements hasardeux. Une saine lecture biblique vise \u00e0 saisir \u00ab\u00a0l&rsquo;esprit qui anime la lettre\u00a0\u00bb, en d&rsquo;autres termes la dynamique de Dieu dans l&rsquo;histoire des hommes (cf. <span style=\"background-color: #add8e6;\"><em>2 Co 3.6<\/em><\/span> et suite).<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Ces principes \u00e9tant pos\u00e9s il nous reste encore du chemin \u00e0 parcourir, car l&rsquo;interpr\u00e9tation de la Bible ne s&rsquo;arr\u00eate pas \u00e0 l&rsquo;ex\u00e9g\u00e8se. Quels enseignements, quelles r\u00e9flexions pouvons-nous d\u00e9gager de ces dispositions consign\u00e9es dans la Parole de Dieu ? L&rsquo;exemple \u00e0 suivre nous vient des ap\u00f4tres pour lesquels <span style=\"background-color: #add8e6;\"><em>\u00ab\u00a0tout ce qui a \u00e9t\u00e9 \u00e9crit jadis, l&rsquo;a \u00e9t\u00e9 pour notre instruction\u00a0\u00bb (Rm 15.4). <\/em><\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Nous proposons de suivre deux voies qui par moment se recoupent. L&rsquo;une, plut\u00f4t \u00e9thique et juridique o\u00f9 il est question de fondements de la vie humaine, l&rsquo;autre plus christologique, o\u00f9 il est question du rapport de l&rsquo;homme \u00e0 Dieu. En conclusion nous tenterons quelques actualisations.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n<h2>Fondements du droit<\/h2>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Les lois du livre de l&rsquo;Exode cit\u00e9es plus haut soulignaient d\u00e9j\u00e0 le caract\u00e8re sacr\u00e9 de toute vie humaine, certes sous une forme d&rsquo;extr\u00eame s\u00e9v\u00e9rit\u00e9. Elles s&rsquo;enracinent du reste dans une parole de Dieu \u00e0 No\u00e9 <span style=\"background-color: #add8e6;\"><em>(Gn 9.5-6)<\/em><\/span>. Supprimer une vie est une faute si grave que seule la mort d&rsquo;un autre \u00eatre peut l&rsquo;expier. Il ne faudrait pas penser que les lois sur les villes de refuge att\u00e9nuent le caract\u00e8re sacr\u00e9 de la vie : l&rsquo;exil du r\u00e9fugi\u00e9 n&rsquo;est en rien le prix d&rsquo;un rachat du crime.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Au contraire elles le renforcent dans ce sens que la mort de l&rsquo;autre devient le probl\u00e8me de tous : la responsabilit\u00e9 de la communaut\u00e9 et par dessus tout la solidarit\u00e9 du souverain sacrificateur sont engag\u00e9es <span style=\"background-color: #add8e6;\"><em>(Dt 19.10-13 ; Nb 35.24-25, 33-34)<\/em><\/span>.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Le fondement \u00e9thique de ces lois est exprim\u00e9 de deux mani\u00e8res. D&rsquo;une part tuer un homme, c&rsquo;est ni plus ni moins porter atteinte \u00e0 Dieu lui-m\u00eame dont l&rsquo;homme est l&rsquo;image, le reflet. Il est tr\u00e8s significatif de relever que le seul passage dans le Nouveau Testament qui cite pr\u00e9cis\u00e9ment <span style=\"background-color: #add8e6;\"><em>Gen\u00e8se 1.26<\/em><\/span> met en relation l&rsquo;image de Dieu dans l&rsquo;homme avec le p\u00e9ch\u00e9 de m\u00e9disance et de haine, tout comme J\u00e9sus assimile la m\u00eame offense au sixi\u00e8me commandement <span style=\"background-color: #add8e6;\"><em>\u00ab\u00a0Tu ne tueras pas\u00a0\u00bb (Je 3.9; Mt 5.21-22 ; <\/em><\/span><span style=\"background-color: #add8e6;\"><em>Jean 3.1 5 ;<\/em><\/span><span style=\"background-color: #add8e6;\"><em>Ex 20.13)<\/em><\/span>. Le Nouveau Testament serait-il encore plus s\u00e9v\u00e8re que l&rsquo;antique loi ?<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">L&rsquo;autre fondement r\u00e9side dans l&rsquo;affirmation de la pr\u00e9sence de Dieu au milieu des siens. C&rsquo;est un th\u00e8me qui parcourt de diff\u00e9rentes mani\u00e8res les livres de la Loi <span style=\"background-color: #add8e6;\"><em>(Nb 35.34 et Ex 25.8; Lv 26.11-12 ; Dt 31.6)<\/em><\/span>. Cette habitation de Dieu parmi ses fid\u00e8les est \u00e0 la fois don et exigence de saintet\u00e9 et de puret\u00e9 <span style=\"background-color: #add8e6;\"><em>(Dt 9.19 et Ex 22.30 ; Lv 19.2 ; Nb 5.3)<\/em><\/span>. Par l\u00e0 nous abordons la signification spirituelle du sujet.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n<h2>Soci\u00e9t\u00e9, individu et justice<\/h2>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Sur le plan proprement juridique, notamment dans la perspective de l&rsquo;\u00e9volution du droit, il nous para\u00eet int\u00e9ressant de r\u00e9v\u00e9ler un des aspects innovateurs de l&rsquo;institution des villes de refuge, bien que les r\u00e8gles fondamentales eussent d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 pos\u00e9es en <span style=\"background-color: #add8e6;\"><em>Exode 21<\/em><\/span>. On assiste ici \u00e0 l&rsquo;introduction de l&rsquo;individualisation de la sanction de l&rsquo;accus\u00e9 dans le cadre de la sauvegarde de la coh\u00e9sion du groupe social. Un homme peut \u00eatre jug\u00e9 en tenant compte des circonstances et non plus simplement pour l&rsquo;acte en soi ; la sanction sera adapt\u00e9e.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">En effet, une infraction commise par l&rsquo;individu constitue toujours une cassure dans l&rsquo;ordre et le fonctionnement du groupe. Par cons\u00e9quent, la coh\u00e9sion du groupe commande, en guise de r\u00e9paration, la correction par la punition de l&rsquo;individu, au besoin sa cassure. Mais la soci\u00e9t\u00e9 se fait du mal \u00e0 elle-m\u00eame en extirpant les \u00e9l\u00e9ments qui la composent. On ne restaure pas une communaut\u00e9 en sacrifiant ses membres.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">L&rsquo;innovation r\u00e9side dans le fait que la justice consiste \u00e0 m\u00e9nager \u00e0 la fois la coh\u00e9sion du groupe et la sanction de l&rsquo;individu, \u00e0 prot\u00e9ger l&rsquo;individu contre le groupe, sans pour autant d\u00e9truire le groupe en ouvrant la porte \u00e0 toute permissivit\u00e9. Ce paradoxe appara\u00eet aussi dans l&rsquo;\u00e9pisode de la femme adult\u00e8re : par-del\u00e0 la question du pardon, J\u00e9sus met le doigt sur le fonctionnement social (cf. <span style=\"background-color: #add8e6;\"><em>Jn 8.1-11<\/em><\/span>).<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n<h2>L&rsquo;homme face \u00e0 Dieu<\/h2>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Les aspects proprement religieux nous m\u00e8nent au probl\u00e8me de l&rsquo;interpr\u00e9tation que nous pouvons en faire dans les temps de la r\u00e9v\u00e9lation de la Nouvelle Alliance. En effet, les auteurs du Nouveau Testament ont compris Isra\u00ebl, Mo\u00efse, la pr\u00eatrise et d&rsquo;autres faits de l&rsquo;Ancienne Alliance comme des \u00ab\u00a0types\u00a0\u00bb du Christ, pr\u00e9figurant son minist\u00e8re ou annon\u00e7ant des v\u00e9rit\u00e9s des temps nouveaux que la Bible appelle temps de la fin <span style=\"background-color: #add8e6;\"><em>(H\u00e9 1.1-2). <\/em><\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Dans cette d\u00e9marche, la sagesse commande de s&rsquo;en tenir aux r\u00e8gles et aux exemples du Nouveau Testament. L&rsquo;attrait des all\u00e9gories que l&rsquo;on cherche \u00e0 d\u00e9coder \u00e0 l&rsquo;aide de cl\u00e9s parfois simplistes, souvent hardies, m\u00e8ne \u00e0 des interpr\u00e9tations peut-\u00eatre \u00e9difiantes, mais trop souvent douteuses, parce que plaqu\u00e9es artificiellement sur le texte. L&rsquo;image des villes de refuge n&rsquo;a pas \u00e9chapp\u00e9 \u00e0 ce genre de commentaires.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Ceci dit, certaines questions d&rsquo;ordre \u00e9thique ou juridique soulev\u00e9es par cette int\u00e9ressante r\u00e9v\u00e9lation biblique, c&rsquo;est-\u00e0-dire \u00e9clair\u00e9es par la venue du Christ prennent une nouvelle valeur. S&rsquo;agissant des th\u00e8mes de la culpabilit\u00e9, du jugement, du rachat, du refuge, nous sommes en plein dans le probl\u00e8me de la situation de l&rsquo;homme devant Dieu. Ces m\u00eames th\u00e8mes, quoique dans un ordre diff\u00e9rent, apparaissent dans la l\u00e9gislation des villes de refuge et constituent non une construction symbolique \u00e0 d\u00e9crypter, mais des \u00e9l\u00e9ments d&rsquo;une parabole.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n<h2>Christ notre souverain sacrificateur<\/h2>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">On ne peut s&#8217;emp\u00eacher, \u00e0 la lumi\u00e8re de ce que le Nouveau Testament dit de l&rsquo;oeuvre de J\u00e9sus le Christ, d&rsquo;\u00e9voquer la part qui incombait aux L\u00e9vites &#8211; principaux habitants de ces villes &#8211; et le r\u00f4le particulier rempli par le Souverain Sacrificateur dont seule la mort amnistiait le prisonnier. Nous y voyons une annonce du minist\u00e8re du Christ qui a non seulement interc\u00e9d\u00e9 pour les p\u00e9cheurs, mais a livr\u00e9 sa vie pour eux <span style=\"background-color: #add8e6;\"><em>(H\u00e9 4.14 \u00e0 5.10 ; 9.11-15 ; Rm 3.25). <\/em><\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">La menace de mort qui pesait sur le fugitif montre bien, par son caract\u00e8re absolu, la gravit\u00e9 du p\u00e9ch\u00e9 qui, comme l&rsquo;expose le Nouveau Testament, par sa seule r\u00e9alit\u00e9 et quelles que soient ses dimensions, nous prive de toute communication avec Dieu, c&rsquo;est-\u00e0-dire de la vraie vie. Nous, tels que nous sommes, nous sommes emp\u00eatr\u00e9s dans nos manquements et vou\u00e9s \u00e0 la mort <span style=\"background-color: #add8e6;\"><em>(Jn 8.24 ; Rm 3.9-10, 23; 6.23)<\/em><\/span>.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Mais le mal serait-il plus fort que Dieu ? La justice divine serait-elle forc\u00e9ment la destruction de son projet pour sa cr\u00e9ation, sans jugement ? Quelque part \u00ab\u00a0nous ne savons pas\u00a0\u00bb <span style=\"background-color: #add8e6;\"><em>(Lc 23.24; Ac 17.3a; 1 Tm 1.13 ; cf. H\u00e9 9.7<\/em><\/span> o\u00f9 \u00ab\u00a0fautes, p\u00e9ch\u00e9s\u00a0\u00bb signifie litt\u00e9ralement \u00ab\u00a0ignorances\u00a0\u00bb). Soyons clairs, cette ignorance ne minimise pas le p\u00e9ch\u00e9. Ce n&rsquo;est pas notre inconscience qui \u00e9veille la bienveillance de Dieu, mais sa justice ; l&rsquo;une soutient l&rsquo;autre.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n<h2>Christ notre refuge<\/h2>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Ainsi notre refuge est pleinement en Christ <span style=\"background-color: #add8e6;\"><em>(Rm 8.1, 33-34)<\/em><\/span>. Sommes-nous d\u00e9sormais sans p\u00e9ch\u00e9 ? Non, de m\u00eame que le r\u00e9fugi\u00e9 n&rsquo;\u00e9tait en s\u00e9curit\u00e9 que dans les limites de sa ville de refuge, de m\u00eame la protection nous est donn\u00e9e tant que son besoin est reconnu et accept\u00e9. Assumer et pratiquer cette nouvelle situation s&rsquo;appelle vivre chaque jour dans la r\u00e9alit\u00e9 de la repentance. La conversion ne nous rend pas innocents, nous restons des p\u00e9cheurs, mais justifi\u00e9s en Christ.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Et celui qui se croit libre de tout p\u00e9ch\u00e9 ne manque pas de faire l&rsquo;arri\u00e8re d\u00e9couverte qu&rsquo;il a, dans son orgueil, n\u00e9glig\u00e9 ou m\u00e9pris\u00e9 la s\u00e9curit\u00e9 et l&rsquo;esp\u00e9rance que seul J\u00e9sus peut nous assurer <span style=\"background-color: #add8e6;\"><em>(H\u00e9 6.19-20 ; Jn 15.6-7)<\/em><\/span>.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n<h2>Les \u00e9glises, des communaut\u00e9s de refuge<\/h2>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">En m\u00e9ditant sur le th\u00e8me de la ville, lieu d&rsquo;accueil pour un rescap\u00e9 d&rsquo;une lourde peine, voici encore quelques r\u00e9flexions d&rsquo;actualisation. Bien entendu, il ne s&rsquo;agit pas de r\u00e9habiliter une institution d&rsquo;un autre \u00e2ge, totalement inadapt\u00e9e \u00e0 notre type de soci\u00e9t\u00e9. Les transpositions litt\u00e9rales ont toujours quelque chose de suspect. Cependant, nos communaut\u00e9s pourraient, dans une certaine mesure, \u00eatre la traduction, en langage de la Nouvelle Alliance, des villes de refuge, pour le moins des villes l\u00e9vitiques.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Il est int\u00e9ressant de relever que ces lieux de refuge \u00e9taient pr\u00e9cis\u00e9ment des villes ayant cette renomm\u00e9e et cette vocation, et non des villages, encore moins des ermitages. La communaut\u00e9 urbaine, avec son unit\u00e9 diverse et ses relations complexes, offre plus de possibilit\u00e9s d&rsquo;insertion et d&rsquo;adaptation. Ainsi une \u00e9glise est souvent mieux plac\u00e9e pour assurer l&rsquo;int\u00e9gration, la protection, l&rsquo;\u00e9ducation d&rsquo;une personne venant avec ses souffrances et ses besoins. Nous ne minimisons pas ce que la chaleur et l&rsquo;intimit\u00e9 d&rsquo;un foyer ou d&rsquo;un groupe restreint peuvent repr\u00e9senter dans l&rsquo;accueil des personnes, mais, \u00e0 terme, le particularisme et le confinement de petits groupes ne sont pas toujours propices \u00e0 la r\u00e9insertion des \u00ab\u00a0cas\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">La ville de refuge avait son instance habilit\u00e9e \u00e0 s&rsquo;occuper de la charge du r\u00e9fugi\u00e9. En d&rsquo;autres termes, accueil implique \u00e9coute, \u00e9coute dont la comp\u00e9tence se manifeste par le discernement. Cela s&rsquo;apprend et se cultive, par une formation biblique, intellectuelle, personnelle.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Enfin, on peut supposer que la p\u00e9riode de r\u00e9sidence assign\u00e9e n&rsquo;\u00e9tait pas un temps d&rsquo;inactivit\u00e9 mais certainement un exercice de patience. La tendance est courante d&rsquo;envoyer un jeune chr\u00e9tien \u00ab\u00a0au dehors\u00a0\u00bb parce qu&rsquo;il est enthousiaste et qu&rsquo;il a \u00ab\u00a0plus de contacts\u00a0\u00bb. Il ne s&rsquo;agit pas de \u00ab\u00a0couver\u00a0\u00bb les gens, mais de leur accorder un temps d&rsquo;apprentissage pendant lequel, au travers de services appropri\u00e9s, les mobiles r\u00e9els peuvent se r\u00e9v\u00e9ler. Et dans les cas de blessures profondes, il faut prendre ce qu&rsquo;on appelle le temps de \u00ab\u00a0faire le deuil\u00a0\u00bb, qui n&rsquo;est pas une attente passive, mais le travail int\u00e9rieur de mise au clair devant le Seigneur, avec l&rsquo;aide des fr\u00e8res et des soeurs. Nous croyons aux d\u00e9livrances qui durent.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Tout un programme !&#8230; <em><span style=\"background-color: #add8e6;\">Psaume 37.39-40<\/span><\/em>.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n<p align=\"CENTER\">D.B.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n<hr \/>\n<p>NOTE<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><strong>1.<\/strong> Sichem : <span style=\"background-color: #add8e6;\"><em>Gn 12.6 ; 33.20 ; Jos 24<\/em><\/span>. H\u00e9bron: <em><span style=\"background-color: #add8e6;\">Gn 13.18 ; 23.2 ; 25.9 ; 35.27 ; 49.31: 50.13 ; Jos 14.15. <\/span><\/em><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00a0Des villes de refuge \u00a0 &nbsp; \u00a0par Daniel Bresch \u00a0 &#8211; Paix \u00e0 toi, garde ! Ouvre, par la vie du Seigneur, ne tarde pas! \u00a0 \u00a0 &nbsp; &#8211; Qu&rsquo;il te b\u00e9nisse ! Qu&rsquo;as-tu donc \u00e9tranger ? Serais-tu en fuite ? \u00a0 \u00a0 &nbsp; &#8211; Tu dis vrai ! 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