{"id":58,"date":"1996-05-17T22:23:49","date_gmt":"1996-05-17T22:23:49","guid":{"rendered":"\/?p=58"},"modified":"2016-05-11T07:01:57","modified_gmt":"2016-05-11T07:01:57","slug":"histoire-des-c-a-e-f-3","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.servir.caef.net\/?p=58","title":{"rendered":"Histoire des C.A.E.F. (3)"},"content":{"rendered":"<h1>Histoire des C.A.E.F.<\/h1>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><a href=\"\/wp-content\/Histoire%20des%20CAEF\/Histoire%20des%20CAEF_SP.pdf\" target=\"_blank\"><br \/> <\/a><\/p>\n<h1 style=\"text-align: center;\">Histoire des C.A.E.F. (3)<\/h1>\n<p>\u00a0<a href=\"\/wp-content\/uploads\/1996\/01\/vieille-ville.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-8779 aligncenter\" src=\"\/wp-content\/uploads\/1996\/01\/vieille-ville.jpg\" alt=\"vieille ville\" width=\"495\" height=\"394\" srcset=\"https:\/\/www.servir.caef.net\/wp-content\/uploads\/1996\/01\/vieille-ville.jpg 495w, https:\/\/www.servir.caef.net\/wp-content\/uploads\/1996\/01\/vieille-ville-300x238.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 495px) 100vw, 495px\" \/><\/a><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><span style=\"font-size: 16px;\"><strong>par <span style=\"color: #b22222;\">Jean-Pierre BORY <\/span><\/strong><\/span><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h2>LES PREMIERES ASSEMBL\u00c9ES EN GRANDE-BRETAGNE<\/h2>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">C&rsquo;est en Irlande<strong><sub>1<\/sub><\/strong> que na\u00eet au d\u00e9but du XIX\u00e8me si\u00e8cle \u00e0 la m\u00eame \u00e9poque qu&rsquo;en Suisse mais sans lien commun avec lui, un mouvement qui s&rsquo;appellera rapidement \u00ab\u00a0brethren<strong><sub>2<\/sub><\/strong>\u00a0\u00bb, fr\u00e8res, et qui enverra des missionnaires dans le monde entier avant la fin du si\u00e8cle.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">D\u00e8s le tout d\u00e9but du XIX\u00e8me si\u00e8cle, au sein m\u00eame de l&rsquo;Eglise anglicane <em>(l&rsquo;Eglise Unie d&rsquo;Angleterre et d&rsquo;Irlande)<\/em>, de nombreux membres du clerg\u00e9, pasteurs, diacres, \u00e9v\u00eaques, s&rsquo;interrogent et d\u00e9plorent le manque de vie spirituelle de leurs ouailles. Les soci\u00e9t\u00e9s bibliques sont tr\u00e8s actives, et ici ou l\u00e0 se cr\u00e9ent des \u00e9glises ind\u00e9pendantes.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Vers 1825, \u00e0 Dublin en Irlande, quelques intellectuels chr\u00e9tiens d&rsquo;horizons diff\u00e9rents ont l&rsquo;habitude de se retrouver en semaine pour prier. Ils aspirent \u00e0 plus de vie et d&rsquo;unit\u00e9 dans l&rsquo;\u00e9glise.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ils seront \u00e0 l&rsquo;origine du mouvement des fr\u00e8res en Grande-Bretagne.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><!--more--><\/p>\n<p style=\"text-align: right;\"><span style=\"color: #0000ff;\"><a href=\"\/wp-content\/uploads\/Histoire%20des%20CAEF\/Histoire%20des%20CAEF_SP.pdf\"><span style=\"color: #0000ff;\"><strong>T\u00e9l\u00e9charger Version compl\u00e8te en PDF<\/strong><\/span><\/a><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"\/wp-content\/uploads\/Histoire%20des%20CAEF\/Histoire%20des%20CAEF_SP.pdf\" target=\"_blank\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" title=\"iconePDF\" src=\"\/wp-content\/uploads\/2011\/01\/iconePDF.jpg\" alt=\"\" width=\"81\" height=\"76\" align=\"right\" hspace=\"8\" vspace=\"8\" \/><\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<h2>LES PIONNIERS DE DUBLIN<\/h2>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em><a href=\"\/wp-content\/uploads\/1996\/pdf1996\/1996_03_20_histoirecaef03.pdf\" target=\"_blank\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" title=\"iconePDF\" src=\"\/wp-content\/uploads\/2011\/01\/iconePDF.jpg\" alt=\"\" width=\"81\" height=\"76\" align=\"right\" hspace=\"8\" vspace=\"8\" \/><\/a>Edward CRONIN <\/em>est un jeune \u00e9tudiant catholique. Pendant ses \u00e9tudes pour devenir dentiste, il se convertit et s&rsquo;int\u00e8gre dans une \u00e9glise anglicane. Vers 1820, pour des raisons de sant\u00e9, il s&rsquo;\u00e9tablit \u00e0 Dublin o\u00f9, apr\u00e8s avoir obtenu son doctorat, il ouvre un cabinet. Il est pr\u00e9occup\u00e9 par les divisions qui d\u00e9chirent les \u00e9glises et souhaite retrouver l&rsquo;unit\u00e9 d\u00e9crite dans le Nouveau Testament. Il entre en contact avec d&rsquo;autres chr\u00e9tiens qui partagent son souci de communion et de vie spirituelle v\u00e9ritables. Avec eux, il se retrouve de plus en plus souvent pour lire, m\u00e9diter la Bible et prier. Le petit groupe grandit lentement dans les ann\u00e9es qui suivent.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il faut mentionner parmi ses membres un Anglais, Anthony Noms GROVES, n\u00e9 en 1795. Il est aussi dentiste ! A Plymouth, il avait rencontr\u00e9 plusieurs pasteurs de tendance \u00e9vang\u00e9lique ; \u00e0 Exeter, une demoiselle, Miss Paget, elle-m\u00eame sortie de l&rsquo;\u00e9glise officielle, l&rsquo;am\u00e8ne \u00e0 une exp\u00e9rience religieuse profonde<strong><sub>3<\/sub><\/strong>. Il s&rsquo;\u00e9tablit dans cette derni\u00e8re ville et y ouvre un cabinet dentaire qui devient rapidement tr\u00e8s lucratif. Peu de temps apr\u00e8s il se marie, et devenu membre actif de son \u00e9glise, il d\u00e9cide avec sa femme de donner aux pauvres un dixi\u00e8me, puis un quart, puis davantage encore de ses revenus ; et enfin, en 1825, se sentant concern\u00e9 par l&rsquo;\u00e9vang\u00e9lisation, il entreprend \u00e0 Dublin des \u00e9tudes de th\u00e9ologie en vue de partir en mission.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Et c&rsquo;est l\u00e0 que son chemin croise celui de Cronin : les deux jeunes hommes deviennent des amis et des collaborateurs pour la vie, en partageant le m\u00eame amour pour le Seigneur et le m\u00eame d\u00e9sir de le servir.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">A Dublin, ils font aussi la rencontre d&rsquo;un pasteur, homme de grande pi\u00e9t\u00e9, <em>John Gifford BELLET<\/em>. N\u00e9 aussi en 1795, juriste, Bellet est membre d&rsquo;une famille bourgeoise ; toute sa famille est anglicane et tr\u00e8s pratiquante, ses fr\u00e8res sont membres du clerg\u00e9 et sa soeur a \u00e9pous\u00e9 un pasteur. Dans les d\u00e9cennies qui suivent, il joue un grand r\u00f4le dans la formation et l&rsquo;\u00e9dification des jeunes assembl\u00e9es.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Groves se pr\u00e9pare \u00e0 \u00eatre ordonn\u00e9 pasteur de l&rsquo;Eglise anglicane, quand un missionnaire de passage lui demande si cette ordination lui est vraiment n\u00e9cessaire pour la mission. Cette question le pr\u00e9occupe. Et deux jours avant la date pr\u00e9vue pour son ultime s\u00e9jour \u00e0 Dublin, celui pendant lequel il doit y \u00eatre ordonn\u00e9, des voleurs pillent sa maison et emportent ses \u00e9conomies ! Groves y voit l&rsquo;intervention de Dieu et renonce \u00e0 l&rsquo;ordination ! Mais la <em>Church Missionary Society<\/em>, avec laquelle il projette de partir, l&rsquo;avertit qu&rsquo;il ne pourra pas pr\u00eacher sans avoir \u00e9t\u00e9 ordonn\u00e9 ; il est troubl\u00e9, mais arrive \u00e0 la conviction qu&rsquo;il pourra tout de m\u00eame servir le Seigneur en toute simplicit\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h2>LES PREMIERES REUNIONS<\/h2>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Au petit groupe initial se joignent quelques autres amis ; ils se retrouvent maintenant r\u00e9guli\u00e8rement tous ensemble pour lire la Bible et s&rsquo;entretenir de sujets spirituels. Cela se passe dans les ann\u00e9es 1825 \u00e0 1827<strong><sub>4<\/sub><\/strong>. Ne se sentant plus \u00e0 l&rsquo;aise, ni les uns ni les autres dans leurs \u00e9glises respectives, ils d\u00e9cident de continuer de se r\u00e9unir entre eux, et bient\u00f4t de prendre la C\u00e8ne ensemble pour manifester plus intens\u00e9ment la communion qu&rsquo;ils vivent. H.A. Ironside raconte que c&rsquo;est en 1825, dans l&rsquo;antichambre de son cabinet dentaire, que Cronin, avec un de ses amis qui allait partir pour Londres, avait pris pour la premi\u00e8re fois la C\u00e8ne<sub><strong>5<\/strong><\/sub>. Mais c&rsquo;est, semble-t-il, un peu plus tard, peut-\u00eatre sur la suggestion de M. PARNELL, que ces rencontres avec louanges et C\u00e8ne deviennent r\u00e9guli\u00e8res<strong><sub>6<\/sub><\/strong>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Un autre petit groupe de chr\u00e9tiens les rejoint en 1830 et la communaut\u00e9 se d\u00e9veloppe.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En 1829, Anthony Groves, Parnell et d&rsquo;autres partent en mission \u00e0 Bagdad, puis en Inde. Les \u00e9pouses des deux premiers meurent en cours de route. Les \u00e9preuves furent nombreuses, mais ils poursuivirent fid\u00e8lement leur minist\u00e8re missionnaire.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans les ann\u00e9es qui suivent le d\u00e9part de A.N. Groves en mission, Darby, qui a une forte personnalit\u00e9, devient un des \u00e9l\u00e9ments moteurs du mouvement naissant. Vers 1830, il y a quelques cinq ou six petites assembl\u00e9es en Irlande<strong><sub>7<\/sub><\/strong>. Le minist\u00e8re de J.N. Darby a contribu\u00e9 \u00e0 leur cr\u00e9ation.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<h2>J.N. DARBY<\/h2>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em><a href=\"\/wp-content\/uploads\/2010\/03\/Darby.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-6930 alignleft\" style=\"margin: 10px;\" src=\"\/wp-content\/uploads\/2010\/03\/Darby.jpg\" alt=\"Darby\" width=\"143\" height=\"171\" \/><\/a>John Nelson DARBY<\/em>, n\u00e9 le 18 novembre 1800, est fils d&rsquo;un lord, riche propri\u00e9taire terrien irlandais et petit-fils de l&rsquo;amiral Nelson, le vainqueur de Trafalgar. Il se destine \u00e0 la carri\u00e8re juridique et fait de solides \u00e9tudes de droit dans une universit\u00e9 de Dublin. Quand il manifeste le d\u00e9sir de devenir pasteur (pr\u00eatre dans l&rsquo;Eglise anglicane), son p\u00e8re le d\u00e9sh\u00e9rite, mais le jeune homme persiste dans sa vocation. Il devient diacre, puis est nomm\u00e9 en 1926 ministre du culte dans une paroisse de montagne en Irlande.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans sa jeunesse, il a \u00e9t\u00e9 anglican z\u00e9l\u00e9, et m\u00eame fortement tent\u00e9 par la th\u00e9ologie catholique, plus respectueuse de la personne du Christ que ne l&rsquo;est la th\u00e9ologie protestante lib\u00e9rale. Il croit fermement \u00e0 la succession apostolique, pratique r\u00e9guli\u00e8rement un je\u00fbne s\u00e9v\u00e8re, mettant m\u00eame sa sant\u00e9 en danger<strong><sub>8<\/sub><\/strong>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Apr\u00e8s un grave accident, il doit se rendre \u00e0 Dublin pour sa convalescence. C&rsquo;est l\u00e0, en 1828, que toujours tr\u00e8s pr\u00e9occup\u00e9 par les choses spirituelles, il entre en contact avec J.G. Bellet qui le pr\u00e9sente \u00e0 ses amis. Il fr\u00e9quente occasionnellement la petite communaut\u00e9. Cette ann\u00e9e-l\u00e0<strong><sub>9<\/sub><\/strong> (certains disent un peu plus tard), il d\u00e9missionne de sa cure mais sans quitter officiellement l&rsquo;Eglise anglicane et sans devenir formellement membre des assembl\u00e9es naissantes<strong><sub>10<\/sub><\/strong> , car il souhaite pouvoir continuer de pr\u00eacher dans les \u00e9glises anglicanes si l&rsquo;occasion lui en est donn\u00e9e. Apr\u00e8s avoir quitt\u00e9 sa cure, il va vivre une ann\u00e9e enti\u00e8re dans une chaumi\u00e8re de paysan, passant ses journ\u00e9es dans la pri\u00e8re et la m\u00e9ditation.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Selon Bellet, J.N. Darby est un homme qui, bien que ne payant pas de mine \u00e0 premi\u00e8re vue, se r\u00e9v\u00e8le vite \u00e9rudit, brillant, excellent pr\u00e9dicateur et enseignant<strong><sub>11<\/sub><\/strong> ; il est tr\u00e8s dou\u00e9 pour les langues.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En 1828 d\u00e9j\u00e0, il \u00e9crit une brochure qui a pour titre <em>\u00ab\u00a0De la nature et de l&rsquo;unit\u00e9 de l&rsquo;Eglise de Christ<\/em><strong><sub>12<\/sub><\/strong><em>\u00a0\u00bb<\/em>. J.N. Darby est profond\u00e9ment pein\u00e9 par les divisions, les ambitions rivales dans l&rsquo;Eglise, les crises qui se r\u00e9solvent trop souvent par des s\u00e9cessions<strong><sub>13<\/sub><\/strong>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">D\u00e8s 1831, un mouvement de r\u00e9veil se dessine en Irlande ; sur l&rsquo;invitation de ses amis, il collabore avec eux dans la pr\u00e9dication itin\u00e9rante. Son minist\u00e8re infatigable contribue \u00e0 faire conna\u00eetre le mouvement dans d&rsquo;autres villes<strong><sub>14<\/sub><\/strong>, et cela jusqu&rsquo;en 1845.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Par ses dons remarquables, sa pi\u00e9t\u00e9 profonde, son z\u00e8le exemplaire et sa capacit\u00e9 de convaincre, Darby a \u00e9t\u00e9 un de ceux qui, dans les d\u00e9buts, ont le plus contribu\u00e9 \u00e0 d\u00e9velopper le mouvement des fr\u00e8res, d&rsquo;abord en Irlande, puis en Angleterre, dans les d\u00e9cennies 30 et 40.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<h2>PLYMOUTH<\/h2>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">A la m\u00eame \u00e9poque qu&rsquo;en Irlande, de petits groupes similaires \u00e0 ceux de Dublin commencent \u00e0 se cr\u00e9er aussi en Angleterre. Benjamin Wills NEWTON fait partie de celui de Plymouth.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Newton est n\u00e9 en 1807 dans une famille quaker. Orphelin de p\u00e8re d\u00e8s avant sa naissance, il est \u00e9lev\u00e9 dans un climat aust\u00e8re, et se r\u00e9v\u00e8le un tr\u00e8s brillant \u00e9tudiant dans de nombreuses disciplines. De conviction calviniste mod\u00e9r\u00e9e, il se d\u00e9sole de constater que la plupart des personnes qu&rsquo;il c\u00f4toie vivent \u00ab\u00a0dans une torpeur spirituelle mortelle pour leur \u00e2me<strong><sub>15<\/sub><\/strong>\u00a0\u00bb<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">J.N. Darby a \u00e9t\u00e9 son condisciple \u00e0 Exeter Coll\u00e8ge. C&rsquo;est invit\u00e9 par Newton, devenu le principal responsable de l&rsquo;assembl\u00e9e de Plymouth, qu&rsquo;il vient, en 1834, visiter le groupe de cette ville. Mais Darby d\u00e9cline l&rsquo;invitation de s&rsquo;y int\u00e9grer et d&rsquo;y prendre une responsabilit\u00e9, toutefois il y pr\u00eache r\u00e9guli\u00e8rement.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les minist\u00e8res de NEWTON et DARBY contribuent au d\u00e9veloppement de cette assembl\u00e9e qui joua un r\u00f4le d\u00e9terminant dans l&rsquo;histoire des fr\u00e8res. Elle compte rapidement plus de 1000 membres.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">A partir de 1834, HARRIS publie \u00e0 Plymouth le p\u00e9riodique The Christian Witness (Le T\u00e9moignage Chr\u00e9tien) et d&rsquo;autres ouvrages qui font ainsi conna\u00eetre le mouvement<strong><sub>16<\/sub><\/strong>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il y aura, dans les ann\u00e9es qui viennent, de nombreux contacts entre le r\u00e9veil de Gen\u00e8ve et les assembl\u00e9es naissantes britanniques : ainsi Newton et Wigram se rendent \u00e0 Gen\u00e8ve ; tandis que Malan et d&rsquo;autres sont chaleureusement accueillis en Grande-Bretagne<strong><sub>17<\/sub><\/strong>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<h2>BRISTOL<\/h2>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">A Bristol, deux assembl\u00e9es se d\u00e9veloppent bien sous l&rsquo;impulsion de George MULLER et Henri CRAIK.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">George MULLER \u00e9tait un jeune Allemand, \u00e9tudiant en th\u00e9ologie fort mondain, jusqu&rsquo;au jour o\u00f9 il passe par une r\u00e9elle conversion. Se sentant appel\u00e9 \u00e0 \u00e9vang\u00e9liser les Juifs, il se rend en Angleterre pour y terminer ses \u00e9tudes. C&rsquo;est l\u00e0 qu&rsquo;il rencontra Henri CRAIK, lui-m\u00eame ami de Groves. G. M\u00fcller, gagn\u00e9 aux convictions spirituelles de Craik, renonce alors \u00e0 n&rsquo;\u00e9vang\u00e9liser que les Juifs et d\u00e9cide de s&rsquo;\u00e9tablir avec Craik \u00e0 Bristol. Au bout de peu de temps, M\u00fcller et Craik louent la chapelle de B\u00e9thesda qui devient le centre d&rsquo;une communaut\u00e9 florissante. M\u00fcller \u00e9pouse la soeur de Groves. En 1835, sensibilis\u00e9 \u00e0 la d\u00e9tresse des enfants abandonn\u00e9s, il d\u00e9cide d&rsquo;y ouvrir un orphelinat.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">George M\u00fcller, avant de devenir le fondateur des orphelinats, connu pour sa foi extraordinaire, fut un \u00e9vang\u00e9liste et un enseignant de la Bible. C&rsquo;est lui qui, en \u00e9tudiant les Ecritures, arriva \u00e0 la conclusion que le bapt\u00eame ne pouvait \u00eatre administr\u00e9 qu&rsquo;\u00e0 des croyants, comme signe et t\u00e9moignage de leur foi. Sur ce point, il s&rsquo;opposa \u00e0 J.N. Darby rest\u00e9 p\u00e9do-baptiste (quinze ans plus tard, les deux hommes se s\u00e9par\u00e8rent). C&rsquo;est aussi en lisant les Ecritures que G. M\u00fcller renon\u00e7a \u00e0 toute collecte et d\u00e9cida de s&rsquo;attendre au secours de Dieu pour subvenir \u00e0 ses propres besoins et \u00e0 ceux de ses orphelins ; et nous savons comment Dieu honora sa foi.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Des communaut\u00e9s nouvelles se cr\u00e9ent dans plusieurs autres villes d&rsquo;Angleterre. La grande pr\u00e9occupation de ces groupes est l&rsquo;union et la communion avec tous les enfants de Dieu. On y lit la Bible, on l&rsquo;\u00e9tudie, on prie, puis on partage le repas du Seigneur.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il faut noter en passant que les initiateurs de ce mouvement des fr\u00e8res sont des hommes jeunes, entre 25 et 35 ans, souvent issus de riches familles bourgeoises (tel M. Parnell qui h\u00e9rita par la suite du titre de Lord Congleton). La plupart \u00e9taient des intellectuels, et avaient une solide formation th\u00e9ologique (comme en Suisse Romande), et surtout il s&rsquo;agissait d&rsquo;hommes d&rsquo;une pi\u00e9t\u00e9 profonde. On peut citer encore Robert CHAPMAN (auteur de nombreux cantiques) ou Francis NEWMAN (jeune fr\u00e8re du pr\u00eatre anglican John Henry Newman qui, lui, se convertit au catholicisme et devint cardinal).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">(\u00e0 suivre)<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">J.-P. B.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify;\">NOTES<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>1.<\/strong> L&rsquo;Irlande a \u00e9t\u00e9 unie \u00e0 l&rsquo;Angleterre depuis l&rsquo;Acte d&rsquo;Union de 1800, et jusqu&rsquo;en 1921.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>2.<\/strong> Les membres de ces nouvelles communaut\u00e9s, dans leur ferme volont\u00e9 de ne pas vouloir cr\u00e9er une nouvelle d\u00e9nomination, refusent tout titre \u00e0 leurs assembl\u00e9es, et s&rsquo;appellent simplement \u00ab\u00a0fr\u00e8res\u00a0\u00bb, en veillant \u00e0 ne pas mettre de majuscule \u00e0 cette appellation !<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>3.<\/strong> H.H. Rowdon, <em>The origins of The Brethren<\/em> , p.38.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>4.<\/strong> F.Roy Coad, <em>A History of the Brethren Movement<\/em>, p.l9ss. Cf aussi <em>The Principles of the open Brethren<\/em> (Glasgow : \u00e9dit\u00e9 par Pickering &amp; Inglis, sd), p.87ss. H.A. Ironside, <em>A Historical sketch of the Brethren Movement<\/em>, p. 12.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>5.<\/strong> H.A. Ironside, op.cit., p.12.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>6.<\/strong> II y a quelques h\u00e9sitations sur la date pr\u00e9cise o\u00f9 le groupe commence \u00e0 prendre r\u00e9guli\u00e8rement la c\u00e8ne : F.Roy Coad, op.cit., p.28-29 propose 1828 (son ouvrage est le plus document\u00e9). Dans <em>The Principles of the open<\/em> <em>Brethren<\/em> (p.89), on propose la date de 1827 ; H.A. Ironside sugg\u00e8re que les r\u00e9unions sont devenues r\u00e9guli\u00e8res entre 1825 et 1827. (op.cit., p.11-12) ; et P. Perret, (Nos \u00e9glises dissidentes, p.22) propose 1825, date qui semble un peu \u00e9lev\u00e9e pour convenir, en regard des \u00e9v\u00e9nements mentionn\u00e9s dans les biographies de A.N. Groves.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>7.<\/strong> H.A. Ironside, op.cit. p.22.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>8.<\/strong> G. Nicole et R. Cuendet : <em>Darbysme et Assembl\u00e9es dissidentes<\/em>, p.l9ss.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>9.<\/strong> Harold H. Rowdon, op.cit., p.48. Cf aussi G. Nicole et R. Cuendet, op.cit., p.19-20.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong><br \/> <\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>10.<\/strong> H.H. Rowdon, op.cit., p.45.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>11. <\/strong>H.A. Ironside, op.cit., p.15.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>12. <\/strong><em>The Nature and Unity of the Church of Christ<\/em>. Cette brochure r\u00e9v\u00e8le d\u00e9j\u00e0 les pr\u00e9occupations de Darby bien avant qu&rsquo;il ne quitte sa charge de pr\u00eatre anglican.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>13.<\/strong> F.Roy Coad, op.cit., p 31.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>14. <\/strong>The Principles of the open Brethren (Glasgow : \u00e9dit\u00e9 par Pickering &amp; Inglis, sd), p.89.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>15.<\/strong> H.H. Rowdon, op.cit., p.62.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>16.<\/strong> C&rsquo;est de l\u00e0 que vint l&rsquo;appellation \u00ab\u00a0plymouthisme\u00a0\u00bb par laquelle on d\u00e9signa au XIX\u00e8me s. le mouvement des assembl\u00e9es, d\u00e9signation d&rsquo;ailleurs erron\u00e9e puisque le premier rassemblement eut lieu \u00e0 Gen\u00e8ve pour le continent et \u00e0 Dublin pour la Grande-Bretagne !. Le terme de \u00ab\u00a0plymouthisme\u00a0\u00bb d\u00e9signa aussi les communaut\u00e9s qui adh\u00e9r\u00e8rent aux convictions de Darby.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>17. <\/strong>Marc Luthi, L&rsquo;\u00e9volution des minist\u00e8res dans les Assembl\u00e9es Evang\u00e9liques de Suisse Romande issues du r\u00e9veil du XIXe si\u00e8cle, (Th\u00e8se de doctorat, Facult\u00e9 de Th\u00e9ologie de Strasbourg, 1992, Tirage limit\u00e9) p. 124.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Histoire des C.A.E.F. &nbsp; Histoire des C.A.E.F. (3) \u00a0 &nbsp; par Jean-Pierre BORY &nbsp; &nbsp; LES PREMIERES ASSEMBL\u00c9ES EN GRANDE-BRETAGNE &nbsp; C&rsquo;est en Irlande1 que na\u00eet au d\u00e9but du XIX\u00e8me si\u00e8cle \u00e0 la m\u00eame \u00e9poque qu&rsquo;en Suisse mais sans lien commun avec lui, un mouvement qui s&rsquo;appellera rapidement \u00ab\u00a0brethren2\u00a0\u00bb, fr\u00e8res, et qui enverra des missionnaires [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[3,10],"tags":[],"class_list":["post-58","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-caef","category-histoire-de-leglise"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.servir.caef.net\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/58","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.servir.caef.net\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.servir.caef.net\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.servir.caef.net\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.servir.caef.net\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=58"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.servir.caef.net\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/58\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.servir.caef.net\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=58"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.servir.caef.net\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=58"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.servir.caef.net\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=58"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}