{"id":6766,"date":"1989-07-13T13:06:29","date_gmt":"1989-07-13T13:06:29","guid":{"rendered":"\/?p=6766"},"modified":"2015-12-16T18:44:29","modified_gmt":"2015-12-16T18:44:29","slug":"paque-et-paques-2-partie","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.servir.caef.net\/?p=6766","title":{"rendered":"P\u00e2que et P\u00e2ques &#8211; 2\u00b0 partie"},"content":{"rendered":"<h1 style=\"text-align: center;\">P\u00e2que et P\u00e2ques &#8211; 2\u00b0 partie<sub>1<\/sub><\/h1>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><a href=\"\/wp-content\/uploads\/2008\/03\/concile-Nicee.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-8303 aligncenter\" src=\"\/wp-content\/uploads\/2008\/03\/concile-Nicee.jpg\" alt=\"concile-Nicee\" width=\"232\" height=\"309\" srcset=\"https:\/\/www.servir.caef.net\/wp-content\/uploads\/2008\/03\/concile-Nicee.jpg 232w, https:\/\/www.servir.caef.net\/wp-content\/uploads\/2008\/03\/concile-Nicee-225x300.jpg 225w\" sizes=\"auto, (max-width: 232px) 100vw, 232px\" \/><\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">\u00a0<span style=\"font-size: x-small;\">Concile de Nic\u00e9e<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #b22222;\"><span style=\"font-size: 16px;\"><strong>par Fran\u00e7ois-Jean Martin<\/strong><\/span><\/span><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Nous nous sommes int\u00e9ress\u00e9s dans la premi\u00e8re partie, aux origines de notre f\u00eate de P\u00e2ques, \u00e0 savoir la P\u00e2que juive. Nous voulons dans cette seconde partie nous pencher sur les probl\u00e8mes li\u00e9s \u00e0 la fixation de la date de P\u00e2ques dans l&rsquo;Eglise des premiers si\u00e8cles. Comme souvent, les questions de forme traduisent des choix de fond, aussi nous nous int\u00e9resserons aux enjeux sous-jacents. C&rsquo;est bien de notre propre histoire dont nous parlons, l&rsquo;Eglise corps de Christ est une, au travers de l&rsquo;espace et du temps. Puissions-nous, impr\u00e9gn\u00e9s des origines, de la signification et de l&rsquo;histoire de cette f\u00eate, vivre toujours plus pleinement nos cultes et c\u00e9l\u00e9brer P\u00e2ques. <\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><!--more--><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h2>B. LE CHOIX DE LA DATE DE PAQUES<\/h2>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<h3><strong><a href=\"..\/wp-content\/uploads\/1989\/pdf1989\/1989_04_18_paquesetpaque02.pdf\" target=\"_blank\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"\/wp-content\/uploads\/2011\/01\/iconePDF.jpg\" alt=\"\" width=\"81\" height=\"76\" name=\"images1\" align=\"RIGHT\" border=\"1\" hspace=\"8\" vspace=\"8\" \/><\/a><\/strong>I. Aux Ier et II\u00e8me si\u00e8cles<\/h3>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>a) Les donn\u00e9es de la question <\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La f\u00eate de P\u00e2ques est la plus ancienne et la plus importante de toutes les f\u00eates chr\u00e9tiennes. En tous lieux, les chr\u00e9tiens comm\u00e9moraient l&rsquo;\u00e9v\u00e9nement capital sur lequel reposait le christianisme : la passion et la r\u00e9surrection de J\u00e9sus-Christ<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">qui s&rsquo;\u00e9taient d\u00e9roul\u00e9es lors d&rsquo;une P\u00e2que juive. Aussi d\u00e8s les premi\u00e8res ann\u00e9es de l&rsquo;Eglise, chaque printemps ramena la grande f\u00eate juive et la grande f\u00eate chr\u00e9tienne, P\u00e2ques, aux m\u00eames jours. A la fin du premier si\u00e8cle, nous constatons que les Eglises s&rsquo;attachaient au gr\u00e9 de leurs pr\u00e9f\u00e9rences \u00e0 tel ou tel moment du myst\u00e8re comm\u00e9mor\u00e9, que ce soit la passion, la r\u00e9surrection ou m\u00eame l&rsquo;exode mosa\u00efque. Il semble que ce dernier aspect se soit rapidement affaibli, ne gardant qu&rsquo;un r\u00f4le symbolique. Ainsi, on sait que vers 120, \u00e0 Rome, sous l&rsquo;\u00e9piscopat de Sixte 1er, la P\u00e2que mosa\u00efque \u00e9tait rel\u00e9gu\u00e9e au second plan ; et la comm\u00e9moration de la f\u00eate \u00e9tait fix\u00e9e au dimanche le plus rapproch\u00e9 de la date de la P\u00e2que juive.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Chez les juifs, les f\u00eates \u00e9taient d\u00e9termin\u00e9es par un calendrier lunaire dont les douze mois ne concordaient pas avec la dur\u00e9e de l&rsquo;ann\u00e9e solaire. L&rsquo;intercalation d&rsquo;un mois compl\u00e9mentaire \u00e9tait alors n\u00e9cessaire. La P\u00e2que tombait au moment de la pleine lune du premier mois, autrement dit le 14 de nizan qui co\u00efncidait avec l&rsquo;\u00e9quinoxe de printemps.<strong><sub>2<\/sub><\/strong> Mais le mois de nizan commen\u00e7ait-il \u00e0 la fin du douzi\u00e8me mois ou bien \u00e0 la fin du mois compl\u00e9mentaire ? Les Juifs tranchaient la question d&rsquo;autorit\u00e9 et \u00e0 l&rsquo;origine les chr\u00e9tiens adoptaient leurs d\u00e9cisions. Cependant, le dimanche ne tombait pas chaque ann\u00e9e \u00e0 la m\u00eame distance du 14 de nizan. Cette difficult\u00e9 n&rsquo;arr\u00eata pas l&rsquo;Eglise de Rome qui sacrifia la co\u00efncidence du 14 de nizan \u00e0 celle du dimanche.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les Eglises d&rsquo;Asie adopt\u00e8rent le parti contraire, c&rsquo;est-\u00e0-dire le syst\u00e8me juif et elles c\u00e9l\u00e9br\u00e8rent la P\u00e2que le 14 de nizan quel que soit le jour de la semaine o\u00f9 il tombait.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Ces deux observations diff\u00e9rentes correspondaient \u00e0 deux conceptions diff\u00e9rentes de la f\u00eate de P\u00e2ques.<\/strong> L&rsquo;observance romaine ou dominicale centrait l&rsquo;attention sur la R\u00e9surrection, l&rsquo;observance asiate privil\u00e9giait la Passion, pr\u00e9sentant la mort du Christ comme l&rsquo;immolation du v\u00e9ritable agneau pascal. Une telle situation ne pouvait qu&rsquo;aboutir \u00e0 des querelles et des divisions, cependant il a exist\u00e9 une mutuelle tol\u00e9rance jusqu&rsquo;au ll\u00e8me si\u00e8cle. Ainsi, vers la fin de l&rsquo;an 154, le vieil \u00e9v\u00eaque de Smyrne, Polycarpe<strong><sub>3<\/sub><\/strong> fort de ses souvenirs de jeunesse et du souvenir personnel qu&rsquo;il avait gard\u00e9 de l&rsquo;ap\u00f4tre Jean, d\u00e9fendit chaleureusement la coutume asiate.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Anicet soutint la tradition romaine. L&rsquo;entrevue fut fort cordiale et m\u00eame si aucun des deux ne convainquit l&rsquo;autre, ils demeur\u00e8rent en pleine communion.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Malgr\u00e9 les tentatives de r\u00e8glement de cette question sous les successeurs d&rsquo;Anicet jusqu&rsquo;\u00e0 Eleuth\u00e8re, les \u00e9v\u00eaques surent ne pas alt\u00e9rer la paix et la tol\u00e9rance \u00e9tablies sur ce point de divergence.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>b) Les d\u00e9buts de la crise<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La crise \u00e9clata sous l&rsquo;\u00e9v\u00eaque romain Victor (189-199 ap. J.-C.). Celui-ci r\u00e9solut de mettre fin \u00e0 un \u00e9tat de choses qui chaque ann\u00e9e divisait les chr\u00e9tiens sur leur f\u00eate principale. Il prit l&rsquo;initiative d&rsquo;organiser de nombreuses assembl\u00e9es d&rsquo;\u00e9v\u00eaques et des synodes et tint une vaste correspondance. Ainsi, pendant la derni\u00e8re d\u00e9cennie du ll\u00e8me si\u00e8cle, 5 conciles ont eu lieu sur cette question ! Et la litt\u00e9rature patristique de l&rsquo;\u00e9poque abonde en ouvrages sur ce sujet. La consultation provoqu\u00e9e par Victor montra qu&rsquo;on \u00e9tait unanime pour la translation de la f\u00eate de P\u00e2ques au dimanche ; sauf les \u00e9v\u00eaques d&rsquo;Asie Mineure qui rest\u00e8rent sur leurs positions : on poss\u00e8de une c\u00e9l\u00e8bre lettre synodale de Polycarpe d&rsquo;Eph\u00e8se, <strong>insistant sur le d\u00e9p\u00f4t du t\u00e9moignage apostolique et sur sa transmission par les p\u00e8res<\/strong>.<strong><sub>4<\/sub><\/strong> Ce document indique que les \u00e9v\u00eaques d&rsquo;Asie Mineure tenaient \u00e0 garder ce d\u00e9p\u00f4t et insiste sur les paroles de Pierre : <span style=\"background-color: #add8e6;\"><em>\u00ab\u00a0Mieux vaut ob\u00e9ir \u00e0 Dieu qu&rsquo;aux hommes\u00a0\u00bb<\/em><\/span>. Cette lettre provoqua la col\u00e8re de Victor qui excommunia toute la province dont l&rsquo;\u00e9v\u00eaque n&rsquo;adoptait pas ses vues.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Cela fit r\u00e9agir les autres \u00e9v\u00eaques. Ir\u00e9n\u00e9e de Lyon et beaucoup d&rsquo;autres intervinrent pour protester et s&rsquo;opposer \u00e0 cette d\u00e9cision, arguant que le point \u00e9tait trop mineur pour diviser l&rsquo;Eglise. Il faut reconna\u00eetre que Victor accepta le point de vue de ses partenaires occidentaux et revint sur sa d\u00e9cision. Le choix resta donc libre.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<h3>II. Le calcul de la date de P\u00e2ques \u00e0 partir du Ill\u00e8me si\u00e8cle<\/h3>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>a) Au Ill\u00e8me si\u00e8cle<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L&rsquo;\u00e9volution de la pens\u00e9e asiate nous est peu connue durant ce si\u00e8cle, faute de documents ; par contre, cette p\u00e9riode vit un foisonnement de calculs et de cycles dans le camp \u00ab\u00a0romain\u00a0\u00bb. En effet, jusque-l\u00e0, une fois que la communaut\u00e9 juive avait fix\u00e9 sa f\u00eate de P\u00e2que, chacune des deux observations chr\u00e9tiennes r\u00e9glait alors la sienne suivant sa pratique. A partir du Ill\u00e8me si\u00e8cle, cela changea : la rupture entre la Synagogue et l&rsquo;Eglise devint totale. Et l&rsquo;Eglise chr\u00e9tienne commen\u00e7a \u00e0 fixer la date de P\u00e2ques pour son propre compte. Ce qui n&rsquo;alla pas sans mal. <strong><sub>5<\/sub><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Nous nous contenterons ce citer un exemple (comme ces cycles \u00e9taient tous approximatifs, on en changea plusieurs fois. Ils se sont cependant affin\u00e9s au cours des si\u00e8cles) :<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le premier cycle connu est celui d&rsquo;Hippolyte en 222, adopt\u00e9 par l&rsquo;Eglise romaine. C&rsquo;\u00e9tait un cycle de 16 ans. Mais ce cycle impliquait un d\u00e9calage de 3 jours en 16 ans, d\u00e9calage qui se poursuivait en s&rsquo;accentuant. En outre, P\u00e2ques pouvait tomber avant l&rsquo;\u00e9quinoxe de printemps, ce qui transgressait la r\u00e8gle adopt\u00e9e \u00e0 Rome. <strong>Cette question de l&rsquo;\u00e9quinoxe divisa les Eglises de rite dominical<\/strong>. En Egypte, on se r\u00e9gla sur l&rsquo;\u00e9quinoxe ; en Occident, on ne tint pas compte de celui de l&rsquo;ann\u00e9e en cours, mais de celui de la cr\u00e9ation (!). Cependant le calcul de ce dernier donna lui aussi lieu \u00e0 des solutions diverses et donc \u00e0 de nouvelles querelles. Mais avant d&rsquo;\u00eatre arriv\u00e9e au terme de sa seconde p\u00e9riode, la table d&rsquo;Hippolyte se r\u00e9v\u00e9la fausse, et elle fut remplac\u00e9e par ce qu&rsquo;on a appel\u00e9 le \u00ab\u00a0comput pascal\u00a0\u00bb<strong><sub>6<\/sub><\/strong> r\u00e9dig\u00e9 en 243. Ce cycle ne donna pas de meilleurs r\u00e9sultats que le premier, et il en alla de m\u00eame avec les suivants.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>b) A partir du IV\u00e8me si\u00e8cle<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Nous nous retrouvons en ce d\u00e9but du IV\u00e8me si\u00e8cle, avec une Eglise divis\u00e9e en deux grands camps, comme au ll\u00e8me si\u00e8cle.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>1) Le Concile de Nic\u00e9e (en 325)<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le Concile de Nic\u00e9e (en Asie Mineure) fut organis\u00e9 non seulement pour r\u00e9soudre la question de l&rsquo;arianisme, mais aussi celle de la fixation de la date de P\u00e2ques. Les d\u00e9cisions du Concile de Nic\u00e9e nous sont connues par Athanase qui, dans sa lettre aux \u00e9v\u00eaques africains<sub><strong>7<\/strong><\/sub>, \u00e9crit : \u00ab\u00a0Le Concile de Nic\u00e9e fut assembl\u00e9 \u00e0 propos de l&rsquo;h\u00e9r\u00e9sie arienne et de la P\u00e2que parce que les chr\u00e9tiens de Syrie, de Cilicie et de M\u00e9sopotamie \u00e9taient en d\u00e9saccord avec nous et faisaient la f\u00eate au temps o\u00f9 les Juifs la c\u00e9l\u00e9braient\u00a0\u00bb.<sub><strong>8<\/strong><\/sub><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En fait, il appara\u00eet que le d\u00e9bat ici ne portait pas exactement sur les m\u00eames aspects que dans les querelles pr\u00e9c\u00e9dentes, mais sur les attaches juda\u00efques. <strong>Le point condamn\u00e9 \u00e9tait la c\u00e9l\u00e9bration de la P\u00e2que le m\u00eame jour ou dans les m\u00eames temps que les Juifs. Cela semblait compromettre la dignit\u00e9 du christianisme.<\/strong> Les trois Eglises vis\u00e9es suivaient la tradition de l&rsquo;Eglise des premiers temps : on les qualifiait de \u00ab\u00a0protopaschites\u00a0\u00bb.<strong><sub>9<\/sub><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>2) L&rsquo;apr\u00e8s-concile<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Malgr\u00e9 le concile, on \u00e9tait loin d&rsquo;une solution. En effet, \u00e0 la fin du si\u00e8cle, Jean Chrysostome pronon\u00e7a des hom\u00e9lies dirig\u00e9es contre les Juifs et contre les chr\u00e9tiens qui avan\u00e7aient d&rsquo;un mois la f\u00eate de P\u00e2ques et le car\u00eame.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il s&rsquo;\u00e9tonnait que ce f\u00fbt \u00e0 ceux qui avaient mis \u00e0 mort le Christ qu&rsquo;il appartienne d&rsquo;apprendre aux chr\u00e9tiens quand il convenait de solenniser l&rsquo;anniversaire de Son supplice.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En outre se posait le probl\u00e8me du je\u00fbne. Les \u00ab\u00a0protopaschites\u00a0\u00bb inauguraient leur car\u00eame parfois tout un long mois avant les autres chr\u00e9tiens ; d\u00e8s qu&rsquo;ils l&rsquo;avaient fini, ils se livraient \u00e0 de grandes r\u00e9jouissances, alors que les autres chr\u00e9tiens \u00e9taient en je\u00fbne et en pri\u00e8re. <strong>Le contraste donnait aux non-chr\u00e9tiens une image d\u00e9favorable de l&rsquo;Eglise et \u00e9tait v\u00e9cu comme un scandale \u00e0 tour de r\u00f4le par les deux parties.<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Par la suite, le d\u00e9bat semble s&rsquo;\u00eatre r\u00e9duit \u00e0 une lutte entre Rome et Alexandrie pour savoir qui imposerait son syst\u00e8me \u00e0 l&rsquo;autre, ce qui laissa supposer que les trois Eglises protopaschites sont rentr\u00e9es petit \u00e0 petit dans le rang.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pendant plus d&rsquo;un si\u00e8cle encore on se disputa \u00e0 propos de la fixation de la date de P\u00e2ques, au milieu de luttes pour la primaut\u00e9 romaine, jusqu&rsquo;en 530 ; mais il fallut attendre Charlemagne (IX\u00e8me si\u00e8cle) pour que la question soit d\u00e9finitivement r\u00e9gl\u00e9e.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>La m\u00e9thode toujours en usage aujourd&rsquo;hui est celle du Concile de Nic\u00e9e : \u00ab\u00a0P\u00e2ques est le dimanche qui suit le 14\u00e8me jour de la lune (pleine lune)<sub>10<\/sub> qui atteint cet \u00e2ge au 21 mars (\u00e9quinoxe) ou imm\u00e9diatement apr\u00e8s.\u00a0\u00bb D&rsquo;apr\u00e8s cette r\u00e8gle, la f\u00eate peut occuper, selon les ann\u00e9es, trente cinq positions dans le calendrier, du 22 mars au 25 avril inclus. <sub>11<\/sub><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<h2>C) LES ENJEUX<\/h2>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<h3>I. Les relations Eglise-Etat<\/h3>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le choix de la date de P\u00e2ques et les divisions que ce choix a caus\u00e9es sont r\u00e9v\u00e9lateurs d&rsquo;autres probl\u00e8mes. Les cons\u00e9quences des d\u00e9cisions prises se poursuivent encore de nos jours et restent des questions auxquelles tout chr\u00e9tien doit r\u00e9pondre.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>a) Les donn\u00e9es de l&rsquo;histoire : Constantin et le Concile de Nic\u00e9e<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Constantin voulait la paix dans son empire et s&rsquo;appuyait sur l&rsquo;Eglise \u00e0 cette fin. Il avait donc besoin d&rsquo;une Eglise unie, sans faille, \u00e0 l&rsquo;image du pouvoir politique. Les divisions et les querelles nuisaient \u00e0 sa politique. Or, en plus du choix de la date de P\u00e2ques, une autre question mena\u00e7ait de fa\u00e7on plus grave l&rsquo;unit\u00e9 de l&rsquo;Eglise. En effet \u00e0 cette p\u00e9riode \u00e9clata la <strong>controverse arienne<sub>12<\/sub><\/strong> \u00e0 Alexandrie, deuxi\u00e8me ville de l&rsquo;Empire apr\u00e8s Rome, et capitale de l&rsquo;Egypte qui \u00e9tait le grenier \u00e0 bl\u00e9 de l&rsquo;Italie.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ces deux dangers aboutirent \u00e0 la r\u00e9union du Concile de Nic\u00e9e en 325, sous la houlette de Constantin. C&rsquo;est l&#8217;empereur lui-m\u00eame qui convoqua les \u00e9v\u00eaques au concile. Ils jouirent du privil\u00e8ge s\u00e9natorial de voyager aux frais de l&rsquo;Empire. Comme au S\u00e9nat, les probl\u00e8mes en suspens furent d&rsquo;abord d\u00e9battus en comit\u00e9s priv\u00e9s par les \u00e9v\u00eaques les plus influents et l&#8217;empereur. Leurs propositions furent ensuite \u00e9tudi\u00e9es par le concile dont les sessions \u00e9taient pr\u00e9sid\u00e9es par l&#8217;empereur<strong> Ainsi, m\u00eame si Constantin n&rsquo;avait pas droit de vote au concile, son poids (donc celui de l&rsquo;Etat) \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 \u00e9norme dans l&rsquo;Eglise.<\/strong> D&rsquo;autant plus que c&rsquo;est lui qui rendait compte des r\u00e9sultats aux \u00e9v\u00eaques d&rsquo;Orient, emp\u00each\u00e9s de se rendre au concile.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il leur rappela la n\u00e9cessit\u00e9, pour les chr\u00e9tiens, de c\u00e9l\u00e9brer la f\u00eate partout le m\u00eame jour et de se lib\u00e9rer de l&rsquo;obligation de recourir aux Juifs pour fixer la date de ce jour : \u00ab\u00a0II est vexant, ajouta l&#8217;empereur, d&rsquo;entendre les Juifs se vanter que, sans eux, les chr\u00e9tiens ne sauraient observer la P\u00e2que. Aveugl\u00e9s depuis leur d\u00e9icide, pourraient-ils servir de guide \u00e0 qui que ce soit ?\u00a0\u00bb Au passage il est \u00e0 noter que l&rsquo;on voit poindre l\u00e0 un des th\u00e8mes dominants de l&rsquo;antis\u00e9mitisme : la notion des Juifs d\u00e9icides.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>b) Les cons\u00e9quences<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Avec Constantin, nous p\u00e9n\u00e9trons de plain-pied dans une nouvelle page de l&rsquo;histoire du christianisme o\u00f9 les liens entre pouvoir temporel et spirituel \u00e9taient \u00e9troitement m\u00eal\u00e9s. Cette r\u00e9alit\u00e9 entra\u00eena une servilit\u00e9 de l&rsquo;Eglise face au pouvoir de l&rsquo;Etat. On vit aussi appara\u00eetre le multitudinisme dans l&rsquo;Eglise ; en effet, l&#8217;empereur, professant le christianisme, favorisa les chr\u00e9tiens. Ses sujets voulurent \u00eatre de cette religion, pour s&rsquo;attirer ainsi sa faveur et \u00e9viter les pers\u00e9cutions anti-pa\u00efennes. Enfin, cette situation de confusion entra\u00eena par la suite la chr\u00e9tient\u00e9 \u00e0 rechercher et \u00e0 assumer le pouvoir temporel.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<h3>II. La primaut\u00e9 romaine<\/h3>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le choix de la date de P\u00e2ques est tr\u00e8s r\u00e9v\u00e9lateur du combat de l&rsquo;\u00e9v\u00eaque et de l&rsquo;Eglise de Rome pour obtenir la primaut\u00e9 sur l&rsquo;ensemble de l&rsquo;Eglise et l&rsquo;\u00e9tablissement de la papaut\u00e9. On a vu poindre la question sous Victor avec les d\u00e9buts de la crise pascale, mais c&rsquo;est dans la querelle entre les cycles alexandrins et romains \u00e0 partir du IV\u00e8me si\u00e8cle que cela fut le plus net : Rome avait adopt\u00e9 un cycle de 84 ans, tandis qu&rsquo;Alexandrie en avait choisi un de 19 ans qui \u00e9tait d&rsquo;ailleurs beaucoup plus exact.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ainsi, on sait par diff\u00e9rents textes qu&rsquo;en 326, 330, 333, 340, 341, 343, la P\u00e2que fut c\u00e9l\u00e9br\u00e9e par les deux groupes \u00e0 des dates diff\u00e9rentes. En 387, les deux communaut\u00e9s c\u00e9l\u00e9br\u00e8rent P\u00e2ques \u00e0 5 semaines d&rsquo;intervalle ! La confusion \u00e9tait si grande que l&#8217;empereur Th\u00e9odose le Grand insista pour qu&rsquo;on r\u00e9solve le diff\u00e9rend. Il fallut cependant attendre le Verne si\u00e8cle pour voir enfin la question se r\u00e9gler. En effet, les probl\u00e8mes li\u00e9s au pouvoir dans l&rsquo;Eglise emp\u00eachaient tout r\u00e8glement.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ce fut Denys le Petit qui mit fin \u00e0 la controverse, vers 530, en traduisant correctement la table de Cyrille d&rsquo;Alexandrie et en donnant ainsi \u00e0 l&rsquo;Eglise romaine une table pascale ayant pour base le cycle de 19 ans. Ce cycle correspondait au cycle d&rsquo;Alexandrie et \u00e9tablissait l&rsquo;harmonie si longtemps recherch\u00e9e. Le fait que Denys le Petit \u00e9tait moine \u00e0 Rome, a pu faire \u00ab\u00a0passer\u00a0\u00bb la chose plus facilement. Rome adoptait le comput alexandrin, mais en se pr\u00e9sentant comme la source du calendrier, choisi par toute l&rsquo;Eglise. Tout le monde sortait vainqueur de ce long combat, personne ne perdait la face&#8230;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Mais Rome imposait de plus en plus sa pr\u00e9pond\u00e9rance sur toute l&rsquo;Eglise.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<h3>III. Passion et r\u00e9surrection<\/h3>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Nous avons soulign\u00e9 que le choix de la date de P\u00e2ques traduisait des positions doctrinales diff\u00e9rentes. Ainsi, dans le rappel de P\u00e2ques, le camp asiate mettait en avant l&rsquo;aspect de la crucifixion et de la mort alors que le camp dominical insistait sur la r\u00e9surrection. Ce choix nous interpelle encore aujourd&rsquo;hui dans nos cultes de sainte c\u00e8ne.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pour nous qui rappelons tous les dimanches <span style=\"background-color: #add8e6;\"><em>\u00ab\u00a0que Christ notre P\u00e2que a \u00e9t\u00e9 immol\u00e9\u00a0\u00bb<\/em><\/span>, n&rsquo;oublions-nous pas trop souvent que la P\u00e2que \u00e9tait une f\u00eate joyeuse, celle du renouveau, celle du passage de Dieu, celle de la lib\u00e9ration ? Nous avons donc lieu de nous r\u00e9jouir aussi. H\u00e9las, nous laissons de c\u00f4t\u00e9 la suite du texte qui dit : <span style=\"background-color: #add8e6;\"><em>\u00ab\u00a0C\u00e9l\u00e9brons donc la f\u00eate&#8230;\u00a0\u00bb (1 Corinthiens 5.8)<\/em><\/span>. Nous nous retrouvons ainsi devant le probl\u00e8me de l&rsquo;Eglise des premiers si\u00e8cles. En distinguant la P\u00e2que juive des P\u00e2ques chr\u00e9tiennes, l&rsquo;Eglise avait insist\u00e9 sur la r\u00e9surrection, donc sur un aspect marqu\u00e9 par la joie. Je pense que ce fut l\u00e0 un bon choix que nos cultes ne traduisent pas assez.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Bien entendu, la joie ne peut \u00eatre une raison pour justifier le d\u00e9sordre ou m\u00eame le \u00ab\u00a0d\u00e9raillement\u00a0\u00bb du culte. Cela se produisit dans l&rsquo;Eglise de Corinthe et Paul fut oblig\u00e9 de rappeler aux Corinthiens l&rsquo;autre aspect de P\u00e2ques, celui de la passion. Nous avons pu voir les chr\u00e9tiens au travers des si\u00e8cles vivre, sur ce point comme sur d&rsquo;autres, le fameux mouvement de balancier.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Ne pourrions-nous avoir un \u00e9quilibre entre la solennit\u00e9 et le respect dus au rappel de la mort du Christ, et la joie de la r\u00e9surrection ? D&rsquo;ailleurs, peut-on concevoir bibliquement l&rsquo;une sans l&rsquo;autre ?<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<h2>CONCLUSION<\/h2>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Cette longue et confuse dispute sur le choix de la date de P\u00e2ques a eu deux enjeux de tr\u00e8s in\u00e9gale valeur :<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<ul>\n<li>\n<p style=\"text-align: justify;\">la revendication du pouvoir dans une Eglise li\u00e9e \u00e0 l&rsquo;Etat d\u00e8s le IV\u00e8me si\u00e8cle, et ensuite dirig\u00e9e \u00e0 Rome \u00e0 tel point qu&rsquo;elle devint l&rsquo;\u00ab Eglise Catholique Romaine \u00bb. Cette dispute et ses cons\u00e9quences furent la cause de bien des souffrances tout au long de l&rsquo;histoire pour ceux qui voulurent vivre leur foi dans une Eglise libre de tous liens avec l&rsquo;Etat, et rester fid\u00e8les \u00e0 la Bible seulement.<\/p>\n<\/li>\n<\/ul>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<ul>\n<li>\n<p style=\"text-align: justify;\">la distinction entre P\u00e2que juive et P\u00e2ques chr\u00e9tienne : ce dernier aspect nous concerne totalement, nous chr\u00e9tiens \u00e9vang\u00e9liques. Pour nous P\u00e2ques est plus important que No\u00ebl et toutes les autres f\u00eates. Pour nous, c&rsquo;est tous les jours P\u00e2ques : tous les jours nous rappelons dans nos pri\u00e8res la mort et la r\u00e9surrection de J\u00e9sus-Christ, \u00e9v\u00e9nements sur lesquels reposent notre foi et notre salut. Nous les rappelons chaque dimanche avec le m\u00e9morial de la sainte c\u00e8ne. Et nous les rappelons en c\u00e9l\u00e9brant la f\u00eate de P\u00e2ques. Plus que jamais, nous avons \u00e0 rendre compte face \u00e0 nos enfants et au monde, du sens de ce que nous croyons et vivons en c\u00e9l\u00e9brant cette f\u00eate.<\/p>\n<\/li>\n<\/ul>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Car, si l&rsquo;Eglise ne publie pas le Christ mort et ressuscit\u00e9, qui le fera ?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">F.J.M.<\/p>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify;\">NOTES<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>1. <\/strong>La premi\u00e8re partie de cette \u00e9tude a paru dans le N\u00b0 2 (mars-avril 1989).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>2. <\/strong>L&rsquo;\u00e9quinoxe de printemps tombe selon les ann\u00e9es sur le 20 ou le 21 mars.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>3.<\/strong> <em>Dictionnaire d&rsquo;Arch\u00e9logie chr\u00e9tienne et de Liturgie<\/em> \u00e0 l&rsquo;article \u00ab\u00a0P\u00e2ques\u00a0\u00bb, pp. 1525-1526.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>4.<\/strong> Eus\u00e8be, <em>Histoire Eccl\u00e9siastique<\/em>. I, V, c, XXIV<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>5.<\/strong> La f\u00eate de P\u00e2ques \u00e9tait d\u00e9termin\u00e9e par le cours et les phases de la lune. On chercha \u00e0 trouver le nombre d&rsquo;ann\u00e9es solaires contenant un nombre pr\u00e9cis d&rsquo;ann\u00e9es lunaires, apr\u00e8s lesquelles les m\u00eames phases de lune reviendraient dans le m\u00eame ordre, au m\u00eame jour du calendrier. Plusieurs p\u00e9riodes ou cycles parurent satisfaire aux conditions : les plus connus sont des cycles de 19 ans, de 8 ans, de 16 ans et de 84 ans.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>6.<\/strong> En langage eccl\u00e9siastique, il s&rsquo;agit du calcul d\u00e9terminant le temps ou la date d&rsquo;une c\u00e9r\u00e9monie.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>7.<\/strong> Athanase, <em>Epist. ad Afros \u00e9piscopos<\/em>, c, II, PG., IXXVI.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>8.<\/strong> De m\u00eame la lettre synodale aux Alexandrins rappelle : .Nous vous donnons l&rsquo;heureuse nouvelle de l&rsquo;entente qui s&rsquo;est faite au sujet de notre tr\u00e8s Sainte P\u00e2que : gr\u00e2ce \u00e0 vos pri\u00e8res ce point a \u00e9t\u00e9 r\u00e9gl\u00e9 comme les autres. Tous nos fr\u00e8res de l&rsquo;Orient, qui ne s&rsquo;accordaient pas en ceci avec les Romains, avec vous et avec ceux qui d\u00e8s l&rsquo;origine ont suivi vos usages, c\u00e9l\u00e9breront d\u00e9sormais la P\u00e2que en m\u00eame temps que vous.\u00bb (Th\u00e9odore!, <em>Hist. Ecoles<\/em>. I, c, VIII, PG., T LXXXXVII).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>9.<\/strong> Ce terme vient de deux mots signifiant primitif et P\u00e2ques.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>10.<\/strong> II faut signaler que du fait d&rsquo;irr\u00e9gularit\u00e9s de la lune astronomique on tient compte d&rsquo;une lune dite eccl\u00e9siastique.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>11.<\/strong> Sauf pour les Orientaux rest\u00e9s fid\u00e8les au calendrier julien qui place l&rsquo;\u00e9quinoxe au 25 mars.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>12.<\/strong> Arius, pr\u00eatre d&rsquo;Alexandrie, niait la divinit\u00e9 de J\u00e9sus-Christ et sa pr\u00e9existence \u00e9ternelle ; il le consid\u00e9rait seulement comme le premier \u00eatre cr\u00e9\u00e9.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>P\u00e2que et P\u00e2ques &#8211; 2\u00b0 partie1 &nbsp; \u00a0Concile de Nic\u00e9e par Fran\u00e7ois-Jean Martin &nbsp; &nbsp; Nous nous sommes int\u00e9ress\u00e9s dans la premi\u00e8re partie, aux origines de notre f\u00eate de P\u00e2ques, \u00e0 savoir la P\u00e2que juive. 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