{"id":6724,"date":"1991-09-17T10:07:35","date_gmt":"1991-09-17T10:07:35","guid":{"rendered":"\/?p=6724"},"modified":"2016-03-21T11:28:19","modified_gmt":"2016-03-21T11:28:19","slug":"un-temps-pour-perdre","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.servir.caef.net\/?p=6724","title":{"rendered":"Un temps pour perdre"},"content":{"rendered":"<h1 style=\"text-align: center;\">Un temps pour perdre<\/h1>\n<p style=\"text-align: center;\">\u00a0<a href=\"\/wp-content\/uploads\/2010\/10\/mal.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"\/wp-content\/uploads\/2010\/10\/mal.jpg\" alt=\"mal\" width=\"248\" height=\"376\" \/><\/a><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><span style=\"font-size: 16px;\"><span style=\"color: #b22222;\"><strong>par Alfred Kuen<\/strong><\/span><\/span><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Les pertes font partie des exp\u00e9riences douloureuses de notre vie. On en sort chaque fois bless\u00e9, frustr\u00e9, amoindri.<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong><br \/> <\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Antoine de St-Exup\u00e9ry, parlant de la disparition de camarades aviateurs, \u00e9crit : \u00ab\u00a0Rien jamais, en effet, ne remplacera le compagnon perdu. On ne se cr\u00e9e point de vieux camarades. Rien ne vaut le tr\u00e9sor de tant de souvenirs communs, de tant de mauvaises heures v\u00e9cues ensemble, de tant de brouilles, de r\u00e9conciliations, de mouvements du coeur. On ne reconstruit pas ces amiti\u00e9s-l\u00e0. Il est vain, si l&rsquo;on plante un ch\u00eane, d&rsquo;esp\u00e9rer s&rsquo;abriter bient\u00f4t sous son feuillage.<sub>1<\/sub> \u00bb<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Notre cheminement ici-bas est jalonn\u00e9 de pertes de toutes sortes. Chacun se trouve, \u00e0 un moment ou un autre, confront\u00e9 \u00e0 un deuil : parents, fr\u00e8re ou soeur, ami, conjoint, enfant&#8230; ou devra faire son deuil de biens auxquels il tenait (par cambriolage, cataclysme ou accident &#8211; ou simplement par perte), d&rsquo;un<strong> lieu<\/strong> de s\u00e9jour auquel il s&rsquo;\u00e9tait attach\u00e9 &#8211; et de toutes les <strong>relations<\/strong> qui y \u00e9taient li\u00e9es (nouveau poste, d\u00e9m\u00e9nagement). Il peut \u00eatre licenci\u00e9 d&rsquo;une <strong>occupation<\/strong> qui lui convenait et lui permettait de vivre \u00e0 l&rsquo;aise (la mise \u00e0 la retraite peut \u00eatre une forme de deuil). Notre <strong>sant\u00e9<\/strong> se d\u00e9grade peu \u00e0 peu, nos <strong>facult\u00e9s<\/strong> physiques et intellectuelles diminuent.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Tous les hommes &#8211; pas seulement les chr\u00e9tiens &#8211; ont \u00e0 faire face \u00e0 de telles pertes. Comment r\u00e9agissons-nous en tant que chr\u00e9tiens \u00e0 ces diff\u00e9rentes pertes ? Comment pouvons-nous les assumer et les surmonter ?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Tout deuil, toute perte entra\u00eene une souffrance : un lien avait \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9 avec une personne, un animal, un objet, un concept. Ce lien a \u00e9t\u00e9 rompu : ce d\u00e9chirement ne s&rsquo;est pas fait sans souffrance.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<!--more--><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<h2>Fausses pistes<\/h2>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong><a href=\"\/wp-content\/uploads\/1991\/pdf1991\/1991_05_11_untempspourperdre.pdf\" target=\"_blank\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" title=\"iconePDF\" src=\"\/wp-content\/uploads\/2011\/01\/iconePDF.jpg\" alt=\"\" width=\"81\" height=\"76\" align=\"right\" hspace=\"8\" vspace=\"8\" \/><\/a><\/strong>Mais l&rsquo;homme n&rsquo;aime pas la souffrance. Il a donc cherch\u00e9 des moyens d&rsquo;\u00e9viter les souffrances li\u00e9es \u00e0 la perte, par diff\u00e9rentes voies, dont un certain nombre de fausses pistes :<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<h3>D\u00e9tachement<\/h3>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">II y a la voie orientale : celle du d\u00e9tachement. Pour \u00e9viter de souffrir de la rupture d&rsquo;un attachement, on refuse de s&rsquo;attacher aux personnes, aux choses de la vie, \u00e0 la vie elle-m\u00eame. On essaie de vivre \u00ab\u00a0en dehors\u00a0\u00bb, de ne pas se laisser affecter par ce qui arrive. C&rsquo;\u00e9tait aussi la voie du sto\u00efcisme : devenir indiff\u00e9rent \u00e0 tout, aux sentiments surtout. L&rsquo;id\u00e9al, dans cette perspective, c&rsquo;est l&rsquo;ataraxie o\u00f9 plus rien ne vous touche. Ce n&rsquo;est certainement pas l\u00e0 un id\u00e9al d&rsquo;humanit\u00e9 correspondant \u00e0 la volont\u00e9 de Dieu.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<h3>D\u00e9valuation<\/h3>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le d\u00e9tachement peut se manifester aussi lors d&rsquo;une perte ou d&rsquo;un deuil par un essai de <em>d\u00e9valuation<\/em> de l&rsquo;objet perdu ou de la personne disparue : on fait comme s&rsquo;ils n&rsquo;avaient gu\u00e8re de valeur ; donc cela ne vaut pas la peine d&rsquo;en \u00eatre affect\u00e9. Une telle attitude, fond\u00e9e sur un mensonge, est, de plus, une flagrante ingratitude, surtout s&rsquo;il s&rsquo;agit de personnes.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L&rsquo;attitude chr\u00e9tienne est une attitude vraie, elle reconna\u00eet la valeur du don que Dieu nous a fait en nous permettant de jouir pendant un certain temps de la relation avec une personne ou un objet. Elle pr\u00e9f\u00e8re accepter de rentrer dans la souffrance caus\u00e9e par la perte que de se r\u00e9fugier dans le mensonge.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<h3>Fuite<\/h3>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Une autre tentative d&rsquo;\u00e9viter la souffrance li\u00e9e \u00e0 la perte est la<em> fuite.<\/em> Certains fuient dans le travail en s&rsquo;y jetant \u00e0 corps perdu pour \u00e9viter de r\u00e9fl\u00e9chir, de se trouver face \u00e0 face avec la r\u00e9alit\u00e9 &#8211; donc avec la souffrance. Les anglophones ont forg\u00e9 pour cette d\u00e9pendance le mot de<em> workaholism<\/em> : on se so\u00fble de travail. D&rsquo;autres fuient dans la <em>boisson<\/em>, dans la<em> drogue<\/em> ou dans les <em>plaisirs<\/em> pour s&rsquo;\u00e9tourdir et oublier. Ou dans la recherche du <em>pouvoir, de l&rsquo;argent, de conqu\u00eates f\u00e9minines<\/em> (ou masculines) pour essayer de surcompenser la perte.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Mais ces fuites ne cicatrisent pas la plaie n\u00e9e de cette perte. En \u00e9vitant le processus de deuil &#8211; et la souffrance qui s&rsquo;y rattache &#8211; ces faux chemins (d\u00e9tachement, fuites) emp\u00eachent la cr\u00e9ation de nouvelles relations positives et enferment donc l&rsquo;individu dans sa solitude.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<h2>Etapes vers un v\u00e9ritable processus de deuil<\/h2>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<h3>Refus<\/h3>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La premi\u00e8re r\u00e9action est souvent un <em>refus<\/em>. \u00ab\u00a0Ce n&rsquo;est pas possible.\u00a0\u00bb La r\u00e9alit\u00e9 est trop dure pour \u00eatre vue en face.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Un deuil brutal suscite cette r\u00e9action : \u00ab\u00a0Pourtant, on l&rsquo;a encore vue il y a une semaine en parfaite sant\u00e9.\u00a0\u00bb \u00ab\u00a0Je n&rsquo;arrive pas \u00e0 croire que je ne la reverrai plus.\u00a0\u00bb II faut du temps pour accepter la r\u00e9alit\u00e9 de l&rsquo;in\u00e9luctable, que la perte est r\u00e9elle et d\u00e9finitive. A la suite d&rsquo;un vol, on pense toujours qu&rsquo;on retrouvera ce qui a \u00e9t\u00e9 vol\u00e9. Quand on entre dans la maladie, qu&rsquo;on retrouvera sa sant\u00e9 comme avant.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Plus la perte est importante, plus cette phase peut se prolonger. Une veuve me disait l&rsquo;autre jour: \u00ab\u00a0Apr\u00e8s cinq ans, la nostalgie est encore plus vive qu&rsquo;au d\u00e9but.\u00a0\u00bb C&rsquo;est une phase \u00e0 respecter. \u00ab\u00a0Le temps n&rsquo;\u00e9pargne pas ce qu&rsquo;on a fait sans lui\u00a0\u00bb disait Fayolles.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<h3>Protestation<\/h3>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Une autre r\u00e9action, une fois la r\u00e9alit\u00e9 de la perte admise, c&rsquo;est la<em> protestation<\/em> ou la col\u00e8re. \u00ab\u00a0Me faire cela, \u00e0 moi ! Au moment o\u00f9 j&rsquo;en avais le plus besoin ! Ce n&rsquo;est pas juste. Cela ne peut pas venir de Dieu.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Une jeune femme qui venait de perdre son mari m&rsquo;a rapport\u00e9 que Francis Schaeffer lui disait qu&rsquo;on a le droit de se mettre en col\u00e8re devant la mort. Devant la tombe de Lazare, J\u00e9sus <span style=\"background-color: #add8e6;\"><em>\u00ab\u00a0fr\u00e9mit en lui-m\u00eame\u00a0\u00bb (Jn 11.38).<\/em><\/span> Cette expression peut aussi \u00eatre rendue par <span style=\"background-color: #add8e6;\"><em>\u00ab\u00a0fut profond\u00e9ment attrist\u00e9\u00a0\u00bb<\/em><\/span>, <em>\u00ab\u00a0boulevers\u00e9\u00a0\u00bb<\/em>, ou <em>\u00ab\u00a0indign\u00e9\u00a0\u00bb<\/em>. Il se mit en col\u00e8re, pas contre Dieu, mais contre le mal dans le monde qui a entra\u00een\u00e9 la mort, contre cette situation dans laquelle nous vivons, solidaires avec toute l&rsquo;humanit\u00e9. <span style=\"background-color: #add8e6;\"><em>\u00ab\u00a0Par un seul homme le p\u00e9ch\u00e9 est entr\u00e9 dans le monde, et par le p\u00e9ch\u00e9, la mort\u00a0\u00bb (Rm 5.12).<\/em><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Orient\u00e9e ainsi, la col\u00e8re peut \u00eatre un facteur positif dans la gu\u00e9rison des cicatrices d&rsquo;une perte, car comme toute col\u00e8re, elle est une force dynamique, elle lib\u00e8re l&rsquo;adr\u00e9naline pour surmonter les pouss\u00e9es d\u00e9pressives, r\u00e9ductrices de la personnalit\u00e9. Pourtant, ces pouss\u00e9es font aussi partie des r\u00e9actions normales \u00e0 une perte importante : elles se traduisent par des acc\u00e8s de tristesse, par des peurs, par la d\u00e9pression. C&rsquo;est la douleur du coeur bless\u00e9, qui peut aller jusqu&rsquo;\u00e0 la perte du go\u00fbt de vivre, du sens de la vie ; surtout si la personne ou l&rsquo;objet ou le concept perdu incarnait la raison de vivre.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Quand, dans un couple, l&rsquo;un peut dire \u00e0 l&rsquo;autre : \u00ab\u00a0C&rsquo;est pour toi que je vis\u00a0\u00bb, c&rsquo;est beau, mais combien dangereux. Si l&rsquo;autre dispara\u00eet, quelle raison de vivre reste-t-il au survivant ? Il y a des parents qui ne vivent que pour leur enfant, leur fils unique. Et s&rsquo;il meurt ?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<h3>Tristesse<\/h3>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La<em> tristesse<\/em> est li\u00e9e \u00e0 la nature humaine. J\u00e9sus a partag\u00e9 notre nature. Devant la r\u00e9alit\u00e9 de la mort de<em> Lazare<\/em>, <span style=\"background-color: #add8e6;\"><em>\u00ab\u00a0J\u00e9sus pleura\u00a0\u00bb<\/em><\/span> &#8211; le verset le plus court de la Bible, mais qui en dit long sur sa ressemblance \u00e0 nous <span style=\"background-color: #add8e6;\"><em>\u00ab\u00a0en toutes choses\u00a0\u00bb (H\u00e9 2.17)<\/em><\/span>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Devant une perte comme celle d&rsquo;un \u00eatre cher, nous avons le droit de pleurer, de r\u00e9pandre notre tristesse devant Dieu.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Rester impassible est du sto\u00efcisme, mais pas du christianisme. Cependant, nous ne sommes pas oblig\u00e9s de nous abandonner \u00e0 la tristesse comme <span style=\"background-color: #add8e6;\"><em>\u00ab\u00a0ceux qui n&rsquo;ont pas d&rsquo;esp\u00e9rance\u00a0\u00bb (1 Th 4.13)<\/em><\/span>, ni de faire de la d\u00e9pression comme ceux qui ne voient plus de raison de vivre. <span style=\"background-color: #add8e6;\"><em>\u00ab\u00a0Nul ne vit pour lui-m\u00eame&#8230; car si nous vivons, nous vivons pour le Seigneur\u00a0\u00bb (Rm 14.7-8).<\/em><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<h3>Marchandage<\/h3>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les psychologues signalent comme autre r\u00e9action \u00e0 une grande perte le <em>marchandage<\/em>, pour changer le cours de la r\u00e9alit\u00e9 : \u00ab\u00a0Si je gu\u00e9ris, alors je promets de&#8230;\u00a0\u00bb &#8211; \u00ab\u00a0Si je retrouve ce qui a \u00e9t\u00e9 perdu, vol\u00e9, alors je donnerai&#8230;\u00a0\u00bb &#8211; \u00ab\u00a0Si je retrouve du travail&#8230;\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Mais le chr\u00e9tien sait que Dieu ne se laisse pas acheter. Tout est gr\u00e2ce de sa part. Le chr\u00e9tien accepte la part de souffrance li\u00e9e \u00e0 sa condition humaine. Il ne cherche pas \u00e0 esquiver la tristesse, peut-\u00eatre m\u00eame pas la col\u00e8re et le refus cons\u00e9cutifs \u00e0 la perte qu&rsquo;il a subie. Mais il a d&rsquo;autres armes pour lutter contre la saturation des sentiments n\u00e9gatifs.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Comme le chante un Negro Spiritual : <em>\u00ab\u00a0II y a un baume en Galaad pour gu\u00e9rir mes blessures\u00a0\u00bb<\/em> (cf. <span style=\"background-color: #add8e6;\"><em>Jr 8.22<\/em><\/span>), c&rsquo;est-\u00e0-dire pour cicatriser les plaies caus\u00e9es par une perte. <span style=\"background-color: #add8e6;\"><em>\u00ab\u00a0Quand mes pens\u00e9es s&rsquo;agitent en foule au-dedans de moi, tes consolations r\u00e9jouissent mon \u00e2me\u00a0\u00bb (Ps 94.19)<\/em><\/span>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<h2>Consolations<\/h2>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<h3>La certitude que rien ne nous arrive en dehors du plan de Dieu<\/h3>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Si nous adoptons l&rsquo;interpr\u00e9tation des traductions \u00e0 correspondance dynamique d&rsquo;<span style=\"background-color: #add8e6;\"><em>Eccl\u00e9siaste 3<\/em><\/span>, tout ce qui nous arrive sur la terre survient au temps d\u00e9cid\u00e9 par Dieu&#8230; C&rsquo;est lui qui d\u00e9termine le temps de chercher et le temps de perdre. J\u00e9sus a exprim\u00e9 cette v\u00e9rit\u00e9 par une image qui se grave d&#8217;embl\u00e9e dans la m\u00e9moire : <span style=\"background-color: #add8e6;\"><em>\u00ab\u00a0M\u00eame les cheveux de votre t\u00eate sont compt\u00e9s&#8230; Il ne s&rsquo;en <strong>perdra<\/strong> aucun (Mt 10.30 ; Lc 21.18) sans la volont\u00e9 de Dieu&#8230;\u00a0\u00bb<\/em><\/span> &#8211; <span style=\"background-color: #add8e6;\"><em>\u00ab\u00a0 Elle a du prix aux yeux de l&rsquo;Eternel, la mort de ceux qui l&rsquo;aiment\u00a0\u00bb (Ps 116.15).<\/em><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Si Dieu accepte ce co\u00fbt, c&rsquo;est en vue de quelque chose qui a encore plus de prix ; et c&rsquo;est notre bien spirituel, celui auquel <span style=\"background-color: #add8e6;\"><em>\u00ab\u00a0toutes choses concourent\u00a0\u00bb (Rm8.28)<\/em><\/span>. Pour le chr\u00e9tien la mort d&rsquo;un \u00eatre cher, la perte d&rsquo;un travail, de son bien, n&rsquo;est pas un accident d\u00fb \u00e0 la n\u00e9gligence d&rsquo;une pr\u00e9caution ou \u00e0 la malveillance de quelqu&rsquo;un. Elle fait partie du plan de Dieu pour notre bien.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<h3>Dieu est bon<\/h3>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">C&rsquo;est l&rsquo;une des affirmations constantes de la Bible : <span style=\"background-color: #add8e6;\"><em>\u00ab\u00a0Louez l&rsquo;Eternel, <strong>car il est bon<\/strong>, car son amour dure \u00e0 toujours\u00a0\u00bb<\/em><\/span>. Il a \u00e9t\u00e9 bon pour nous dans le pass\u00e9. Il l&rsquo;est aujourd&rsquo;hui et II le sera demain. C&rsquo;est pourquoi ne manquons pas de le louer pour sa bont\u00e9 et d&rsquo;\u00eatre reconnaissants pour toutes les bont\u00e9s dont nous avons b\u00e9n\u00e9fici\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Nous sommes aujourd&rsquo;hui priv\u00e9s de la communion avec une personne qui nous \u00e9tait ch\u00e8re, mais n&rsquo;oublions pas de remercier Dieu de nous avoir permis de jouir de cette communion pendant tant d&rsquo;ann\u00e9es. Nous avons perdu un objet, un travail, un lieu, une amiti\u00e9 ? \u00ab\u00a0Merci Seigneur, de me l&rsquo;avoir accord\u00e9 pendant si longtemps !\u00a0\u00bb<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pensons \u00e0 tous ceux qui n&rsquo;ont jamais eu ce privil\u00e8ge. Ne le consid\u00e9rons pas comme un d\u00fb &#8211; donc comme une injustice que nous ne puissions plus en profiter. Dieu a \u00e9t\u00e9 bon envers nous. Il nous a combl\u00e9s pendant un temps&#8230; ne soyons pas ingrats. Disons-lui merci pour tout ce que nous avons re\u00e7u. Dieu reste bon dans le pr\u00e9sent, et II le sera encore dans l&rsquo;avenir.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<h3>La souffrance est notre amie<\/h3>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ne la d\u00e9valorisons pas. Elle n&rsquo;est pas une ennemie, que nous devrions fuir comme la peste, mais une amie qui nous veut du bien, une \u00e9ducatrice attentionn\u00e9e et efficace. <span style=\"background-color: #add8e6;\"><em>\u00ab\u00a0J\u00e9sus, bien qu&rsquo;il f\u00fbt le Fils de Dieu, a appris l&rsquo;ob\u00e9issance par les choses qu&rsquo;il a souffertes&#8230;\u00a0\u00bb<\/em><\/span> <span style=\"background-color: #add8e6;\"><em>\u00ab\u00a0II fut \u00e9lev\u00e9 \u00e0 la perfection<strong> par la souffrance<\/strong>\u00a0\u00bb (H\u00e9 2.10 ; 5.8)<\/em><\/span>. <em>La souffrance<\/em> n&rsquo;a \u00e9t\u00e9 \u00e9pargn\u00e9e \u00e0 aucun homme de Dieu : pensons \u00e0 Joseph, Mo\u00efse, Elie, J\u00e9r\u00e9mie, Daniel, etc.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">D\u00e9j\u00e0 sur le plan physique, la souffrance est une amie qui nous avertit du mauvais fonctionnement d&rsquo;un de nos organes et nous appelle \u00e0 y rem\u00e9dier. Si l&rsquo;on n&rsquo;avait pas mal aux dents, peu de gens se les feraient soigner.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Sur le plan de la vie int\u00e9rieure, la souffrance nous apprend \u00e0 r\u00e9orienter nos affections vers l&rsquo;essentiel. Elle valorise ce que nous avons perdu &#8211; ce n&rsquo;est pas une bagatelle dont la perte ne nous fait ni chaud ni froid &#8211; et elle nous oblige \u00e0 reconsid\u00e9rer notre vie sous l&rsquo;angle de l&rsquo;ob\u00e9issance \u00e0 Dieu (apprendre l&rsquo;ob\u00e9issance par les choses qu&rsquo;on a souffertes), de la pens\u00e9e de Dieu. Nous aussi, comme J\u00e9sus, nous apprenons l&rsquo;ob\u00e9issance par les choses que nous avons souffertes.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<h3>Les pens\u00e9es de Dieu sont sup\u00e9rieures \u00e0 nos pens\u00e9es<\/h3>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"background-color: #add8e6;\"><em>\u00ab\u00a0Mes pens\u00e9es ne sont pas vos pens\u00e9es, et vos voies ne sont pas mes voies, dit l&rsquo;Eternel\u00a0\u00bb (Es 55.8-9)<\/em><\/span>. Or, ce sont les pens\u00e9es de Dieu qui sont justes &#8211; et non celles que le monde ambiant nous inculque. Lorsqu&rsquo;une personne est d\u00e9c\u00e9d\u00e9e, on nous dit : \u00ab\u00a0Elle aurait encore pu jouir de tant d&rsquo;ann\u00e9es de la vie ; quel dommage qu&rsquo;elle n&rsquo;ait pas pu voir ceci ou cela&#8230; combien elle aurait du plaisir&#8230;\u00a0\u00bb<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Mais J\u00e9sus a dit au bon larron : \u00ab<span style=\"background-color: #add8e6;\"><em>\u00a0Aujourd&rsquo;hui tu seras avec moi dans le paradis\u00a0\u00bb (Lc 23.43)<\/em><\/span>. Etre avec J\u00e9sus dans le paradis, n&rsquo;est-ce pas meilleur que tout ce que le monde peut offrir ?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pour la plupart des gens \u00ab\u00a0l&rsquo;essentiel c&rsquo;est la sant\u00e9\u00a0\u00bb &#8211; mais par la maladie. Dieu peut nous apprendre des v\u00e9rit\u00e9s encore plus pr\u00e9cieuses. \u00ab\u00a0Abondance de bien ne nuit jamais\u00a0\u00bb &#8211; mais la Bible nous dit : <span style=\"background-color: #add8e6;\"><em>\u00ab\u00a0Si nous avons la nourriture et le v\u00eatement cela nous suffira\u00a0\u00bb (1 Tm 6.8).<\/em><\/span> Au moment d&rsquo;une perte impr\u00e9gnons-nous des pens\u00e9es de Dieu par une lecture intensive de Sa Parole, afin de contrecarrer l&rsquo;effet d\u00e9l\u00e9t\u00e8re des conceptions du monde.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<h3>L&rsquo;essentiel nous reste<\/h3>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L&rsquo;essentiel c&rsquo;est ce qui demeure, ce qu&rsquo;aucune perte ne peut affecter. L&rsquo;essentiel c&rsquo;est l&rsquo;amour de Dieu manifest\u00e9 en J\u00e9sus-Christ notre Seigneur <span style=\"background-color: #add8e6;\"><em>\u00ab\u00a0dont ni la mort, ni la vie, ni les anges, ni les dominations, ni les choses pr\u00e9sentes ni les choses \u00e0 venir, ni les puissances, ni la hauteur, ni la profondeur ni aucune autre cr\u00e9ature ne pourra nous s\u00e9parer\u00a0\u00bb (Rm 8.38-39).<\/em><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L&rsquo;essentiel c&rsquo;est notre communion avec Dieu par J\u00e9sus-Christ notre M\u00e9diateur. L&rsquo;\u00e9preuve peut &#8211; et veut &#8211; nous amener \u00e0 resserrer cette communion que la vie heureuse fait appara\u00eetre comme moins imp\u00e9rieuse.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L&rsquo;essentiel c&rsquo;est notre vocation c\u00e9leste en J\u00e9sus-Christ, et notre vocation terrestre en lui, c&rsquo;est-\u00e0-dire la t\u00e2che qu&rsquo;il nous a confi\u00e9e ici-bas, dans l&rsquo;Esprit, pour l&rsquo;avancement de Son R\u00e8gne et pour Sa gloire. C&rsquo;est de <span style=\"background-color: #add8e6;\"><em>\u00ab\u00a0s&rsquo;inqui\u00e9ter des moyens de plaire au Seigneur\u00a0\u00bb (1 Co 7.32)<\/em><\/span>, d&rsquo;accomplir sa volont\u00e9, jour par jour. Comment <strong>aujourd&rsquo;hui<\/strong>, dans ma situation <strong>d&rsquo;aujourd&rsquo;hui<\/strong> puis-je plaire au Seigneur ?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Peut-\u00eatre que l&rsquo;\u00e9preuve nous permet de mieux accomplir notre vocation. Les \u00e9preuves que nous subissons nous rendent plus sensibles \u00e0 celles des autres et, ayant fait l&rsquo;exp\u00e9rience des consolations que Dieu nous donne dans ces circonstances, nous sommes plus \u00e0 m\u00eame d&rsquo;orienter ceux qui souffrent vers ces m\u00eames consolations <span style=\"background-color: #add8e6;\"><em>(2 Co 1.3-7)<\/em><\/span>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<h3>Le meilleur est devant nous<\/h3>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Une perte peut se traduire par une involution ou une \u00e9volution. L&rsquo;involution est le d\u00e9veloppement inverse de l&rsquo;\u00e9volution. En m\u00e9decine, on d\u00e9signe par l&rsquo;involution une modification r\u00e9gressive d&rsquo;un organe ou de l&rsquo;organisme. Celui qui a subi une perte est tent\u00e9 de s&rsquo;accrocher au pass\u00e9, de ressasser les souvenirs du temps o\u00f9 \u00ab\u00a0tout \u00e9tait si bien\u00a0\u00bb, d&rsquo;id\u00e9aliser ce pass\u00e9 et de continuer \u00e0 y vivre par la pens\u00e9e et les sentiments.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L&rsquo;ap\u00f4tre Paul dit : <span style=\"background-color: #add8e6;\"><em>\u00ab\u00a0Oubliant ce qui est en arri\u00e8re et me portant vers ce qui est en avant, je cours\u00a0\u00bb<\/em><\/span>. Si notre pass\u00e9 \u00e9tait conforme \u00e0 la volont\u00e9 de Dieu nous n&rsquo;avons pas besoin de l&rsquo;oublier. Nous en rendons gr\u00e2ce \u00e0 Dieu et le mettons \u00e0 sa place ; or sa place c&rsquo;est le pass\u00e9 ! Pour aujourd&rsquo;hui et pour demain, Dieu a autre chose en vue pour nous et II nous aide, par son Esprit, \u00e0 tourner la page, \u00e0 nous d\u00e9tacher des b\u00e9n\u00e9dictions pass\u00e9es et \u00e0 nous porter <span style=\"background-color: #add8e6;\"><em>\u00ab\u00a0vers ce qui est en avant\u00a0\u00bb<\/em><\/span>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Car la vie, la vraie vie, est devant nous &#8211; et la mort &#8211; comme toutes les pertes qui nous y pr\u00e9parent &#8211; est le moyen d&rsquo;y acc\u00e9der.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<h3>La mort est la porte de la vie<\/h3>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ce vieil adage latin (<em>mors janua vita<\/em>) exprime un principe important de tout d\u00e9veloppement spirituel. C&rsquo;est toujours par des pertes, des frustrations, c&rsquo;est-\u00e0-dire des morts, que nous acc\u00e9dons \u00e0 des degr\u00e9s sup\u00e9rieurs de vie. Si nous r\u00e9fl\u00e9chissons \u00e0 la mani\u00e8re dont nous sommes devenus adultes, nous constatons que c&rsquo;est au travers de frustrations, de pertes successives que nous avons \u00e9t\u00e9 rendus capables d&rsquo;assumer notre r\u00f4le dans la soci\u00e9t\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Nous avons subi notre premi\u00e8re frustration le jour de notre naissance, lorsque nous avons d\u00fb sortir du milieu prot\u00e9g\u00e9 dans lequel nous nous \u00e9tions d\u00e9velopp\u00e9s pour affronter un monde tr\u00e8s diff\u00e9rent. Quelques mois plus tard, nous avons d\u00fb assumer la frustration du sevrage.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Plus tard, il a fallu quitter le foyer maternel pour aller \u00e0 l&rsquo;\u00e9cole, puis changer de classe, de ma\u00eetre, perdre ses camarades, se d\u00e9faire, comme le dit l&rsquo;ap\u00f4tre Paul, de ce qui caract\u00e9rise l&rsquo;enfance &#8211; quitter sa ville pour le service militaire, quitter p\u00e8re et m\u00e8re pour s&rsquo;attacher \u00e0 sa femme. \u00ab\u00a0L&rsquo;homme quittera&#8230; et s&rsquo;attachera\u00a0\u00bb : cette condition premi\u00e8re de la r\u00e9ussite d&rsquo;un mariage est aussi valable dans bien d&rsquo;autres domaines.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La croissance se fait par des morts successives \u00e0 des attachements s\u00e9curisants pour permettre de nouveaux attachements. Chaque mort \u00e0 un attachement engendre une souffrance. Mais refuser de quitter, c&rsquo;est refuser de cro\u00eetre.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le grand choix de la vie, la conversion, ob\u00e9it \u00e0 la m\u00eame r\u00e8gle : quitter &#8211; se d\u00e9tacher, mourir \u00e0 un certain genre de vie, au monde, pour s&rsquo;attacher \u00e0 Christ, prendre sa croix, renoncer \u00e0 soi-m\u00eame. C&rsquo;est bien ce que repr\u00e9sente le bapt\u00eame : une mort avant la r\u00e9surrection avec Christ, la mort est la condition pr\u00e9alable de la vie nouvelle.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"\/wp-content\/uploads\/2008\/05\/graines.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\" wp-image-8327 alignleft\" style=\"margin: 10px;\" src=\"\/wp-content\/uploads\/2008\/05\/graines.jpg\" alt=\"graines\" width=\"258\" height=\"180\" srcset=\"https:\/\/www.servir.caef.net\/wp-content\/uploads\/2008\/05\/graines.jpg 716w, https:\/\/www.servir.caef.net\/wp-content\/uploads\/2008\/05\/graines-300x209.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 258px) 100vw, 258px\" \/><\/a>Cette loi se v\u00e9rifie dans la nature : <span style=\"background-color: #add8e6;\"><em>\u00ab\u00a0Si le grain de bl\u00e9 ne meurt, il reste seul\u00a0\u00bb (Jn 12.24)<\/em><\/span> : pas de vie nouvelle, <span style=\"background-color: #add8e6;\"><em>\u00ab\u00a0mais s&rsquo;il meurt, il porte beaucoup de fruit\u00a0\u00bb<\/em><\/span>. La loi se v\u00e9rifie aussi sur le plan spirituel : pas de vie nouvelle sans mort au p\u00e9ch\u00e9 avec Christ. Elle est encore vraie pour l&rsquo;entr\u00e9e dans la vie \u00e9ternelle : \u00e0 moins que le Seigneur revienne auparavant, il nous faudra tous passer par la porte de la mort pour acc\u00e9der \u00e0 la Vie.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">J\u00e9sus avait d\u00e9j\u00e0 illustr\u00e9 cette loi par l&rsquo;image du vigneron taillant sa vigne : <span style=\"background-color: #add8e6;\"><em>\u00ab\u00a0Tout sarment qui porte du fruit, mon P\u00e8re l&rsquo;\u00e9monde, afin qu&rsquo;il porte encore plus de fruit\u00a0\u00bb (Jn 15.2)<\/em><\/span>. L&rsquo;\u00e9mondage est une op\u00e9ration douloureuse pour la vigne.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Quelle que soit la perte que nous avons subie, ces certitudes que nous apporte la Parole de Dieu nous aideront \u00e0 l&rsquo;accepter, \u00e0 la surmonter. Et si, demain, vous \u00eates confront\u00e9 \u00e0 l&rsquo;une de ces temp\u00eates qui bouleversent une existence, elles vous aideront \u00e0 la traverser sans sombrer <span style=\"background-color: #add8e6;\"><em>\u00ab\u00a0comme ceux qui n&rsquo;ont pas d&rsquo;esp\u00e9rance\u00a0\u00bb<\/em><\/span>. Il suffit de changer une lettre dans le mot <strong>perte<\/strong> pour en faire&#8230; une <strong>porte<\/strong>. J&rsquo;en ai fait l&rsquo;exp\u00e9rience.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">A.K.<\/p>\n<hr \/>\n<p>Note<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>1.<\/strong> : <em>Terre des hommes<\/em>, Gallimard, Paris (pp. 43-44).<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Un temps pour perdre \u00a0 &nbsp; par Alfred Kuen &nbsp; &nbsp; \u00a0 Les pertes font partie des exp\u00e9riences douloureuses de notre vie. On en sort chaque fois bless\u00e9, frustr\u00e9, amoindri. Antoine de St-Exup\u00e9ry, parlant de la disparition de camarades aviateurs, \u00e9crit : \u00ab\u00a0Rien jamais, en effet, ne remplacera le compagnon perdu. 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