{"id":6769,"date":"1989-09-13T17:47:29","date_gmt":"1989-09-13T17:47:29","guid":{"rendered":"\/?p=6769"},"modified":"2015-12-16T15:58:27","modified_gmt":"2015-12-16T15:58:27","slug":"lattitude-face-a-la-mort-au-cours-des-siecles","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.servir.caef.net\/?p=6769","title":{"rendered":"L&rsquo;attitude face \u00e0 la mort au cours des si\u00e8cles"},"content":{"rendered":"<h1 style=\"text-align: center;\">L&rsquo;attitude face \u00e0 la mort au cours des si\u00e8cles<\/h1>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><a href=\"\/wp-content\/uploads\/2013\/02\/tombe.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\" wp-image-7053 aligncenter\" src=\"\/wp-content\/uploads\/2013\/02\/tombe.jpg\" alt=\"tombe\" width=\"299\" height=\"448\" srcset=\"https:\/\/www.servir.caef.net\/wp-content\/uploads\/2013\/02\/tombe.jpg 498w, https:\/\/www.servir.caef.net\/wp-content\/uploads\/2013\/02\/tombe-200x300.jpg 200w\" sizes=\"auto, (max-width: 299px) 100vw, 299px\" \/><\/a><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><span style=\"font-size: 16px;\"><strong><span style=\"color: #b22222;\">par Fran\u00e7ois-Jean Martin<\/span><\/strong><\/span><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Dans ce num\u00e9ro sp\u00e9cial sur la mort, il nous a paru important de jeter un regard sur l&rsquo;histoire de la mort dans notre monde occidental. En effet, les attitudes de l&rsquo;homme occidental face \u00e0 la mort ont chang\u00e9 au travers des temps. Ce qui nous para\u00eet une \u00e9vidence de nos jours et que nous avons int\u00e9gr\u00e9 dans les fa\u00e7ons de vivre et de r\u00e9agir de nos \u00e9glises, a \u00e9t\u00e9 v\u00e9cu d&rsquo;une autre fa\u00e7on par nos pr\u00e9d\u00e9cesseurs.<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Cependant dans le contexte de chacun, Dieu attend de tous que l&rsquo;on soit fid\u00e8le, que l&rsquo;on soit des t\u00e9moins, dans sa soci\u00e9t\u00e9, du salut en J\u00e9sus-Christ.<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Un auteur la\u00efque aujourd&rsquo;hui d\u00e9c\u00e9d\u00e9 a fait un important travail de recherches (plus de quinze ans) sur ce sujet. Il s&rsquo;agit de Philippe ARIES .<sub>1<\/sub> Voici un bref r\u00e9sum\u00e9 des r\u00e9sultats de son travail .<sub>2<\/sub><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><!--more--><\/p>\n<h2>I. QUELQUES ETAPES DANS L&rsquo;HISTOIRE<\/h2>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<h3><strong><a href=\"..\/wp-content\/uploads\/1989\/pdf1989\/1989_05_06_lattitudefacealamort.pdf\" target=\"_blank\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"\/wp-content\/uploads\/2011\/01\/iconePDF.jpg\" alt=\"\" width=\"81\" height=\"76\" name=\"images1\" align=\"RIGHT\" border=\"1\" hspace=\"8\" vspace=\"8\" \/><\/a><\/strong>1. La mort apprivois\u00e9e<\/h3>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Du VIe au XVIIIe si\u00e8cle, elle est caract\u00e9ris\u00e9e par deux traits : l&rsquo;avertissement et la publicit\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>La mort normale, commune, ne surprend jamais.<\/strong> La personne la sent venir. Ainsi averti de sa mort, une c\u00e9r\u00e9monie pr\u00e9cise commence dont le rite et les divers \u00e9pisodes sont r\u00e9gl\u00e9s par l&rsquo;usage et connus de tous.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le mourant la pr\u00e9side et <strong>il l&rsquo;accepte comme SA mort<\/strong> ainsi qu&rsquo;<strong>une n\u00e9cessit\u00e9 du Destin<\/strong>. Cette attitude est certainement imm\u00e9moriale, tout comme elle est g\u00e9n\u00e9rale. Cependant dans la chr\u00e9tient\u00e9 latine, l&rsquo;attitude non pas devant la mort mais devant les morts, a chang\u00e9. Le monde des vivants et le monde des morts (\u00abcimeti\u00e8res\u00bb) s\u00e9par\u00e9s dans l&rsquo;Antiquit\u00e9 pa\u00efenne et dans les premiers si\u00e8cles du christianisme, se sont rapproch\u00e9s et confondus \u00e0 partir du Ve si\u00e8cle.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ainsi jusqu&rsquo;\u00e0 la fin du XVIIIe si\u00e8cle les morts ont \u00e9t\u00e9 enterr\u00e9s d&rsquo;abord dans les \u00e9glises ou autour des \u00e9glises en pleine ville, en plein village. Les galeries des clo\u00eetres s&rsquo;appellent les charniers et la cour de l&rsquo;\u00e9glise sert \u00e0 la fois de cimeti\u00e8re, d&rsquo;asile, de march\u00e9, de salle de justice et de spectacle. On remettait son corps \u00e0 la garde de l&rsquo;Eglise. <strong>Les morts ne font pas peur<\/strong> ; ils sont anonymes, <strong>ils sont aussi familiers<\/strong>. C&rsquo;est cela que Ph. Ari\u00e8s appelle la mort apprivois\u00e9e. Cette familiarit\u00e9 festive avec la mort persistera jusqu&rsquo;\u00e0 la fin du romantisme et m\u00eame dans les classes populaires jusqu&rsquo;\u00e0 nos jours.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<h3>2. La mort de soi<\/h3>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">A partir du XIIIe si\u00e8cle appara\u00eet une modification dans les classes ayant la connaissance mais aussi le pouvoir et la richesse. Une distance nouvelle se creuse autour de la mort. Une relation nouvelle se cr\u00e9e entre la mort et la conscience de soi. A l&rsquo;image de la mort comme \u00ab repos des saints \u00bb, s&rsquo;ajoute celle du Jugement. Il y a une personnalisation, une prise de conscience de sa biographie personnelle. L&rsquo;individu, \u00e0 ce moment pr\u00e9cis, d\u00e9couvre non seulement son histoire mais y donne un sens d\u00e9finitif. Il est alors dans la balance et tout peut encore se jouer.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Cela se traduit aussi par <strong>un amour nouveau de sa propre vie particuli\u00e8re<\/strong>, une volont\u00e9 nouvelle d&rsquo;\u00eatre soi. Il \u00e9prouve une passion inqui\u00e8te pour les biens de cette vie et aussi de l&rsquo;autre. Il se cr\u00e9e alors tout un syst\u00e8me compliqu\u00e9 d&rsquo;<strong>assurances sur l&rsquo;au-del\u00e0<\/strong> dont le contrat est le testament qui permet de profiter des biens terrestres \u00e0 condition d&rsquo;en pr\u00e9lever des fractions importantes pour l&rsquo;Eglise et pour les pauvres (messes, aum\u00f4nes, \u0153uvres de charit\u00e9). <strong>Le testament est le moyen de tromper la mort<\/strong>, on troque les biens d&rsquo;ici-bas contre de la monnaie spirituelle de l&rsquo;au-del\u00e0. Ainsi la douleur de tout abandonner est adoucie. <strong>La mort devient un moment<\/strong> (et non pas le dernier) <strong>de la vie d&rsquo;un homme<\/strong>. Cela est traduit dans l&rsquo;art par les signes de la d\u00e9composition, mais aussi par un changement dans les c\u00e9r\u00e9monies des fun\u00e9railles. Le service dans l&rsquo;\u00e9glise devient le moment essentiel. On s&rsquo;y rend en procession (ordres mendiants, confr\u00e9ries, pauvres), le corps est masqu\u00e9, dans un linceul, dans une caisse en bois, le tout sous une chapelle. C&rsquo;est l&rsquo;occultation de la mort.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ph. Ari\u00e8s parle de ce temps comme celui de Narcisse. Il d\u00e9couvre sa mort dans sa soif de vie.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<h3>3. La mort de l&rsquo;autre<\/h3>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pendant le XVIe et le XVIIe si\u00e8cle fermentent de nouvelles tendances qui feront appara\u00eetre la mort comme un soleil noir qu&rsquo;on n&rsquo;osera plus regarder en face. <strong>L&rsquo;occidental prend ses distances avec la mort.<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L&rsquo;id\u00e9e du n\u00e9ant fait son chemin, n\u00e9ant terrestre oppos\u00e9 aux r\u00e9alit\u00e9s c\u00e9lestes tout d&rsquo;abord puis n\u00e9ant tout court. Les tombeaux se simplifient, <strong>l&rsquo;indiff\u00e9rence et l&rsquo;impi\u00e9t\u00e9 s&rsquo;installent<\/strong>, les b\u00eates paissent dans les cimeti\u00e8res. Les moralistes r\u00e9volutionnaires reprochent \u00e0 l&rsquo;Eglise d&rsquo;avoir abandonn\u00e9 le soin des corps et laiss\u00e9 se d\u00e9grader les \u00ab champs de repos \u00bb. Au nom de l&rsquo;hygi\u00e8ne, on n&rsquo;accepte plus la pr\u00e9sence des morts dans les villes, cela traduit une r\u00e9pugnance plus profonde et plus irrationnelle.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Parall\u00e8lement dans le monde de l&rsquo;imaginaire, au contraire, <strong>la mort fascine et obs\u00e8de<\/strong>. Un \u00e9trange lien se noue entre Eros et Thanatos. Comme l&rsquo;acte sexuel, la mort est une rupture qui arrache l&rsquo;homme au banal du quotidien et du raisonnable pour le jeter dans un monde de l&rsquo;instant et du paroxysme irrationnel vivant et beau. La mort n&rsquo;est plus en continuit\u00e9, c&rsquo;est une discontinuit\u00e9. Elle se pare de beaut\u00e9 mais elle fait peur. <strong>On ne s&rsquo;y r\u00e9signe plus<\/strong>. Il y a un m\u00e9lange de fascination et d&rsquo;horreur qui va s&rsquo;\u00e9panouir sous le romantisme du XIXe si\u00e8cle, \u00e9poque des grands deuils, des voiles de cr\u00eapes, des v\u00eatements noirs.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Cette mort redout\u00e9e est celle de l&rsquo;autre et non plus la sienne. C&rsquo;est celle de l&rsquo;enfant, de l&rsquo;\u00e9poux, du parent, de l&rsquo;amant. C&rsquo;est le refus path\u00e9tique de la mort de l&rsquo;autre, d&rsquo;o\u00f9 les manifestations bruyantes du deuil, d&rsquo;o\u00f9 le culte des tombeaux, v\u00e9ritable religion la\u00efque. C&rsquo;est aussi le refus de l&rsquo;anonymat, des grandes fosses. La tombe devient la maison posthume. Une d\u00e9votion, un autre culte s&rsquo;y attachent qu&rsquo;on retrouve encore de nos jours (1 et 2 novembre, le culte des morts pour la Patrie). Avec le romantisme il n&rsquo;y a plus de rite, plus de coutume, la douleur s&rsquo;exprime spontan\u00e9ment, librement.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<h3>4. La mort interdite<\/h3>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">De nos jours, ce mod\u00e8le est remis en question dans les pays industriels, il appara\u00eet comme son oppos\u00e9 sym\u00e9trique. <strong>La mort est devenue innommable.<\/strong> En parler est inconvenant. Le mourant qui avait \u00e9t\u00e9 pris en charge par la famille, perd toute initiative, il est maintenu dans l&rsquo;ignorance de son cas. Il parvient \u00e0 un \u00e9tat d&rsquo;inconscience prolong\u00e9e, la mort s&rsquo;y dilue. <strong>On meurt isol\u00e9<\/strong> dans une chambre d&rsquo;h\u00f4pital. Les survivants se voient exiger de ne pas laisser voir leurs douleurs par la soci\u00e9t\u00e9. Rien ne s&rsquo;est pass\u00e9. La mort est tabou ; seule exception \u00e0 la r\u00e8gle : les morts violentes (accidents, etc&#8230;) ; on peut les observer comme un spectacle.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ainsi le mourant a abandonn\u00e9 ses droits de \u00ab ma\u00eetre de sa mort \u00bb \u00e0 son entourage qui s&rsquo;en est remis au personnel hospitalier. Celui-ci est devenu \u00ab le ma\u00eetre de la mort \u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En outre on \u00e9vite volontairement, par peur, la charge d&rsquo;\u00e9motion de la mort. On la refuse, on la fuit. C&rsquo;est la mort interdite.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<h2>II. QUELQUES REMARQUES EN CONCLUSION<\/h2>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le but de ce court article n&rsquo;est pas de faire une th\u00e8se sur le sujet, mais de souligner et de faire prendre conscience que <strong>le monde occidental a \u00e9volu\u00e9 au travers des si\u00e8cles dans son attitude face \u00e0 la mort.<\/strong> Peut-\u00eatre, dans l&rsquo;acc\u00e9l\u00e9ration qui caract\u00e9rise notre \u00e9poque, sommes-nous en train de vivre une nouvelle \u00e9volution. Le temps montrera si c&rsquo;est le cas, ou si ce n&rsquo;\u00e9tait que p\u00e9rip\u00e9tie que les ans gommeront.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pourra-t-on dire encore demain : \u00ab De nos jours les enfants ne naissent plus dans les ros\u00e9s, mais les vieillards meurent dans les fleurs \u00bb ?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Philippe Ari\u00e8s \u00e9tudie les documents comme reflet des mentalit\u00e9s de leur \u00e9poque. Il serait int\u00e9ressant de voir le probl\u00e8me dans l&rsquo;autre sens, en particulier dans le domaine th\u00e9ologique. Comment des positions th\u00e9ologiques nouvelles, comme celle de la R\u00e9forme, ont-elles d\u00e9termin\u00e9 des attitudes face \u00e0 la mort ? Pour cela, il faudrait voir, s&rsquo;il y a eu \u00e9volution des mentalit\u00e9s et des attitudes dans les soci\u00e9t\u00e9s r\u00e9form\u00e9es suisse et allemande, lors de la r\u00e9forme et lors du pi\u00e9tisme.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Si l&rsquo;approche de la mort et des personnes mourantes \u00e9volue dans nos soci\u00e9t\u00e9s et donc dans nos \u00e9glises, il reste la contextualisation n\u00e9cessaire du message : sa mise en forme pour que soit transmis et communiqu\u00e9 \u00e0 nos contemporains le fond qui demeure le m\u00eame, celui de la Parole.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">A cette fin, je dirais que nous avons \u00e9t\u00e9 trop influenc\u00e9s par la mode actuelle de nos soci\u00e9t\u00e9s. Celle-ci va dans deux sens oppos\u00e9s :<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify; margin-left: 40px;\"><strong>a)<\/strong> L&rsquo;un est celui de la mort interdite, <strong>de la mort tabou<\/strong>. Le mourant est laiss\u00e9 entre les mains du personnel hospitalier. Seuls les responsables pastoraux l&rsquo;approchent.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify; margin-left: 40px;\">La famille, elle, se voit interdire toute manifestation de chagrin et de douleur. L&rsquo;oubli dans lequel sont trop souvent les veufs et veuves, dans nos familles charnelles et spirituelles, en sont une triste preuve. Cette position s&rsquo;est vue confort\u00e9e par les exc\u00e8s issus du puritanisme et du pi\u00e9tisme dont nos \u00e9glises sont h\u00e9riti\u00e8res : conceptions du corps comme m\u00e9prisable et mauvais, et qu&rsquo;il faut dompter et ignorer ; approche de la mort comme d&rsquo;un \u00e9l\u00e9ment n\u00e9gligeable qui ne peut atteindre un vrai chr\u00e9tien.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify; margin-left: 40px;\">Nous devrions r\u00e9agir en ayant une anthropologie biblique juste et un minimum de bon sens, de respect des r\u00e8gles psychologiques qui r\u00e9gissent les r\u00e9actions humaines.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify; margin-left: 40px;\"><strong>b)<\/strong> L&rsquo;autre aspect est celui d&rsquo;une r\u00e9action normale \u00e0 cette attitude qui refuse la mort ; il se traduit par <strong>une curiosit\u00e9 morbide par tout ce qui entoure les moments de la mort.<\/strong> De nombreux ouvrages et \u00e9missions \u00e0 la radio et \u00e0 la t\u00e9l\u00e9vision sur ce sujet en sont les preuves. Une part d&rsquo;entre eux, n&rsquo;est pas d&rsquo;ailleurs sans influences occultes. Le pi\u00e8ge de l&rsquo;adversaire permet d&rsquo;occulter, par des d\u00e9tails qui ne nous appartiennent pas, l&rsquo;essentiel dont nous sommes responsables. L&rsquo;arbre cache la for\u00eat. Masquant ainsi <span style=\"background-color: #add8e6;\"><em>\u00ab qu&rsquo;il est r\u00e9serv\u00e9 aux hommes de mourir une seule fois, apr\u00e8s quoi vient le jugement \u00bb (H\u00e9b. 9.27).<\/em><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Concluons par la citation suivante du Nouveau Testament :<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"background-color: #add8e6;\"><em>\u00ab Ne vous coulez pas simplement dans le moule de tout le monde. Ne conformez pas votre vie aux principes qui r\u00e9gissent le si\u00e8cle pr\u00e9sent ; ne copiez pas les modes et les habitudes du jour. Laissez-vous plut\u00f4t enti\u00e8rement transformer par le renouvellement de votre mentalit\u00e9. Adoptez une attitude int\u00e9rieure diff\u00e9rente. Donnez \u00e0 vos pens\u00e9es une nouvelle orientation afin de pouvoir discerner ce que Dieu veut de vous. Ainsi, vous serez capables de reconna\u00eetre ce qui est bon \u00e0 ses yeux, ce qui lui pla\u00eet et qui vous conduit \u00e0 une r\u00e9elle maturit\u00e9. \u00bb<\/em><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"background-color: #add8e6;\"><em><br \/> <\/em><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"background-color: #add8e6;\"><em>Ep\u00eetre de Paul aux Romains 12.2. Parole Vivante, <\/em>Transcription de A. Kuen<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">F.-J. M.<\/p>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify;\">NOTES<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>1. <\/strong>Philippe Ari\u00e8s, <strong>Essais sur l&rsquo;Histoire de la mort en Occident<\/strong>, Editions du Seuil, 1975.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>2.<\/strong> II ne s&rsquo;agit pas pour nous d&rsquo;approuver, mais dans cette premi\u00e8re partie de d\u00e9crire ce que la soci\u00e9t\u00e9 a v\u00e9cu, son approche et sa compr\u00e9hension de la mort.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L&rsquo;attitude face \u00e0 la mort au cours des si\u00e8cles &nbsp; &nbsp; par Fran\u00e7ois-Jean Martin &nbsp; &nbsp; &nbsp; Dans ce num\u00e9ro sp\u00e9cial sur la mort, il nous a paru important de jeter un regard sur l&rsquo;histoire de la mort dans notre monde occidental. 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