{"id":8512,"date":"2013-04-30T10:38:41","date_gmt":"2013-04-30T10:38:41","guid":{"rendered":"\/?p=8512"},"modified":"2017-05-17T15:35:34","modified_gmt":"2017-05-17T15:35:34","slug":"veillee-cevenole-3","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.servir.caef.net\/?p=8512","title":{"rendered":"Veill\u00e9e C\u00e9v\u00e9nole (3)"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: center;\"><a href=\"\/wp-content\/uploads\/2012\/04\/cevenol.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-7361 alignnone\" style=\"margin: 10px;\" src=\"\/wp-content\/uploads\/2012\/04\/cevenol.jpg\" alt=\"cevenol\" width=\"514\" height=\"344\" srcset=\"https:\/\/www.servir.caef.net\/wp-content\/uploads\/2012\/04\/cevenol.jpg 514w, https:\/\/www.servir.caef.net\/wp-content\/uploads\/2012\/04\/cevenol-300x200.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 514px) 100vw, 514px\" \/><\/a><\/p>\n<h1 style=\"text-align: center;\">Veill\u00e9e C\u00e9v\u00e9nole (3)<\/h1>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>\u00a0<span style=\"color: #800000;\"><strong><span style=\"font-size: medium;\">Par Fran\u00e7ois-Jean Martin<\/span><\/strong><\/span><\/p>\n<p><a href=\"\/wp-content\/uploads\/2009\/09\/Fran\u00e7ois-Jean-Martin.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-873 alignleft\" style=\"margin: 10px;\" src=\"\/wp-content\/uploads\/2009\/09\/Fran\u00e7ois-Jean-Martin.jpg\" alt=\"Fran\u00e7ois-Jean Martin\" width=\"79\" height=\"98\" \/><\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"LEFT\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"LEFT\"><span style=\"font-family: Arial, sans-serif;\"><span style=\"font-size: small;\"><span style=\"color: #9f290e;\">Ces veill\u00e9es c\u00e9venoles permettaient aux protestants de se retrouver et c\u2019est l\u00e0 que se retransmettait<strong><sub>1<\/sub><\/strong> la force de la foi protestante autour de la Bible et des t\u00e9moignages des h\u00e9ros de la foi. Cette transmission \u00e9tait essentielle pour les enfants et les jeunes, elle donnait l\u2019identit\u00e9 et soudait les communaut\u00e9s. <\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"LEFT\"><span style=\"font-family: Arial, sans-serif;\"><span style=\"font-size: small;\"><span style=\"color: #9f290e;\">Aujourd\u2019hui, non pour exalter des hommes mais pour nous souvenir de nos racines protestantes et pour exalter leur Ma\u00eetre et le n\u00f4tre qui est fid\u00e8le aux si\u00e8cles des si\u00e8cles, je vous propose un de ces t\u00e9moignages<strong><sub>2<\/sub><\/strong>. Bonne soir\u00e9e ! <\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"LEFT\">\u00a0<!--more--><\/p>\n<h1 style=\"text-align: center;\"><span style=\"color: #800000;\">Le chant des Psaumes<\/span><sub><span style=\"color: #800000;\">3<\/span> <\/sub><\/h1>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, sans-serif;\"><span style=\"font-size: small;\"><span style=\"color: #9f290e;\"><a href=\"\/wp-content\/uploads\/2013\/pdf2013\/Servir%202-2013%20L.pdf#page=33\"><i><strong><em><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" title=\"iconePDF\" src=\"\/wp-content\/uploads\/2011\/01\/iconePDF.jpg\" alt=\"\" width=\"81\" height=\"76\" align=\"right\" hspace=\"8\" vspace=\"8\" \/><\/em><\/strong><\/i><\/a>L<\/span><span style=\"color: #231f20;\">e Pr\u00e9 aux Clercs \u00e0 Paris est une ancienne promenade, longue d\u2019un kilom\u00e8tre environ, situ\u00e9e entre la rue de Seine et l\u2019h\u00f4tel des Invalides. Elle appartenait \u00e0 l\u2019Universit\u00e9. Aucun lieu public n\u2019\u00e9tait plus fr\u00e9quent\u00e9 aux quatorzi\u00e8me, quinzi\u00e8me et seizi\u00e8me si\u00e8cles. Comme, son nom l\u2019indique (clercs = \u00e9coliers), elle servait de rendez-vous aux \u00e9tudiants qui s\u2019y livraient \u00e0 des jeux de toutes sortes. Mais on y rencontrait aussi, le soir, durant la belle saison, nombre de personnes appartenant \u00e0 la noblesse et m\u00eame \u00e0 la cour. Sous Henri II, au printemps de 1558, les \u00e9chos du Pr\u00e9 aux Clercs, habitu\u00e9s \u00e0 retentir des chansons plus ou moins l\u00e9g\u00e8res de la jeunesse des \u00e9coles, durent \u00eatre singuli\u00e8rement \u00e9tonn\u00e9s par d\u2019autres ac- cents. Les Psaumes traduits par <\/span><span style=\"color: #231f20;\">Marot, tr\u00e8s r\u00e9pandus d\u00e9j\u00e0, venaient d\u2019\u00eatre mis en musique par Goudimel. Un soir, quelques \u00e9tudiants commenc\u00e8rent \u00e0 les chanter. Bient\u00f4t entra\u00een\u00e9s par leur exemple, beaucoup de leurs camarades se joignirent \u00e0 eux. C\u2019\u00e9tait la premi\u00e8re fois que l\u2019on entendait une musique \u00e0 quatre parties. L\u2019effet en fut prodigieux. Ces m\u00e9lodies sacr\u00e9es, d\u2019une harmonie si sobre et si pure, ces voix sonores et fra\u00eeches, vibrant d\u2019enthousiasme, firent une impression profonde sur la foule qui, sentant passer sur elle un souffle nouveau, se prit \u00e0 les imiter. <\/span><\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, sans-serif;\"><span style=\"font-size: small;\"><span style=\"color: #231f20;\">Alors ce fut, plusieurs soirs de suite, un vrai concert avec d\u2019interminables processions sur la vaste promenade. Le Tout-Paris de l\u2019\u00e9poque \u00e9tait en \u00e9moi. Les maisons du quartier, les murs de cl\u00f4ture, les moindres \u00e9minences se couvraient de monde. Chacun voulait voir et entendre, et tous s\u2019\u00e9tonnaient que l\u2019Eglise n\u2019accueill\u00eet pas avec faveur ces cantiques si graves et si beaux. <\/span><\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, sans-serif;\"><span style=\"font-size: small;\"><span style=\"color: #231f20;\">C\u2019en \u00e9tait trop pour le clerg\u00e9 romain. Ces r\u00e9unions inoffensives, o\u00f9 r\u00e9gnaient l\u2019ordre et le calme, lui portaient ombrage. Il osa pr\u00e9tendre qu\u2019elles tendaient \u00e0 l\u2019\u00e9meute. Quelques ennemis de la R\u00e9forme furent d\u00e9p\u00each\u00e9s en h\u00e2te vers le roi qui se trouvait au camp d\u2019Amiens. Ils lui affirm\u00e8rent que jamais le tr\u00f4ne et l\u2019autel n\u2019avaient couru pareil danger, que les h\u00e9r\u00e9tiques r\u00e9pandus en armes dans Paris y semaient la r\u00e9volte, et que, s\u2019il voulait sauver l\u2019Eglise et le royaume, il fallait y aviser sans retard ! Henri II le crut, prit peur, et ordonna de s\u00e9vir ; le Parlement interdit les chants comme s\u00e9ditieux. Toutefois, certains juges, favorables en secret \u00e0 la R\u00e9forme ou honteux du r\u00f4le tyrannique qu\u2019ils jouaient, donn\u00e8rent \u00e0 entendre que c\u2019\u00e9tait l\u00e0 simple mesure de prudence et qu\u2019on pouvait continuer \u00e0 se promener, voire m\u00eame \u00e0 chanter, pourvu qu\u2019on ne chant\u00e2t ni trop fort, ni de fa\u00e7on \u00e0 exciter des troubles. <\/span><\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, sans-serif;\"><span style=\"font-size: small;\"><span style=\"color: #231f20;\">Le jour suivant, quelques voix seulement se firent entendre sous les ombrages de la promenade. Mais ce n\u2019\u00e9tait qu\u2019une courte accalmie. Le jour de l\u2019Ascension, il y eut une nouvelle explosion d\u2019enthousiasme. Du sein de la foule, plus nombreuse que jamais, des cris ironiques s\u2019\u00e9lev\u00e8rent d\u2019abord \u00e0 l\u2019adresse des chanteurs qui restaient bouche close : \u00ab Voil\u00e0 donc, disait-on, des \u00e9vang\u00e9listes de trois jours ! \u00bb Aussit\u00f4t, ceux-ci, secouant toute crainte, entonn\u00e8rent de nouveau, et d\u2019un \u00e9lan indescriptible, les hymnes sacr\u00e9s. Et tandis que la majorit\u00e9 des assistants se montrait charm\u00e9e comme toujours, leurs ennemis, \u00e9cumant de rage, parlaient de faire un mauvais parti aux magistrats qui n\u2019emp\u00eachaient pas ce scandale. N\u2019\u00e9tait-ce pas, en effet, chose scandaleuse entre toutes, que de chanter en fran\u00e7ais ce que pr\u00eatres et moines chantaient en latin ? <\/span><\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, sans-serif;\"><span style=\"font-size: small;\"><span style=\"color: #231f20;\">Sur ces entrefaites parut un \u00e9dit royal qui ordonnait \u00e0 tout venant de d\u00e9noncer les chanteurs, sous peine d\u2019\u00eatre d\u00e9clar\u00e9 coupable du m\u00eame crime. Plusieurs personnes, jet\u00e9es en prison, furent rel\u00e2ch\u00e9es ensuite. <\/span><\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, sans-serif;\"><span style=\"font-size: small;\"><span style=\"color: #231f20;\">En rappelant ces souvenirs, il me semblait entendre les voix vibrantes du Pr\u00e9 aux Clercs qui, si bien, captivaient et entra\u00eenaient les masses. Et je me suis pris \u00e0 comparer le pr\u00e9sent au pass\u00e9, nos chants d\u2019aujourd\u2019hui aux chants d\u2019autrefois. Pourquoi, libres de toute entrave, ne savons-nous plus enlever ainsi les psaumes de David ? Qui nous mettra au coeur le feu sacr\u00e9 des anciens jours ? Qui r\u00e9veillera parmi nous la fibre huguenote ? <\/span><\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, sans-serif;\"><span style=\"font-size: small;\"><span style=\"background-color: #ccffff;\"><em><span style=\"color: #231f20;\">Esprit, viens des quatre vents, souffle sur ces morts, et qu\u2019ils revivent ! (Ez 37.9) <\/span><\/em><\/span><\/span><\/span><\/span><\/p>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify;\">NOTES<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, sans-serif;\"><span style=\"font-size: small;\"><strong><span style=\"color: #231f20;\">1. <\/span><\/strong><span style=\"color: #231f20;\">En occitan <\/span><\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, sans-serif;\"><span style=\"font-size: small;\"><span style=\"color: #231f20;\"><strong>2.<\/strong> Nous avons gard\u00e9 volontairement le style et les vieux mots du pass\u00e9 pour rester dans l\u2019atmosph\u00e8re <\/span><\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, sans-serif;\"><span style=\"font-size: small;\"><span style=\"color: #231f20;\"><strong>3.<\/strong> Ce texte est un r\u00e9sum\u00e9 adapt\u00e9 d\u2019une histoire intitul\u00e9e \u00ab Un coin de Paris \u00bb paru dans les Nouvelles veill\u00e9es c\u00e9venoles, J-T.et L. Martin, Soci\u00e9t\u00e9 des publications morales et religieuses, Toulouse, 1897<\/span><\/span><\/span><\/span><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Veill\u00e9e C\u00e9v\u00e9nole (3) &nbsp; &nbsp; \u00a0Par Fran\u00e7ois-Jean Martin \u00a0 Ces veill\u00e9es c\u00e9venoles permettaient aux protestants de se retrouver et c\u2019est l\u00e0 que se retransmettait1 la force de la foi protestante autour de la Bible et des t\u00e9moignages des h\u00e9ros de la foi. 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