{"id":6614,"date":"1995-03-23T20:01:11","date_gmt":"1995-03-23T20:01:11","guid":{"rendered":"\/?p=6614"},"modified":"2016-05-07T10:49:04","modified_gmt":"2016-05-07T10:49:04","slug":"lettre-a-leglise-de-laodicee","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.servir.caef.net\/?p=6614","title":{"rendered":"Lettre \u00e0 l&rsquo;\u00e9glise de Laodic\u00e9e"},"content":{"rendered":"<h1 style=\"text-align: center;\">Lettre \u00e0 l&rsquo;\u00e9glise de Laodic\u00e9e<\/h1>\n<p>\u00a0<a href=\"\/wp-content\/uploads\/2012\/01\/the-bible.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-7317 aligncenter\" src=\"\/wp-content\/uploads\/2012\/01\/the-bible.jpg\" alt=\"the-bible\" width=\"432\" height=\"239\" srcset=\"https:\/\/www.servir.caef.net\/wp-content\/uploads\/2012\/01\/the-bible.jpg 617w, https:\/\/www.servir.caef.net\/wp-content\/uploads\/2012\/01\/the-bible-300x165.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 432px) 100vw, 432px\" \/><\/a><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><span style=\"font-size: 16px;\"><strong>par <span style=\"color: #b22222;\">Alfred KUEN<\/span><\/strong><\/span><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: right;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">A 65 km au sud-est de Philadelphie, le messager trouvait la derni\u00e8re ville du circuit : Laodic\u00e9e, perch\u00e9e sur un contre-fort rocheux dans un paysage montagneux. Elle faisait partie du groupe des trois villes de la vall\u00e9e du Lycus avec Colosses \u00e0 une dizaine de kilom\u00e8tres \u00e0 l&rsquo;est et Hi\u00e9rapolis \u00e0 six kilom\u00e8tres au nord, de l&rsquo;autre c\u00f4t\u00e9 de la vall\u00e9e. Laodic\u00e9e \u00e9tait une ville relativement r\u00e9cente : elle avait \u00e9t\u00e9 fond\u00e9e en 250 av. J.-C. par le roi S\u00e9leucide Antiochus II (261-264 av. J.-C.) sur l&#8217;emplacement de l&rsquo;ancienne Diospolis. Il lui donna le nom de sa femme Laodic\u00e9e (dont il divor\u00e7a peu de temps apr\u00e8s).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La situation de la ville \u00e9tait particuli\u00e8rement favorable : pr\u00e8s du d\u00e9bouch\u00e9 de la vall\u00e9e du Lycus dans celle du M\u00e9andre, \u00e0 la porte de la Phrygie, elle commandait trois grandes routes commerciales qui se dirigeaient vers la c\u00f4te, (par Attal\u00e9ia et Perga \u00e0 Eph\u00e8se), vers le nord-ouest, (Philadelphie, Sardes) et vers l&rsquo;int\u00e9rieur des terres (Doryl\u00e9e et la Phrygie et au-del\u00e0 jusqu&rsquo;au Fleuve jaune, au Punjab et \u00e0 la mer de Chine). \u00ab La position de Laodic\u00e9e faisait d&rsquo;elle l&rsquo;un des centres commerciaux les plus riches de l&rsquo;antiquit\u00e9 \u00bb (W. Barclay).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><!--more--><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"\/wp-content\/uploads\/1995\/pdf1995\/1995_02_06_lettrealaodicee.pdf\" target=\"_blank\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" title=\"iconePDF\" src=\"\/wp-content\/uploads\/2011\/01\/iconePDF.jpg\" alt=\"\" width=\"81\" height=\"76\" align=\"right\" hspace=\"8\" vspace=\"8\" \/><\/a>Les colonies fond\u00e9es par les rois s\u00e9leucides \u00e9taient destin\u00e9es \u00e0 consolider leur empire et \u00e0 retendre. Antiochus II peupla Laodic\u00e9e de Syriens ; ils constitu\u00e8rent encore au 1er si\u00e8cle la majorit\u00e9 de sa population. Les religions des Laodiciens refl\u00e9taient la vari\u00e9t\u00e9 de leurs origines : on y trouvait des cultes orientaux, grecs et romains. En effet, depuis 133 av. J.-C.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Laodic\u00e9e faisait partie de l&#8217;empire romain. Elle devint le si\u00e8ge de la cour d&rsquo;assises et recevait p\u00e9riodiquement la visite du gouverneur romain pour exercer la justice. Autant du point de vue strat\u00e9gique que commercial et administratif, Laodic\u00e9e \u00e9tait donc une ville importante.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Elle comptait aussi une colonie juive nombreuse. Les S\u00e9leucides avaient l&rsquo;habitude d&rsquo;offrir gratuitement la citoyennet\u00e9 de leurs colonies aux Juifs qui venaient s&rsquo;y \u00e9tablir, car ils avaient reconnu que c&rsquo;\u00e9taient des citoyens tr\u00e8s utiles au d\u00e9veloppement commercial et financier de la cit\u00e9. Un incident nous permet d&rsquo;\u00e9valuer le nombre des Juifs \u00e9tablis \u00e0 Laodic\u00e9e. Tous les Juifs de toute la Diaspora envoyaient chaque ann\u00e9e leur didrachme a J\u00e9rusalem pour l&rsquo;entretien du Temple. Mais en l&rsquo;an 62 av. J.-C., le gouverneur de l&rsquo;Asie, Flaccus, interdit d&rsquo;exporter de l&rsquo;argent de la province.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les Juifs de Laodic\u00e9e d\u00e9cid\u00e8rent de passer outre \u00e0 l&rsquo;interdiction de Flaccus et d&rsquo;envoyer leur contribution comme d&rsquo;habitude \u00e0 J\u00e9rusalem. Malheureusement, les fonctionnaires romains intercept\u00e8rent l&rsquo;envoi : vingt talents d&rsquo;or, ce qui correspondait \u00e0 15 000 drachmes. Comme chaque Juif adulte devait payer annuellement deux drachmes, cette somme provenait donc de 7 500 hommes auxquels il faut ajouter les femmes et les enfants. Laodic\u00e9e comptait par cons\u00e9quent une population juive de quelque 20 \u00e0 30 000 personnes.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les Juifs \u00e9taient, de plus, tr\u00e8s influents dans la cit\u00e9. Jos\u00e8phe raconte (Ant. 14. 10.20) qu&rsquo;ils ont pu amener le gouverneur de la province et le consul romain \u00e0 imposer aux autorit\u00e9s locales qu&rsquo;elles leur accordent le droit de respecter leurs coutumes (observation du sabbat et des anciens rites) contre les protestations de la population. Ils furent si nombreux dans cette r\u00e9gion que les Juifs de J\u00e9rusalem se plaignaient que trop de leurs compatriotes oubliaient la Terre sainte \u00ab\u00a0pour le luxe et les bains de la Phrygie\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L&rsquo;Eglise de Laodic\u00e9e comprenait certainement un bon nombre d&rsquo;anciens Juifs car cette lettre contient plus d&rsquo;\u00e9l\u00e9ments tir\u00e9s de l&rsquo;A.T. que les autres. L&rsquo;Eglise fut fond\u00e9e, comme celles d&rsquo;Hi\u00e9rapolis et de Colosses, par Epaphras qui s&rsquo;\u00e9tait converti \u00e0 Eph\u00e8se aupr\u00e8s de l&rsquo;ap\u00f4tre Paul <span style=\"background-color: #add8e6;\"><em>(Col 1.6-7)<\/em><\/span>. D&rsquo;apr\u00e8s <span style=\"background-color: #add8e6;\"><em>Col 2.1<\/em><\/span>, Paul lui-m\u00eame n&rsquo;avait pas encore visit\u00e9 ces Eglises de la vall\u00e9e du Lycus, mais <span style=\"background-color: #add8e6;\"><em>Phm 22<\/em><\/span> nous apprend qu&rsquo;il envisageait de se rendre \u00e0 Colosses si son proc\u00e8s se terminait par sa lib\u00e9ration, Selon la tradition, il y aurait effectivement pass\u00e9 et il aurait r\u00e9dig\u00e9 <span style=\"background-color: #add8e6;\"><em>1 Timoth\u00e9e<\/em><\/span> \u00e0 Laodic\u00e9e. Dans <span style=\"background-color: #add8e6;\"><em>Col 4.16<\/em><\/span>, l&rsquo;ap\u00f4tre mentionne une lettre qui devait parvenir aux Colossiens depuis Laodic\u00e9e. Selon toute probabilit\u00e9, il s&rsquo;agissait de <span style=\"background-color: #add8e6;\"><em>l&rsquo;\u00e9p\u00eetre aux Eph\u00e9siens<\/em><\/span> qui \u00e9tait, en fait, une circulaire adress\u00e9e aux diff\u00e9rentes Eglises de l&rsquo;Asie (voir A. Kuen : <em>Les lettres de Paul<\/em>, pp. 204-209). Lightfoot a suppos\u00e9 d&rsquo;apr\u00e8s <span style=\"background-color: #add8e6;\"><em>Col 4.17<\/em><\/span> qu&rsquo;Archippe, sans doute le fils de Phil\u00e9mon, exer\u00e7ait son minist\u00e8re dans l&rsquo;Eglise de Laodic\u00e9e.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">De toute mani\u00e8re, ces trois villes \u00e9taient si proches que les personnes et les id\u00e9es devaient circuler facilement entre elles. Elles \u00e9taient aussi menac\u00e9es toutes trois par \u00ab\u00a0l&rsquo;h\u00e9r\u00e9sie colossienne\u00a0\u00bb comprenant des \u00e9l\u00e9ments juifs et des \u00e9l\u00e9ments philosophiques grecs (voir<em> Les lettres de Paul<\/em>, p. 279-284). P. Prigent trouve dans la lettre de Jean adress\u00e9e \u00e0 Laodic\u00e9e des r\u00e9ponses \u00e0 l&rsquo;offensive gnostique dont ces trois Eglises avaient \u00e9t\u00e9 l&rsquo;objet : Christ se pr\u00e9sente comme l&rsquo;<span style=\"background-color: #add8e6;\"><em>Amen (cf. Es 65.16<\/em><\/span>), le <span style=\"background-color: #add8e6;\"><em>T\u00e9moin fid\u00e8le et v\u00e9ritable (cf. Ap 1.5 ; 3.7)<\/em><\/span> et le Principe de la cr\u00e9ation de Dieu. Cette derni\u00e8re expression se r\u00e9f\u00e8re \u00e0 <span style=\"background-color: #add8e6;\"><em>Pr 8.22-23<\/em><\/span> (cf. <em>Sagesse<\/em> 6.22 ; <em>Siracide<\/em> 24.9), des textes particuli\u00e8rement pris\u00e9s par les jud\u00e9o-chr\u00e9tiens influenc\u00e9s par les gnostiques.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">A leurs sp\u00e9culations, l&rsquo;ap\u00f4tre Paul avait d\u00e9j\u00e0 oppos\u00e9 la pr\u00e9sentation de Christ en qui toutes choses ont \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9es. Jean fait de m\u00eame : celui qui parle dans cette lettre c&rsquo;est l&rsquo;<em>arch\u00e8<\/em>, le Christ \u00e9ternel, \u00ab\u00a0celui qui a pr\u00e9sid\u00e9 \u00e0 toute la cr\u00e9ation de Dieu\u00a0\u00bb (BS) et en a \u00e9t\u00e9 le mod\u00e8le parfait. Cette lettre est la seule des sept \u00e0 offrir des parall\u00e8les avec la situation locale. Le Pr All\u00f4 dit que \u00ab\u00a0les allusions aux circonstances locales sont plus directes et plus transparentes que nulle part ailleurs\u00a0\u00bb<sub><strong>1<\/strong><\/sub>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le premier reproche que le Seigneur fait \u00e0 l&rsquo;Eglise est qu&rsquo;elle est <span style=\"background-color: #add8e6;\"><em>ti\u00e8de : ni froide ni bouillante<\/em><\/span>. On a fait le rapprochement de cette mention de la ti\u00e9deur avec la condition des eaux potables de Laodic\u00e9e. Celles de Colosses \u00e9taient froides, celles d&rsquo;Hi\u00e9rapolis bouillantes et celles de Laodic\u00e9e ti\u00e8des.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La ville occupait, comme on l&rsquo;a vu, une situation strat\u00e9gique exceptionnelle, commandant l&rsquo;acc\u00e8s \u00e0 la Phrygie. Elle aurait pu jouer un r\u00f4le de premier plan dans la d\u00e9fense du pays, comme Thyatire, si un point faible ne l&rsquo;en avait emp\u00each\u00e9e. Sa faiblesse provenait de son approvisionnement en eau potable sans lequel aucune ville ne pouvait soutenir un si\u00e8ge. En effet, il n&rsquo;y avait aucune source dans la ville ni dans ses environs imm\u00e9diats. Elle devait faire venir l&rsquo;eau de 10 km par un aqueduc impossible \u00e0 cacher. Or, si l&rsquo;aqueduc \u00e9tait coup\u00e9, la ville devait se rendre.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ne se sentant jamais tout \u00e0 fait en s\u00e9curit\u00e9, les Laodiciens s&#8217;employ\u00e8rent \u00e0 rester en bonnes relations avec tout le monde, ce qui d\u00e9veloppa en eux un caract\u00e8re accommodant et un esprit tol\u00e9rant envers tout et tous : <span style=\"background-color: #add8e6;\"><em>\u00ab\u00a0ni froid ni bouillant\u00a0\u00bb<\/em><\/span>, \u00ab\u00a0ni pour ni contre, bien au contraire\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L&rsquo;aqueduc, dont quelques parties subsistent encore<strong><sub>2<\/sub><\/strong>, amenait l&rsquo;eau des sources chaudes de Hi\u00e9rapolis o\u00f9 elle sortait du sol \u00e0 95\u00b0. Encore aujourd&rsquo;hui, les habitants d&rsquo;Ezirli, pr\u00e8s d&rsquo;Hi\u00e9rapolis, sont oblig\u00e9s de laisser l&rsquo;eau refroidir quelque temps dans des jarres avant qu&rsquo;elle soit potable.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans l&rsquo;aqueduc, l&rsquo;eau refroidissait quelque peu et d\u00e9posait une partie de son calcaire, mais elle arrivait ti\u00e8de \u00e0 Laodic\u00e9e. De plus, les habitants de ces contr\u00e9es se plaignaient de la mauvaise qualit\u00e9 de toutes les eaux de la r\u00e9gion. Ind\u00e9pendamment de sa temp\u00e9rature, l&rsquo;eau de tout le district avait un caract\u00e8re \u00e9m\u00e9tique (qui fait vomir). Selon Celse (1.3.22), l&rsquo;eau ti\u00e8de \u00e9tait parfois utilis\u00e9e m\u00e9dicinalement comme \u00e9m\u00e9tique.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il y a donc de fortes chances pour que l&rsquo;allusion au caract\u00e8re ti\u00e8de de l&rsquo;Eglise de Laodic\u00e9e, que le Seigneur vomirait de sa bouche, se r\u00e9f\u00e8re \u00e0 l&rsquo;eau que les Laodiciens avaient l&rsquo;habitude de boire.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Un autre reproche que le Seigneur fait \u00e0 cette Eglise est sa suffisance : <span style=\"background-color: #add8e6;\"><em>\u00ab\u00a0Tu dis : Je suis riche ! J&rsquo;ai amass\u00e9 des tr\u00e9sors ! Je n&rsquo;ai besoin de rien\u00a0\u00bb<\/em><\/span>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Cette attitude orgueilleuse refl\u00e9tait celle des citoyens de Laodic\u00e9e. C&rsquo;\u00e9tait une ville riche, gr\u00e2ce \u00e0 son commerce et \u00e0 ses industries, une ville de banquiers. Lorsque Cic\u00e9ron a voyag\u00e9 vers l&rsquo;Orient, c&rsquo;est \u00e0 Laodic\u00e9e qu&rsquo;il a encaiss\u00e9 ses lettres de cr\u00e9dit (<em>Ad Fam<\/em>. 3,5.4 ; <em>Ad Ait<\/em>. 5.15.2). Horace en fait la repr\u00e9sentante du commerce avec l&rsquo;Orient <span style=\"background-color: #add8e6;\"><em>(Ep. 1,6.32-33)<\/em><\/span>. Certains citoyens de la ville poss\u00e9daient de grandes fortunes avec lesquelles ils contribuaient au bien public. Au 1er si\u00e8cle av. J.-C., un certain Hi\u00e9ro a offert 2000 talents \u00e0 la ville et l&rsquo;a embellie d&rsquo;\u0153uvres d&rsquo;art. Strabon dit que \u00ab\u00a0la fertilit\u00e9 de la contr\u00e9e et la prosp\u00e9rit\u00e9 de certains de ses citoyens en font une grande ville\u00a0\u00bb malgr\u00e9 sa petitesse et le si\u00e8ge que Mithridate lui a fait subir (12.8.16). D&rsquo;autres bienfaiteurs publics sont cit\u00e9s dans les archives ou repr\u00e9sent\u00e9s sur des monnaies (Zeno et son fils Polemo : la famille des Z\u00e9nonides qui devint la plus riche d&rsquo;Asie mineure, Julius Andronicus&#8230;).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Laodic\u00e9e subit aussi les contrecoups des tremblements de terre des ann\u00e9es 17 et 60, mais elle r\u00e9para ses ruines sans aide ext\u00e9rieure. Sous N\u00e9ron, elle refusa m\u00eame l&rsquo;aide imp\u00e9riale. L&rsquo;historien romain Tacite dit : \u00ab\u00a0Laodic\u00e9e se releva de ses ruines par ses propres ressources et sans aide de notre part\u00a0\u00bb<strong><sub>3<\/sub><\/strong>. La fi\u00e8re assertion : \u00ab\u00a0par nos propres forces\u00a0\u00bb (<em>ek ton idi\u00f4n<\/em>) se trouve plusieurs fois dans des inscriptions grav\u00e9es sur les \u00e9difices reconstruits. Un vaste amphith\u00e9\u00e2tre de quelques 300 m\u00e8tres de long, semi-circulaire aux deux extr\u00e9mit\u00e9s, avec des si\u00e8ges tout autour, a \u00e9t\u00e9 construit en l&rsquo;ann\u00e9e 70 par un certain Nicostratus qui l&rsquo;a \u00e9difi\u00e9 <em>ek ton idi\u00f4n<\/em>. La m\u00eame phrase ou son \u00e9quivalent se retrouve sur d&rsquo;autres \u00e9difices de la m\u00eame p\u00e9riode.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Cette m\u00eame autosuffisance se refl\u00e8te dans la phrase que le Seigneur met dans la bouche de l&rsquo;Eglise de Laodic\u00e9e <span style=\"background-color: #add8e6;\"><em>(v 17)<\/em><\/span>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00ab\u00a0II y a de bonnes raisons de voir <span style=\"background-color: #add8e6;\"><em>Ap 3.17<\/em><\/span> avec cet arri\u00e8re-plan de la richesse dont se targuait Laodic\u00e9e, illustr\u00e9e par son refus de l&rsquo;aide romaine et la r\u00e9alisation de sa reconstruction dans un esprit d&rsquo;ind\u00e9pendance orgueilleuse. L&rsquo;Eglise florissante risquait de partager les normes de la soci\u00e9t\u00e9 dans laquelle elle vivait. Elle \u00e9tait autosuffisante et ne voyait pas la n\u00e9cessit\u00e9 d&rsquo;une aide de Christ.\u00a0\u00bb<strong><sub>4<\/sub><\/strong> Parce que l&rsquo;Eglise ne voit pas son \u00e9tat r\u00e9el, le Seigneur lui conseille <span style=\"background-color: #add8e6;\"><em>\u00ab\u00a0d&rsquo;acheter<strong><sub>5<\/sub><\/strong> de l&rsquo;or purifi\u00e9 au feu pour devenir r\u00e9ellement riche, 2. des v\u00eatements blancs pour te couvrir afin qu&rsquo;on ne voie pas ta honteuse nudit\u00e9 et 3 un collyre pour soigner tes yeux afin que tu puisses voir clair\u00a0\u00bb (v. 18)<\/em><\/span>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En parlant d&rsquo;acheter, le Christ \u00ab\u00a0utilise un langage appropri\u00e9 aux Laodiciens \u00e0 l&rsquo;esprit commer\u00e7ant. Il se compare lui-m\u00eame \u00e0 un marchand de passage dans la ville qui propose sa marchandise en concurrence avec d&rsquo;autres marchands\u00a0\u00bb<strong><sub>6<\/sub><\/strong>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">1. Acheter de l&rsquo;or\u00a0: la valeur durable, inalt\u00e9rable, symbole des vraies richesses.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">2. Acheter des v\u00eatements blancs. Laodic\u00e9e \u00e9tait renomm\u00e9e pour la laine noire produite par une esp\u00e8ce particuli\u00e8re de moutons \u00e9lev\u00e9s dans la vall\u00e9e du Lycus. \u00ab\u00a0Les Laodiciens avaient invent\u00e9 une m\u00e9thode de tissage qui leur \u00e9vitait de filer d&rsquo;abord la laine.\u00a0\u00bb<strong><sub>7<\/sub><\/strong> \u00ab\u00a0La laine, dit W. Ramsay, \u00e9tait tiss\u00e9e pour la fabrication d&rsquo;habits divers pour l&rsquo;usage domestique ou l&rsquo;exportation.\u00a0\u00bb Ces habits \u00e9taient tr\u00e8s recherch\u00e9s \u00e0 cause de la finesse de la laine et de la belle teinte noire appel\u00e9e coraxine (noir de corbeau). Les inscriptions retrouv\u00e9es dans la ville attestent la pr\u00e9sence d&rsquo;une importante activit\u00e9 dans le domaine du textile, en particulier du travail de la laine : on rel\u00e8ve la mention de foulons, de teinturiers de pourpre, de tisserands, de marchands de v\u00eatements<strong><sub>8<\/sub><\/strong>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En contraste avec ces habits noirs, Christ offre des v\u00eatements blancs (cf. <span style=\"background-color: #add8e6;\"><em>Da 7.9 ; Ap 1.14 ; 4.4 ; 19.4<\/em><\/span>), symboles de puret\u00e9, de f\u00eate (cf. <span style=\"background-color: #add8e6;\"><em>Ap 3.4-5<\/em><\/span>) de justice accord\u00e9e <span style=\"background-color: #add8e6;\"><em>(Ap 6.11 ; 19.8)<\/em><\/span> par la mort de Christ <span style=\"background-color: #add8e6;\"><em>(Ap 7.14)<\/em><\/span>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">3. Il conseille d&rsquo;acheter un collyre pour oindre les yeux. Laodic\u00e9e \u00e9tait r\u00e9put\u00e9e pour son \u00e9cole de m\u00e9decine (on a m\u00eame suppos\u00e9 que Luc a pu y faire ses \u00e9tudes). Celle-ci fut fond\u00e9e \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque de Strabon (12.8.20) par un nomm\u00e9 Zeurix mentionn\u00e9 sur des monnaies laodiciennes. Elle suivait, dans son enseignement, H\u00e9rophile de Chalc\u00e9doine, un c\u00e9l\u00e8bre professeur de m\u00e9decine du 3e si\u00e8cle av J.-C. qui a \u00e9crit un trait\u00e9 d&rsquo;ophtalmologie. Elle fut illustr\u00e9e, entre autres, par un m\u00e9decin du 1er si\u00e8cle nomm\u00e9 D\u00e9mosth\u00e8nes Philal\u00e8thes dont le trait\u00e9 d&rsquo;ophtalmologie eut une grande influence dans l&rsquo;antiquit\u00e9 et fut traduit jusqu&rsquo;au Moyen-Age. Galien conna\u00eet deux sp\u00e9cialit\u00e9s pharmaceutiques qui ont vu le jour \u00e0 Laodic\u00e9e : un onguent pour les oreilles dont la r\u00e9putation se r\u00e9pandit au loin et un collyre pour les yeux appel\u00e9 pierre phrygienne (on se souvient que Laodic\u00e9e se trouvait aux confins de la Phrygie).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le pseudo-Aristote parlait d\u00e9j\u00e0 de la \u00ab\u00a0poudre phrygienne\u00a0\u00bb : c&rsquo;\u00e9tait un cylindre d&rsquo;une pierre particuli\u00e8re que l&rsquo;on r\u00e9duisait en poudre. \u00ab\u00a0L&rsquo;alun phrygien fut export\u00e9 dans tout l&#8217;empire romain pour la fabrication des collyres\u00a0\u00bb (Mirandolle VI, p. 430). Dans les recettes retrouv\u00e9es on mentionne des sels de cuivre et de zinc, de l&rsquo;alun et beaucoup de plantes m\u00e9dicinales.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00ab\u00a0II y a donc suffisamment de raisons pour associer le collyre \u00e0 Laodic\u00e9e&#8230; L&rsquo;Eglise de Laodic\u00e9e, la ville qui pr\u00e9tendait gu\u00e9rir la myopie physique \u00e9tait aveugle \u00e0 sa propre c\u00e9cit\u00e9 spirituelle\u00a0\u00bb<strong><sub>9<\/sub><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Mais le Seigneur donne sa chance \u00e0 l&rsquo;Eglise de Laodic\u00e9e : <span style=\"background-color: #add8e6;\"><em>\u00ab\u00a0Voici : je me tiens devant la porte et je frappe. Si quelqu&rsquo;un entend ma voix et ouvre la porte, j&rsquo;entrerai chez lui et je d\u00eenerai avec lui et lui avec moi\u00a0\u00bb (v. 20).<\/em><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Au cours de son histoire, Laodic\u00e9e avait passablement souffert. Certains gouverneurs romains rapaces comme <em>Sulla<\/em> puis Lucullus lui avaient impos\u00e9 un tribut de 20 000 talents plus l&rsquo;obligation de loger et de nourrir des soldats et de leur payer journellement une certaine somme (Plutarque : <em>Sulla<\/em> 25.2). Cic\u00e9ron a protest\u00e9 contre ces m\u0153urs militaires en demandant que les soldats acceptent seulement \u00ab\u00a0quatre lits et un toit, et m\u00eame, dans certains endroits, pas de toit, dans la plupart des cas nous sommes rest\u00e9s sous une tente\u00a0\u00bb (<em>ad Att.<\/em> 5.16.3). Plutarque loue la probit\u00e9 de son administration disant qu&rsquo;il tenait table ouverte pour les visiteurs et lib\u00e9rait les habitants de l&rsquo;obligation de pourvoir aux d\u00eeners (deipna) des soldats (Plut. : <em>Cic. 36.2-3<\/em>). Mais les mauvaises habitudes reprirent d\u00e8s son successeur Scipion.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Par contraste avec ces habitudes, le Christ refuse de s&rsquo;imposer \u00e0 l&rsquo;hospitalit\u00e9 des Laodiciens. Sa venue n&rsquo;est pas un fardeau, c&rsquo;est un privil\u00e8ge pour celui qui l&rsquo;invite, le d\u00eener (<em>deipnon<\/em>) qu&rsquo;il promet n&rsquo;est pas extorqu\u00e9 avec des menaces et des insultes comme celui des soldats romains, mais c&rsquo;est \u00ab\u00a0le symbole d&rsquo;une amiti\u00e9 durable\u00a0\u00bb (Rudwick-Green).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L&rsquo;allusion locale est peut-\u00eatre encore plus pr\u00e9cise : la cit\u00e9 \u00e9tait entour\u00e9e d&rsquo;une muraille carr\u00e9e. Sur chaque c\u00f4t\u00e9, une porte s&rsquo;ouvrait sur l&rsquo;une des grandes routes commerciales. R\u00e9cemment, on avait construit une triple entr\u00e9e monumentale et des fortifications pour mettre les citoyens \u00e0 l&rsquo;abri des incursions ind\u00e9sirables. Les habitants devaient \u00eatre habitu\u00e9s \u00e0 l&rsquo;image d&rsquo;un voyageur tardif qui arrivait \u00ab\u00a0devant la porte\u00a0\u00bb et frappait pour demander l&rsquo;entr\u00e9e. Mais on n&rsquo;ouvrait pas \u00e0 n&rsquo;importe qui. Les Laodiciens \u00e9taient soucieux de prot\u00e9ger les richesses de la ville et de ses banques contre d&rsquo;\u00e9ventuels cambrioleurs. Des instructions pr\u00e9cises \u00e9taient donn\u00e9es aux officiers charg\u00e9s du service nocturne et aux veilleurs de nuit au sujet des personnes auxquelles on pouvait ouvrir la porte.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ce verset est \u00ab\u00a0le verset-cl\u00e9, qui est en m\u00eame temps le plus simple et le plus bouleversant des sept lettres&#8230; J\u00e9sus n&rsquo;est plus attendu dans une Eglise pleine d&rsquo;assurance. La porte est close \u00e0 l&rsquo;heure o\u00f9 vient le roi. Va-t-il secouer la poussi\u00e8re des pieds ? Non, il attend. L&rsquo;amour sait attendre. Nous l&rsquo;y avons habitu\u00e9, parce que les ti\u00e8des font toujours attendre les autres. Il ne force pas l&rsquo;acc\u00e8s. Il frappe\u00a0\u00bb<sub><strong>10<\/strong><\/sub><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"background-color: #add8e6;\"><em>\u00ab\u00a0Le vainqueur, je le ferai si\u00e9ger avec moi sur mon tr\u00f4ne, comme moi-m\u00eame je suis all\u00e9 si\u00e9ger avec mon P\u00e8re sur son tr\u00f4ne apr\u00e8s avoir remport\u00e9 la victoire.\u00a0\u00bb (v. 21) <\/em><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En l&rsquo;an 40 av. J.-C., Labienus Parthicus envahit l&rsquo;Asie et \u00ab\u00a0aucune ville ne lui ferma ses portes jusqu&rsquo;\u00e0 ce qu&rsquo;il atteigne Laodic\u00e9e-sur-le-Lycus o\u00f9 l&rsquo;orateur Zeno et son fils Polemo lui r\u00e9sist\u00e8rent\u00a0\u00bb (Tarn-Charlesworth : <em>Cambridge Ancient History<\/em> X.47 se fondant sur Strabon 14.2.24). Pour r\u00e9compenser ses deux vaillants d\u00e9fenseurs, Laodic\u00e9e offrit un tr\u00f4ne \u00e0 Polemo. Antoine lui confia le gouvernement de la Cilicie en 39 av J.-C. et, en 36, il devint roi du Pont (Dio Cassius 49.25.4 : Plutarque : <em>Antoine<\/em> 38.3) et p\u00e8re de la dynastie royale des Z\u00e9nonides qui devint la plus puissante de la province.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La promesse du Christ au vainqueur devait donc \u00e9voquer \u00e0 Laodic\u00e9e le souvenir tr\u00e8s pr\u00e9cis d&rsquo;un homme qui avait re\u00e7u un tr\u00f4ne parce qu&rsquo;il avait r\u00e9sist\u00e9 \u00e0 l&rsquo;envahisseur et qu&rsquo;il a \u00e9t\u00e9 vainqueur.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">C&rsquo;est un t\u00e9moignage de la gr\u00e2ce de Dieu que le message \u00e0 l&rsquo;Eglise la plus d\u00e9cevante se termine par la promesse la plus belle.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">A.K.<\/p>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify;\">NOTES<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>1.<\/strong> E.B. All\u00f4, <em>St Jean : l&rsquo;Apocalypse<\/em> (Paris, 1933), p. 56.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>2.<\/strong> voir J. Stott,<em> What Christ thinks of the Church<\/em>, p. 123.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>3.<\/strong> Cf. L. Bonnet, <em>Bible Annot\u00e9e<\/em> (\u00e9dit. Emma\u00fcs, coll. Perles, vol. NT 4), p. 370.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>4.<\/strong> C.J. Hemer, <em>Letters to the Seven Churches in Asia<\/em> (ISOT Press, Sheffield, 1986), p. 195.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>5. <\/strong>Acheter de l&rsquo;or : la valeur durable, inalt\u00e9rable, symbole des vraies richesses.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>6.<\/strong> J. Stott, <em>What Christ thinks of the Church<\/em> (Word Public., Milton Keynes, 1990), p. 120.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>7.<\/strong> F. Tatford, <em>Patmos Letters<\/em> (Proph\u00e9tie Witness Publ. Eastbourne, 1969), p. 139.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>8.<\/strong> P. Prigent,<em> L&rsquo;Apocalypse de Saint Jean <\/em>(Delachaux, Lausanne Paris, 1981), p. 73.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>9. <\/strong>C.J. Hemer, op. cit., p. 199.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>10. <\/strong>Ch. Butsch, <em>Clart\u00e9 sur l&rsquo;Apocalypse<\/em> (Labor et Fides, Gen\u00e8ve, 1966), p. 88.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Lettre \u00e0 l&rsquo;\u00e9glise de Laodic\u00e9e \u00a0 &nbsp; par Alfred KUEN &nbsp; \u00a0 A 65 km au sud-est de Philadelphie, le messager trouvait la derni\u00e8re ville du circuit : Laodic\u00e9e, perch\u00e9e sur un contre-fort rocheux dans un paysage montagneux. 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