{"id":5938,"date":"2001-01-11T10:31:16","date_gmt":"2001-01-11T10:31:16","guid":{"rendered":"\/?p=5938"},"modified":"2015-03-30T13:40:40","modified_gmt":"2015-03-30T13:40:40","slug":"traductions-bibliques-ou-le-dilemme-des-traducteurs","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.servir.caef.net\/?p=5938","title":{"rendered":"Traductions bibliques ou le dilemme des traducteurs"},"content":{"rendered":"<h1 style=\"text-align: center;\">Traductions bibliques ou le dilemme des traducteurs<\/h1>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<a href=\"\/wp-content\/uploads\/2009\/11\/rouleau.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-722\" alt=\"rouleau\" src=\"\/wp-content\/uploads\/2009\/11\/rouleau.jpg\" width=\"293\" height=\"215\" \/><\/a><a href=\"\/wp-content\/uploads\/2010\/03\/bible1.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\" wp-image-6910 alignright\" alt=\"bible1\" src=\"\/wp-content\/uploads\/2010\/03\/bible1.jpg\" width=\"359\" height=\"186\" srcset=\"https:\/\/www.servir.caef.net\/wp-content\/uploads\/2010\/03\/bible1.jpg 598w, https:\/\/www.servir.caef.net\/wp-content\/uploads\/2010\/03\/bible1-300x155.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 359px) 100vw, 359px\" \/><\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 16px;\"><strong>Par <span style=\"color: #b22222;\">Alfred KUEN<\/span><br \/> <\/strong><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<h2>DES METHODES<\/h2>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<h3>La Septante<\/h3>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L&rsquo;histoire de la traduction biblique commence avec la traduction de l&rsquo;Ancien Testament de l&rsquo;h\u00e9breu en grec. Elle a \u00e9t\u00e9 achev\u00e9e au milieu du 2\u00e8me si\u00e8cle av. J.-C. \u00e0 Alexandrie en \u00c9gypte o\u00f9 vivaient de nombreux juifs parlant le grec. C&rsquo;\u00e9tait m\u00eame une premi\u00e8re mondiale, la premi\u00e8re traduction d&rsquo;un livre dans une autre langue : c&rsquo;est la c\u00e9l\u00e8bre version dite <em>\u00ab\u00a0la Septante\u00a0\u00bb<\/em> (d&rsquo;apr\u00e8s la l\u00e9gende qui l&rsquo;attribue \u00e0 72 savants qui l&rsquo;auraient faite en 72 jours). C&rsquo;est d&rsquo;apr\u00e8s elle que les auteurs du Nouveau Testament citent g\u00e9n\u00e9ralement les textes de l&rsquo;Ancien Testament.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<!--more--><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"\/wp-content\/uploads\/2001\/pdf2001\/2001_01_16_traductionsbibliques.pdf\" target=\"_blank\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" title=\"iconePDF\" alt=\"\" src=\"\/wp-content\/uploads\/2011\/01\/iconePDF.jpg\" width=\"81\" height=\"76\" align=\"right\" hspace=\"8\" vspace=\"8\" \/><\/a>Les traducteurs de la Septante avaient le souci de faire comprendre le texte \u00e0 des lecteurs auxquels la fa\u00e7on h\u00e9bra\u00efque de s&rsquo;exprimer n&rsquo;\u00e9tait pas famili\u00e8re. Ainsi ils traduisent <span style=\"background-color: #add8e6;\"><em>\u00ab\u00a0le bouclier de ton aide\u00a0\u00bb (Dt 33.29)<\/em><\/span> par <em>\u00ab\u00a0Celui qui t&rsquo;aide, te prot\u00e8ge d&rsquo;un bouclier\u00a0\u00bb<\/em> ; <span style=\"background-color: #add8e6;\"><em>\u00ab\u00a0le chemin de Basan\u00a0\u00bb<\/em><\/span> devient <em>\u00ab\u00a0le chemin vers Basan\u00a0\u00bb<\/em>, <span style=\"background-color: #add8e6;\"><em>\u00abun coffre d&rsquo;acacia\u00bb<\/em><\/span> est traduit par <em>\u00ab\u00a0un coffre en bois imputrescible\u00a0\u00bb<\/em>. Ils ont donc appliqu\u00e9 les principes d&rsquo;un premier type de traduction appel\u00e9 aujourd&rsquo;hui : traduction \u00e0 \u00e9quivalence fonctionnelle ou dynamique<sub><strong>1<\/strong><\/sub>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<h3>La version d&rsquo;Aquila<\/h3>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Comme les chr\u00e9tiens utilisaient r\u00e9guli\u00e8rement <em>la Septante<\/em> pour prouver aux juifs que, d&rsquo;apr\u00e8s leur Bible elle-m\u00eame, J\u00e9sus \u00e9tait le Messie attendu, les juifs l&rsquo;ont abandonn\u00e9e et se sont tourn\u00e9s vers d&rsquo;autres traductions. Celle qui a eu le plus de faveur \u00e9tait la version <em>d&rsquo;Aquila,<\/em> une traduction qui se situait aux antipodes de la Septante : les m\u00eames mots h\u00e9breux \u00e9taient toujours rendus par les m\u00eames mots grecs, le grec suivait le m\u00eame ordre des mots que la phrase h\u00e9bra\u00efque &#8211; ce qui donnait un mauvais grec, des phrases incompr\u00e9hensibles et souvent, des contresens. Mais les rabbins l&rsquo;estimaient beaucoup car, sous le grec, ils pouvaient retrouver les mots h\u00e9breux et la phrase h\u00e9bra\u00efque. C&rsquo;est le deuxi\u00e8me type de traduction biblique appel\u00e9 aujourd&rsquo;hui : <em>traduction \u00e0 \u00e9quivalence formelle. <\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>Toutes les traductions faites par la suite se rapprochaient de l&rsquo;un ou de l&rsquo;autre type en privil\u00e9giant soit le sens des mots et des phrases, soit une transposition litt\u00e9rale des mots eux-m\u00eames et une reproduction servile de la structure grammaticale de l&rsquo;original. <br \/> <\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<h3>Un choix n\u00e9cessaire<\/h3>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans le premier cas, le traducteur se demande d&rsquo;abord : \u00ab\u00a0Qu&rsquo;a voulu dire l&rsquo;auteur inspir\u00e9 ?\u00a0\u00bb Puis : \u00ab\u00a0Comment puis-je faire comprendre cette pens\u00e9e \u00e0 mes lecteurs d&rsquo;Alexandrie, de Rome ou de Paris ?\u00a0\u00bb Dans le deuxi\u00e8me cas, il se demande : Comment ai-je traduit ce mot h\u00e9breu ou grec la derni\u00e8re fois que je l&rsquo;ai trouv\u00e9 ? Et il le traduit de la m\u00eame fa\u00e7on. Ainsi le mot h\u00e9breu <em>y\u00e2m<\/em> signifie <em>la mer<\/em>. Chaque fois qu&rsquo;il appara\u00eet dans le texte h\u00e9breu, on le traduira donc par <em>mer<\/em>. Dans la Bible Segond, qui a suivi en grande partie ce deuxi\u00e8me principe, il est donc question de la <em>mer<\/em> de Galil\u00e9e et de la mer d&rsquo;airain. Pourquoi ? Parce que le mot <em>y\u00e2m<\/em> d\u00e9signe aussi un <em>lac<\/em> ou une <em>grande cuve<\/em>. Les traductions du premier type parlent du <em>lac <\/em>de Galil\u00e9e et de <em>la cuve<\/em> de bronze.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans toutes les langues, beaucoup de mots couvrent un certain nombre de sens : <em>la table <\/em>des lois ou <em>la table <\/em>de multiplication n&rsquo;a que peu de points communs avec <em>une<\/em> <em>table <\/em>en ch\u00eane ; selon le contexte une \u00ab\u00a0<em>table<\/em> ronde\u00a0\u00bb d\u00e9signe un meuble ou une forme de r\u00e9union. Si l&rsquo;on veut que notre traduction de ce mot soit comprise dans une autre langue, il nous faut donc tenir compte du contexte qui en pr\u00e9cise le sens.<\/p>\n<h3>\u00a0<\/h3>\n<h3>Faire comprendre<\/h3>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les grands traducteurs du pass\u00e9 ont toujours tenu compte de ces principes. <em>Une traduction mot \u00e0 mot cache le sens qu&rsquo;elle pr\u00e9tend faire passer d&rsquo;une langue dans une autre. <\/em>Il faut d&rsquo;abord s&rsquo;efforcer de comprendre avant de traduire, \u00ab\u00a0car on ne peut traduire que ce qu&rsquo;on a compris\u00a0\u00bb. Il faut ensuite se servir de la langue d&rsquo;arriv\u00e9e pour rendre ce sens de la mani\u00e8re la plus appropri\u00e9e, quitte \u00e0 changer la structure de la phrase. C&rsquo;est ce qu&rsquo;a tent\u00e9 de faire JEROME en traduisant la Bible en latin au 4e si\u00e8cle : sa traduction est devenue la version officielle de l&rsquo;Eglise catholique sous le nom de <em>Vulgate<\/em>. C&rsquo;est sur cette traduction, la Vulgate, que jusqu&rsquo;au 20e si\u00e8cle, toutes les traductions catholiques de la Bible ont \u00e9t\u00e9 faites.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<h3>Luther<\/h3>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La version de LUTHER qui a jou\u00e9 un si grand r\u00f4le dans la R\u00e9forme du 16\u00e8me si\u00e8cle a suivi les m\u00eames principes. \u00ab\u00a0Celui qui veut parler allemand, disait-il, ne doit pas se conformer \u00e0 la mani\u00e8re h\u00e9bra\u00efque d&rsquo;ordonner les mots, mais il doit veiller \u00e0 comprendre le sens de ce que l&rsquo;h\u00e9breu a voulu dire. Puis il doit se demander : Mon cher, comment un Allemand exprime-t-il cela dans ce cas ? S&rsquo;il a trouv\u00e9 les mots allemands utiles, qu&rsquo;il laisse tomber les mots h\u00e9breux et exprime librement le sens dans le meilleur allemand possible. Il faut demander \u00e0 la m\u00e8re au foyer, aux enfants dans la rue, \u00e0 l&rsquo;homme au march\u00e9, et leur regarder sur la bouche comment ils parlent, et traduire ensuite. De cette mani\u00e8re, ils comprennent et remarquent que l&rsquo;on parle allemand avec eux\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les traducteurs de la <em>King James Version<\/em> (1611) ont aussi renonc\u00e9 au principe de la version \u00ab\u00a0concordante\u00a0\u00bb (qui traduit toujours le m\u00eame mot original par le m\u00eame mot de la langue d&rsquo;arriv\u00e9e) \u00ab\u00a0car, disaient-ils dans la Pr\u00e9face, ils y a des mots dans l&rsquo;original qui n&rsquo;ont pas le m\u00eame sens partout\u00a0\u00bb. Etienne DOLET, l&rsquo;un des traducteurs-imprimeurs de la Bible fran\u00e7aise du temps de la R\u00e9forme, disait que la traduction mot \u00e0 mot \u00ab\u00a0d\u00e9truit la signification de l&rsquo;original et ruine la beaut\u00e9 de l&rsquo;expression\u00a0\u00bb. LEMAISTRE DE SACY, l&rsquo;auteur d&rsquo;une traduction catholique de la Bible qui a eu un grand succ\u00e8s (1666, et qui a m\u00eame \u00e9t\u00e9 r\u00e9imprim\u00e9e r\u00e9cemment) disait : \u00ab\u00a0J&rsquo;ai voulu donner une version claire\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<h3>Evolution acad\u00e9mique<\/h3>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Par la suite, dans les \u00e9coles, les professeurs de latin-grec demandaient \u00e0 leurs \u00e9l\u00e8ves des traductions aussi litt\u00e9rales que possibles des textes anciens. Une version \u00e9tait bonne lorsqu&rsquo;on la retraduisant dans l&rsquo;original, on pouvait le retrouver tel quel. Les traducteurs de la Bible se sont conform\u00e9s \u00e0 ce principe. Ils jugeaient de la \u00ab\u00a0fid\u00e9lit\u00e9\u00a0\u00bb d&rsquo;une traduction par la conformit\u00e9 \u00e0 l&rsquo;h\u00e9breu et au grec (qu&rsquo;ils connaissaient) : plus une traduction \u00e9tait \u00ab\u00a0litt\u00e9rale\u00a0\u00bb, plus elle \u00e9tait r\u00e9put\u00e9e \u00ab\u00a0fid\u00e8le\u00a0\u00bb. On peut citer pour exemple les versions de Lausanne, de DARBY et de CHOURAQUI au fran\u00e7ais rugueux qu&rsquo;il en devient souvent incompr\u00e9hensible.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<h2>Fiabilit\u00e9 des traductions<\/h2>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Presque toutes les traductions de la Bible sont \u00ab\u00a0fiables\u00a0\u00bb &#8211; selon le principe que leurs auteurs se sont fix\u00e9. Une voiture est fiable si l&rsquo;on peut avoir confiance en elle : ses freins ne l\u00e2cheront pas, sa direction ne d\u00e9viera pas. Une traduction <em>\u00e0 \u00e9quivalence formelle<\/em> est fiable dans le sens qu&rsquo;elle se calque le plus fid\u00e8lement possible sur l&rsquo;original. On peut donc se fier au fait qu&rsquo;elle rendra le m\u00eame mot h\u00e9breu ou grec par le m\u00eame mot fran\u00e7ais, que la phrase fran\u00e7aise suivra la m\u00eame structure que la phrase de l&rsquo;original. Les versions <em>Darby <\/em>ou <em>Chouraqui<\/em> sont fiables dans ce sens. Les autres <em>(Segond, Colombe, T.O.B&#8230;)<\/em> ont plus ou moins suivi le m\u00eame principe en s&rsquo;effor\u00e7ant toutefois de donner un sens \u00e0 peu pr\u00e8s compr\u00e9hensible. <br \/> Une traduction \u00e0 \u00e9quivalence fonctionnelle ou dynamique est fiable parce qu&rsquo;elle transmet <em>le sens<\/em> que l&rsquo;auteur inspir\u00e9 a voulu donner \u00e0 son texte (ou du moins le sens que les traducteurs ont compris, si deux sens sont possibles, l&rsquo;un est dans le texte, l&rsquo;autre en note).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<h3>Que choisir ?<\/h3>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Tout d\u00e9pend donc de ce que je recherche : savoir quels sont les mots et la structure de l&rsquo;original ou comprendre son sens. Dans la vie courante, c&rsquo;est cette deuxi\u00e8me option qui m&rsquo;int\u00e9resse. Je suis sur le quai d&rsquo;une gare en Allemagne. Le haut-parleur annonce : <em>\u00ab\u00a0Planm\u00e4ssige Abfahrt halb f\u00fcnf\u00a0\u00bb.<\/em> Je demande \u00e0 un ami qui sait l&rsquo;allemand de me traduire l&rsquo;annonce. F\u00e9ru d&rsquo;\u00e9quivalence formelle, il me traduit : \u00ab\u00a0Planifi\u00e9 d\u00e9part demi cinq\u00a0\u00bb. Il y a quatre mots dans la traduction comme dans l&rsquo;original, ils sont dans le m\u00eame ordre et ont \u00e0 peu pr\u00e8s le m\u00eame sens &#8211; mais je n&rsquo;ai rien compris. Alors il me fait une traduction \u00e0 \u00e9quivalence \u00ab\u00a0fonctionnelle\u00a0\u00bb : \u00ab\u00a0Le d\u00e9part du train aura lieu selon l&rsquo;horaire \u00e0 quatre heure et demi\u00a0\u00bb. Comment, quatorze mots pour en traduire quatre ? Cela ne peut pas \u00eatre fiable, \u00ab\u00a0fid\u00e8le\u00a0\u00bb ! Mais cette fois-ci j&rsquo;ai compris.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<h3>La langue fran\u00e7aise a \u00e9volu\u00e9<\/h3>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ainsi, pour le sens, les traductions litt\u00e9rales ne sont pas toujours fiables : le sens des mots n&rsquo;est pas le sens courant en fran\u00e7ais (que donne le dictionnaire) : dans <span style=\"background-color: #add8e6;\"><em>2 Pi 1.1<\/em><\/span>, la version <em>Segond<\/em> emploie six mots sur sept dans un sens fran\u00e7ais diff\u00e9rent de celui qu&rsquo;avait le mot grec pour son auteur : <em>vertu, science, temp\u00e9rance, patience, pi\u00e9t\u00e9 et charit\u00e9.<\/em> Les noms <em>sainte, justice, parfaits, docteur, myst\u00e8re, c\u0153ur, \u00e9v\u00eaque<\/em> ont tous acquis en fran\u00e7ais un sens diff\u00e9rent de celui qu&rsquo;ils avaient dans l&rsquo;esprit des auteurs inspir\u00e9s. Le mot <em>chair<\/em> a sept sens diff\u00e9rents dans l&rsquo;original, mais est toujours rendu par le m\u00eame mot en fran\u00e7ais.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<h3>Structures originales difficilement traduisibles<\/h3>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La structure g\u00e9nitive reliant deux noms par <em>de<\/em> couvre des r\u00e9alit\u00e9s diff\u00e9rentes : Ainsi \u00ab\u00a0l&rsquo;amour de Dieu\u00a0\u00bb peut \u00eatre celui qu&rsquo;il nous porte ou bien notre amour pour lui ; la traduction devrait choisir entre les deux sens (ou indiquer les deux) ; l&rsquo;expression : \u00ab\u00a0les saintes lettres qui peuvent te rendre sage \u00e0 salut par la foi en J\u00e9sus-Christ\u00a0\u00bb est incompr\u00e9hensible pour le Fran\u00e7ais moyen. <em>La Bible du Semeur <\/em>la traduit ainsi : \u00ab\u00a0les Saintes Ecritures peuvent te donner la vraie sagesse, qui conduit au salut par la foi en J\u00e9sus-Christ\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Beaucoup de mots (sanctification, propitiation, justification&#8230;) ne sont plus compris aujourd&rsquo;hui &#8211; ou sont compris dans un autre sens (repentance, confesser ses p\u00e9ch\u00e9s). L&rsquo;\u00e9tude des documents rabbiniques de l&rsquo;\u00e9poque et des papyrus a permis de pr\u00e9ciser le sens de certains versets difficiles : \u00ab\u00a0se faire baptiser pour les morts\u00a0\u00bb \u00e9tait en fait : \u00ab\u00a0se faire baptiser au risque de mourir\u00a0\u00bb (comme c&rsquo;est le cas dans certains pays musulmans aujourd&rsquo;hui) ; \u00ab\u00a0vos enfants sont saints\u00a0\u00bb devient : \u00ab\u00a0ce sont des enfants l\u00e9gitimes\u00a0\u00bb ; il ne s&rsquo;agit pas de \u00ab\u00a0craindre l&rsquo;Eternel\u00a0\u00bb mais de le \u00ab\u00a0r\u00e9v\u00e9rer\u00a0\u00bb ; \u00ab\u00a0louer l&rsquo;Eternel pour ce qu&rsquo;il est\u00a0\u00bb est plus parlant que \u00ab\u00a0louer le nom de l&rsquo;Eternel\u00a0\u00bb (en h\u00e9breu, <em>le nom<\/em> signifie la personnalit\u00e9 et la nature de quelqu&rsquo;un).<\/p>\n<h3>\u00a0<\/h3>\n<h3>Conclusion : choisir !<\/h3>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ainsi, si je veux comprendre le message de Dieu &#8211; ou le faire comprendre \u00e0 quelqu&rsquo;un qui n&rsquo;a pas l&rsquo;habitude de lire la Bible, je choisirai une version bas\u00e9e sur le sens (Bible en fran\u00e7ais courant, Bible du Semeur, et la Bible en fran\u00e7ais fondamental pour les enfants ou des gens qui ne comprennent que peu le fran\u00e7ais). Si je veux faire une \u00e9tude biblique approfondie et savoir quels mots emploie l&rsquo;original, je prendrai une version \u00ab\u00a0litt\u00e9rale\u00a0\u00bb <em>(Colombe, Segond, Darby, Chouraqui)<\/em>. Il nous faut choisir, car il n&rsquo;existe pas de Bible \u00ab\u00a0fiable\u00a0\u00bb dans les deux sens du mot.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">A.K.<\/p>\n<p>\u00a0<a href=\"\/wp-content\/uploads\/2012\/11\/bibliographie.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-7948 aligncenter\" alt=\"bibliographie\" src=\"\/wp-content\/uploads\/2012\/11\/bibliographie.jpg\" width=\"642\" height=\"114\" srcset=\"https:\/\/www.servir.caef.net\/wp-content\/uploads\/2012\/11\/bibliographie.jpg 642w, https:\/\/www.servir.caef.net\/wp-content\/uploads\/2012\/11\/bibliographie-300x53.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 642px) 100vw, 642px\" \/><\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Henri Blocher et F.Lovsky : <em>Bible et histoire<\/em> (Ed. P.B.U., 1980), 57p.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Louis Gaussen : <em>Pleine inspiration des Saintes Ecritures<\/em> (Ed.Emma\u00fcs). Ecrit en 1842, r\u00e9\u00e9dit\u00e9 en 1985.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Kenneth A.Kitchen : <em>Traces d&rsquo;un monde, Bible et arch\u00e9ologie<\/em> (presses Bibliques universitaires, 1980), 222p.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Alfred Kuen : <em>Comment interpr\u00e9ter la Bible<\/em> (Edit.Emma\u00fcs, 1991), 322p.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Alfred Kuen : <em>Une Bible et tant de versions<\/em> (Ed.Emma\u00fcs, 1986), 206p.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Andr\u00e9 Lamorte : <em>Les d\u00e9couvertes arch\u00e9ologiques de la mer morte<\/em> (Ed.Radio R\u00e9veil), 53p.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">John Mac Arthur : <em>La passion du Livre<\/em> (Editeurs de litt\u00e9rature biblique, 2000).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ren\u00e9 Pache : <em>L&rsquo;inspiration et l&rsquo;autorit\u00e9 de la Bible<\/em> (Ed.Emma\u00fcs)\u00a0, 299p.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Robert Sheehan :<em> La Bible, ce qu&rsquo;elle est, ce qu&rsquo;elle dit <\/em>(Ed.Vida, 1990).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Stuart et Fee : <em>Un nouveau regard sur la Bible<\/em> (Ed. Vida, 1990).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pierre Wheeler : <em>La Bible, ce livre extraordinaire<\/em> (Ed.Litt.Biblique, 1984). 48p.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Collectif : <em>La Bible d\u00e9chiffr\u00e9e<\/em> (Ed. Ligue pour la lecture de la bible, 1983), 680p.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Vid\u00e9o : <em>Sur les pistes de la m\u00e9moire<\/em> (publi\u00e9e par la Soci\u00e9t\u00e9 Biblique Britannique et \u00e9trang\u00e8re), original en anglais produit en 1987 sous le titre\u00a0: <em>Messages from the Memorybanks. <\/em><\/p>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">NOTE<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>1.<\/strong> : Signalons encore qu&rsquo;ils ont ajout\u00e9 aux livres du canon h\u00e9breu, des livres r\u00e9cents, \u00e9crits en grec (Maccab\u00e9es, Sirach, Tobie) qui figurent dans les Bibles catholiques sous le nom de \u00ab\u00a0deut\u00e9rocanoniques\u00a0\u00bb ( = 2e canon).<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Traductions bibliques ou le dilemme des traducteurs &nbsp; \u00a0 Par Alfred KUEN \u00a0 \u00a0 DES METHODES \u00a0 \u00a0 La Septante \u00a0 \u00a0 L&rsquo;histoire de la traduction biblique commence avec la traduction de l&rsquo;Ancien Testament de l&rsquo;h\u00e9breu en grec. Elle a \u00e9t\u00e9 achev\u00e9e au milieu du 2\u00e8me si\u00e8cle av. J.-C. \u00e0 Alexandrie en \u00c9gypte o\u00f9 vivaient [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":72,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[26,30],"tags":[],"class_list":["post-5938","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-la-bible","category-notes-de-lecture"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.servir.caef.net\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/5938","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.servir.caef.net\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.servir.caef.net\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.servir.caef.net\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/72"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.servir.caef.net\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=5938"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.servir.caef.net\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/5938\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.servir.caef.net\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=5938"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.servir.caef.net\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=5938"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.servir.caef.net\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=5938"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}