{"id":4318,"date":"1992-07-23T21:04:01","date_gmt":"1992-07-23T21:04:01","guid":{"rendered":"\/?p=4318"},"modified":"2017-05-18T15:16:39","modified_gmt":"2017-05-18T15:16:39","slug":"en-parcourant-mon-quartier","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.servir.caef.net\/?p=4318","title":{"rendered":"T\u00e9moignage &#8211; En parcourant mon quartier"},"content":{"rendered":"<h1 style=\"text-align: center;\" align=\"JUSTIFY\"><a href=\"\/wp-content\/uploads\/2011\/05\/Temoignage.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-2645\" src=\"\/wp-content\/uploads\/2011\/05\/Temoignage.jpg\" alt=\"Temoignage\" width=\"390\" height=\"36\" srcset=\"https:\/\/www.servir.caef.net\/wp-content\/uploads\/2011\/05\/Temoignage.jpg 390w, https:\/\/www.servir.caef.net\/wp-content\/uploads\/2011\/05\/Temoignage-300x27.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 390px) 100vw, 390px\" \/><\/a><\/h1>\n<h1 style=\"text-align: center;\" align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/h1>\n<h1 style=\"text-align: center;\" align=\"JUSTIFY\">En parcourant mon quartier<\/h1>\n<p align=\"JUSTIFY\"><strong>\u00a0<\/strong><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<a href=\"\/wp-content\/uploads\/2009\/09\/tol\u00e9rance.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter\" src=\"\/wp-content\/uploads\/2009\/09\/tol\u00e9rance.jpg\" alt=\"tol\u00e9rance\" width=\"326\" height=\"175\" \/><\/a><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><strong>par <span style=\"color: #b22222;\"><span style=\"font-size: 16px;\">Esther Buckenham<\/span><\/span><\/strong><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">C&rsquo;est \u00e0 deux pas de notre appartement. Deux beaux petits gar\u00e7ons de 3 ou 4 ans marchent devant moi. Gaiement habill\u00e9s &#8211; avec des cheveux noirs tout fris\u00e9s, je les admire en me souvenant avec nostalgie de clubs d&rsquo;enfants autrefois anim\u00e9s par nos soins &#8211; et me demandant quand une reprise sera possible dans ce nouveau quartier. Subitement, les deux bambins s&rsquo;arr\u00eatent, se retournent, me fixent un instant avant de me lancer : \u00ab\u00a0M&#8230;, va te faire f&#8230;\u00a0\u00bb tout en accompagnant leurs paroles d&rsquo;un geste sans \u00e9quivoque.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><!--more--><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><strong><a href=\"..\/wp-content\/uploads\/1992\/pdf1992\/1992_04_09_enparcourantmonquartier.pdf\" target=\"_blank\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"..\/wp-content\/uploads\/2011\/01\/iconePDF.jpg\" alt=\"\" width=\"81\" height=\"76\" name=\"images1\" align=\"RIGHT\" border=\"1\" hspace=\"8\" vspace=\"8\" \/><\/a><\/strong>Mon sourire se fige, et je continue mon chemin en me demandant ce que nous avons fait pour m\u00e9riter la haine de deux adorables gamins, presque des b\u00e9b\u00e9s. Est-ce notre indiff\u00e9rence ? Notre bien-\u00eatre (tout relatif) ? Notre diff\u00e9rence ? Ou tout simplement notre existence, qui les g\u00eanent ?<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Un peu plus loin, au bord du trottoir \u00e0 un croisement, j&rsquo;attends que les feux changent pour traverser la rue. Subitement arrive une voiture, \u00e0 toute vitesse, si pr\u00e8s du trottoir que les deux roues l&rsquo;accrochent avec fracas&#8230; Bien s\u00fbr, je sursaute, et les occupants de la voiture &#8211; cinq ou six jeunes empil\u00e9s les uns sur les autres, hurlent en choeur: \u00ab\u00a0Recule, M\u00eame, recule&#8230;\u00a0\u00bb puis repartent en trombe, en klaxonnant, en riant, et en criant leur satisfaction. Le coup ayant r\u00e9ussi, ils recommenceront sans aucun doute, au prochain carrefour. Pourquoi ? Parce qu&rsquo;ils s&rsquo;ennuient? Parce qu&rsquo;ils sont sans emploi ? Parce qu&rsquo;ils en veulent \u00e0 ceux qui ont une occupation et y vaquent tranquillement ?<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Il est tard, je rentre chez moi, heureuse d&rsquo;avoir termin\u00e9 une journ\u00e9e de travail, longue et difficile. Le m\u00e9tro est bond\u00e9 &#8211; pas de place assise &#8211; je me blottis dans un angle. Subitement s&rsquo;\u00e9l\u00e8ve une voix: \u00ab\u00a0Ma fille est morte, elle est morte, elle est morte toute seule, sans personne&#8230; Ma fille est morte, elle n&rsquo;est plus&#8230; Je vous le dis, ma fille est morte&#8230;\u00a0\u00bb. Soudain, je suis directement interpell\u00e9e, par-dessus les t\u00eates : \u00ab\u00a0Vous l\u00e0-bas &#8211; les cheveux blancs &#8211; est-ce que \u00e7a ne vous fait rien la mort de ma fille ?\u00a0\u00bb. C&rsquo;est vrai que dans le m\u00e9tro on rencontre des gens un peu bizarres ; cette dame doit \u00eatre \u00ab\u00a0d\u00e9rang\u00e9e\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">J&rsquo;ose tout de m\u00eame lui adresser un sourire h\u00e9sitant, et \u00e0 chaque station, \u00e0 mesure que les gens descendent, elle se rapproche de moi &#8211; et semble se calmer. Nous descendons finalement, \u00e0 la m\u00eame station ; elle m&rsquo;attend sur le quai : \u00ab\u00a0vous pensez que je suis folle &#8211; mais ce n&rsquo;est pas vrai. Cet apr\u00e8s-midi je suis all\u00e9e \u00e0 l&rsquo;h\u00f4pital pour rendre visite \u00e0 ma fille &#8211; elle avait \u00e0 peine 40 ans&#8230; Son lit \u00e9tait vide. Affol\u00e9e, j&rsquo;ai cherch\u00e9 une infirmi\u00e8re, qui m&rsquo;a r\u00e9pondu : &lsquo;Mais elle est morte ce matin&#8230;&rsquo; Ma petite fille&#8230; Je n&rsquo;avais qu&rsquo;elle, elle n&rsquo;avait que moi.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Je l&rsquo;accompagne \u00e0 son train &#8211; elle habite en banlieue &#8211; et j&rsquo;essaie d&rsquo;obtenir son adresse, mais elle prend peur. Apr\u00e8s tout, je suis une \u00e9trang\u00e8re pour elle, et elle n&rsquo;est pas tout \u00e0 fait dans son \u00e9tat normal&#8230; Elle part donc, toute seule, pour se retrouver seule chez elle, seule, en sachant que plus jamais elle ne reverra sa fille.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Me voici enfin presque arriv\u00e9e, en face de mon immeuble. Devant la porte, poliment, un jeune homme m&rsquo;arr\u00eate&#8230; Il est bien costum\u00e9, \u00e9l\u00e9gamment cravat\u00e9 : \u00ab\u00a0Pardon, Madame, pourriez-vous me dire l&rsquo;heure s&rsquo;il vous pla\u00eet ?\u00a0\u00bb Je regarde ma montre, et au m\u00eame instant, je sens quelque chose de froid \u00e0 la gorge. C&rsquo;est une pointe de couteau, et celui-ci est tenu en place le temps d&rsquo;arracher ma cha\u00eene et ma croix du Sud &#8211; souvenir d&rsquo;une missionnaire qui avait travaill\u00e9 de longues ann\u00e9es dans le Sahara. Et voil\u00e0 mon beau jeune homme qui file \u00e0 toute vitesse, me laissant monter \u00e0 mon dixi\u00e8me \u00e9tage secou\u00e9e et tremblante. (Cela aurait pu \u00eatre pire !)<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Je dramatise ?&#8230; Mes quatre histoires sont v\u00e9ridiques, je ne fais que les rapprocher. Ma ville est Paris ? C&rsquo;est vrai&#8230; j&rsquo;en suis fi\u00e8re, et je l&rsquo;aime. Les probl\u00e8mes que je soul\u00e8ve sont exceptionnels? Connaissez-vous une seule ville o\u00f9 la haine, le d\u00e9souvrement, la solitude et la convoitise n&rsquo;existent pas ? J&rsquo;ai constat\u00e9 ces choses, vous aussi&#8230;N&rsquo;oublions jamais que c&rsquo;est dans ces villes &#8211; et dans les conditions de ces villes &#8211; que J\u00e9sus nous envoie <strong>C&rsquo;est dans la nuit qu&rsquo;il faut la lumi\u00e8re.<\/strong> \u00ab\u00a0Si donc la lumi\u00e8re qui est en vous n&rsquo;est qu&rsquo;obscurit\u00e9, comme cette obscurit\u00e9 sera noire !\u00a0\u00bb<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n<p align=\"CENTER\">E.B.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00a0 En parcourant mon quartier \u00a0 \u00a0 par Esther Buckenham \u00a0 C&rsquo;est \u00e0 deux pas de notre appartement. Deux beaux petits gar\u00e7ons de 3 ou 4 ans marchent devant moi. 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