Regards croisés sur la formation

 

 

 

Par MARIE CHRISTINE FAVE

M.C.Fave

 

 

Camp, stage, institut, formation continue… l’éventail des possibilités est large. Reste à faire son choix selon ses objectifs, ses disponibilités, ses capacités, ses circonstances de vie, le style de formation recherchée… En formation aujourd’hui ou hier (et peut-être encore demain) plusieurs1 ont accepté de faire part de leur cheminement. Merci à chacun.

 

 

 

Formation longue durée

 

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Faire le pas de quitter son quotidien pour aller dans un institut biblique, c’est ce qu’ont vécu Sam et Sara Boukorras (IBG : Institut Biblique de Genève) et Catherine Bolister (IBN : Institut Biblique de Nogent). Côté faculté de théologie à Vaux-sur- Seine, Sylvain Lombet et David Sommer conjuguent cours et engagement professionnel ou pastoral.

 

 

 

Motivés… ils le sont ! Mais pourquoi ?

 

iconePDFConstater son besoin de mieux connaître la Bible, souhaiter être mieux équipé dans un ministère déjà présent : ce sont les motivations essentielles des uns et des autres.

« Responsables du groupe de jeunes, nous avons vu notre manque de formation, confie Sam. Cela nous a poussés à chercher un programme de formation ». En poste pastoral après plusieurs années au Tchad, David avait seulement suivi un cours de formation missionnaire. Il a maintenant « la conviction importante d’acquérir des connaissances bibliques et théologiques pour exercer son ministère plus en profondeur ». Quant à Sylvain, il voulait lui aussi mieux remplir ses responsabilités d’ancien : « J’ai ressenti le besoin de me former pour la prédication et les enseignements bibliques. J’ai trouvé la formation théologique passionnante. J’ai été appelé au ministère pastoral en cours de route. »

 

Le choix 

 

 Regarder le profil de la formation

 

salle-classe-3« J’ai pris conseil auprès d’amis, de référents, explique Sylvain. Tous, à l’unanimité, m’ont recommandé de m’orienter vers la fac, car je tirerais plus de bénéfice d’un enseignement type fac que type institut. Je cherchais aussi une dominante exégétique ». De son côté, Catherine vient d’Angleterre et désire s’engager en France. « Cela me semblait alors logique, constatet- elle, de me former en France. J’ai choisi l’IBN plutôt que l’IBG parce que j’avais déjà effectué un stage avec une mission et je cherchais une formation plus axée sur la connaissance biblique. » Quant à Sam et Sara, ils se renseignent sur la confession de foi et le cursus de l’IBG : « On a apprécié le côté stage et l’aspect progressif : deux lieux successifs ». Pouvoir suivre les cours en couple était aussi un point important pour eux.

 

Question de réseau

 

« L’IBG ne nous était pas inconnu (congrès de Pâques, etc.) poursuit Sam. Et son réseau de partenaires constitue une passerelle pour connaître des oeuvres et des gens. »

 

Côté pratique

 

L’aspect pratique reste bien présent dans les discussions de David avec son Église. Celle-ci lui accorde une disponibilité pour valider une licence de théologie en 6 ans. « Pour mon Église, souligne David, c’était plus simple que je mette 2 fois 2 semaines à part que du temps de côté chaque semaine (même si j’en garde un peu pour les cours à distance). »

 

Des défis ? 

 

 La vie communautaire :

 

« C’est comme un plus qui ne s’avère pas toujours facile, précise Catherine. On est confronté à soi-même et aux autres. On voit chacun au-delà des apparences. Une autre difficulté : j’ai l’impression d’être dans une bulle à l’institut. Et pourtant, on n’est pas coupé du monde. » Pour Sylvain, ni vie communautaire ni bulle. « Je venais au départ pour prendre des cours, se rappelle Sylvain. Dieu m’a alerté dès les premiers jours sur le danger d’un manque de lien entre connaissances et relations fraternelles. »

 

Rythme familial

 

« Veiller à l’équilibre entre vie de famille, d’Église et les études reste un défi de chaque semaine », affirme Sylvain. Les déplacements de Sam (Angers/ Genève) ont aussi un impact. Sara reconnaît que c’est un challenge d’apprendre à gérer les absences de son mari.

 

Trouver sa voie

 

« J’ai un tempérament assez généraliste, explique Sylvain. Le défi consistait pour moi à discerner un projet personnel dans le flot des infos et des cours. »

 

Former sans formater ?

 

« Un certain formatage est inévitable, affirme Sylvain. Les enseignants prennent des précautions pour sauvegarder une bonne diversité, mais ils donnent néanmoins une direction. À charge pour les étudiants de retravailler ce qui a été reçu. Pendant le déroulement du cursus, ce n’est pas facile de prendre du recul. Personnellement, je confronte les cours avec la réalité de l’Église locale. »

La formation n’est pas seulement théorique. C’est aussi une formation du caractère.  Sylvain Lombet

 

L’après-formation ?

 

La question est déjà résolue pour Sylvain et David. Pour Catherine, elle arrive en dernière année. « La prise de décision n’est pas toujours facile, confiet- elle. Toutefois, mon choix se limitait à un cadre donné, suite à mon expérience missionnaire précédente. Aujourd’hui, je fais partie de cette mission. »

« Qu’est-ce que je fais de mon métier ? » se demande Sam en sortant de l’IBG. « Je devais choisir entre mon travail d’infirmier scolaire, le pastorat et le ministère jeunesse, ajoute Sam. J’ai beaucoup appris au travers de mon activité professionnelle. Aujourd’hui, je trouve de la pertinence à continuer mon travail séculier à temps partiel tout en m’engageant dans le ministère jeunesse. »

 

 

Formation courte ou moyenne durée

 

Les CFB2

 

Commencer la formation par un camp, certains jeunes de nos Églises en font l’expérience. Et ils ont l’air d’y prendre goût puisqu’ils s’inscrivent à nouveau l’année suivante ou quelque temps après. Côté Nord, Olivia Wicker et Adrien Fleurent ont participé au camp Défi-toi/CFB. Côté Sud, Valentin Gimenez a non seulement suivi la totalité du parcours CFB1 et 2, mais aussi la toute dernière nouveauté : le CFB+.

 

Des camps pas comme les autres

 

« Le CFB, affirme Valentin, est un point de rendez-vous, de repères entre jeunes des CAEF. Au CFB1, on a créé des liens qui persistent. C’est une émulation. » Côté Nord, Olivia fait un constat analogue : « Le CFB, c’est un moyen de se retrouver entre jeunes qui ont servi à St-Lunaire pendant l’été. Et ce camp arrive à un moment propice : c’était “reboostant”, ressourçant pour le début de l’année universitaire. » Adrien, de son côté, était surtout motivé par l’aspect camp au début, mais « avec le temps, précise- t-il, on a envie de connaître davantage Dieu et de se former. On prend plaisir à suivre les cours. »

 

Utile pour soi, mais aussi pour les autres…

 

« Le CFB1, se souvient Valentin, je l’ai vécu comme un choc. C’était une grande découverte. L’approche était systématique, académique et poussée. » « Beaucoup de découvertes, confirme Olivia. On en ressort avec des connaissances bibliques plus profondes. Néanmoins, certains sujets sont assez compliqués et nécessitent d’avoir déjà lu la Bible par soi-même. »

Suite aux CFB, Adrien s’estime plus à même de défendre sa foi et Olivia prend de l’assurance envers ses amis. « Je peux désormais leur prouver que mes croyances sont fondées et que je sais pourquoi et en quoi je crois, soutient Olivia. Les cours m’aident aussi quand je prépare une étude pour mon groupe de jeunes : cela me donne un peu de recul et me permet de mieux comprendre le sujet. »

 

Envie d’aller plus loin…

 

« On a bien apprécié les cours, vu des choses intéressantes, souligne Olivia. Cela donne envie de se former un peu plus. J’aimerais bien faire un an d’institut biblique… Je ne sais pas si ce sera possible. » Valentin désire aussi continuer à se former. Il opte cette année pour le CFB+. En plus des cours, le CFB+ organise une journée d’évangélisation. « Quand mon église participe à des efforts d’évangélisation, je me cache derrière mon djembé, reconnaît Valentin. Là, on a fait des questionnaires et c’était la première fois pour moi. J’avais beaucoup d’a priori, d’appréhension. Le CFB+ nous pousse vers l’autonomie. »

 

Le REF3

 

Encouragés par les responsables de leur Église à se former, Sylvain et Olivia Flahaut cherchent à concilier formation et travail séculier. « Les cours étaient applicables dans notre vie d’Église, assure Olivia. On a rencontré des vis-à-vis. Nos échanges permettaient aussi de voir les faiblesses et les points forts de nos Églises. » « On a un réseau maintenant, complète Sylvain. On s’encourage. Le REF nous a aussi motivés dans notre relation personnelle avec Dieu. »

 

Stage Nouvelle Génération

 

Arnaud Bonset vient de terminer un stage d’une dizaine de mois dans son Église. L’objectif du stage le motive : découvrir ses dons en servant dans différents domaines de l’Église ; se rendre compte de la réalité du ministère avant de s’engager dans une formation biblique. Les études de théologie, Arnaud y pense, mais pas dans l’immédiat. Le stage « m’a apporté une vision vraie de ce qu’est l’Église, explique Arnaud. Participer aux réunions d’anciens a été très formateur. » Et Arnaud relève un défi de taille : construire son propre emploi du temps !

 

 

Formation continue

 

Prendre du temps régulièrement pour se former, persévérer pendant plusieurs années… c’est le choix de Patrick Wenger (FormaPRÉ), d’Alain Lombet (cours du soir IBN) et d’Alexia Bourniquet (IBG online).

 

Comment l’histoire a-t-elle commencé ?

 

Anciens dans leurs Églises respectives, Patrick et Alain constatent eux aussi le besoin de se former. « Quand on m’a présenté FormaPRÉ, déclare Patrick, cela a mis un an de réflexion en moi. Au même moment, j’avais la possibilité de suivre une formation professionnelle. Mais le Seigneur m’a montré d’entreprendre plutôt cette formation spirituelle. » De son côté, Alain s’engage à FormaPRÉ pendant un an. « Cela ne convenait pas à mes disponibilités, souligne- t-il. Je n’arrivais pas à faire les devoirs, vu mes contraintes professionnelles. À ce moment-là, l’IBN démarrait ses cours du soir. J’ai fait toute ma théologie biblique en cours du soir à raison d’un ou deux modules par an sur 15 années. J’ai ainsi pu concilier formation, travail séculier prenant, vie de famille et vie d’Église ». Quant à Alexia, les cours du CFB lui « ont donné envie de poursuivre la formation. J’ai entendu beaucoup de bien de l’IBG online, ajoute-t-elle. Je me suis dit : à 23 ans, célibataire, c’est le moment. »

 

Ce qu’ils ont reçu…

 

« Une formation théologique solide, affirme Alain. J’ai utilisé ces cours pour des préparations de messages, d’études bibliques ainsi que dans ma charge d’ancien ». Patrick fait le même constat : « Un acquis qui m’a beaucoup aidé. Je n’aurais pas lu de moi-même les livres conseillés. Et l’interactivité pendant les cours était pour moi très enrichissante. » Avec les CFB, l’IBG online, Alexia estime que sa foi est « plus mature, plus cohérente avec ce que la Bible dit. »

 

Sans difficulté ?

 

« Quatre week-ends par an pendant 5 ans, un devoir avant et après le cours, cela demandait de l’organisation, explique Patrick. Je prenais des jours de congé pour faire les devoirs. » Selon Alexia, le défi des cours online consiste à être discipliné. « Quant au contact virtuel, il ne représente pas un obstacle pour moi », précise-t-elle. Elle soulève tout de même la question finances : « Se former, cela coûte (149 euros le cours). » Un choix qu’Alexia ne regrette pas : « J’ai trouvé la formation passionnante. Le premier cours m’a tellement enrichie que j’ai voulu faire le suivant. »

 

 

Le mot de la fin

 

Quel que soit l’âge ou la formation choisie, l’envie de mieux connaître Dieu et sa Parole se retrouve chez tous. La plupart ressentent aussi le besoin de se former, surtout s’ils sont déjà impliqués dans un service. Ce sont d’ailleurs ses responsabilités d’Église qui donnent à Sylvain L. « de pouvoir articuler théorie et pratique. » Le côté pratique… un aspect incontournable qui se vit tantôt avant, tantôt après ou pendant. Et bien se renseigner sur le cursus de la formation, ce n’est pas un luxe ! Car, selon le profil personnel, une formation ou une autre sera plus adaptée.

« Une année à part pour se former, c’est un investissement à très long terme, assure Sam. C’est toute ta vie qui est impactée par ce que tu peux apprendre. » Et maintenant que la page institut est tournée, Sam veut « être dans une logique de formation continue. » Un peu comme Alain qui se décrit tel « un éternel étudiant ». Soif de découvrir, de comprendre, envie de mieux connaître Dieu, fraîcheur et humilité d’un coeur qui désire encore apprendre : que Dieu nous garde dans de telles dispositions.

 

MC.F.

 


 

NOTES

 

1. Présentation des intervenants : Sam et Sara Boukorras : infirmiers, responsable AJC Nord, Angers ; Catherine Bolister : missionnaire MENA, métropole lilloise ; Sylvain Lombet : pasteur-étudiant, Îlede- France ; David Sommer : pasteur, Barr ; Olivia Wicker : étudiante, Le Mans ; Adrien Fleurent : étudiant, Bordeaux ; Valentin Gimenez : ingénieur, Clermont-Ferrand ; Sylvain (technicien supérieur) et Olivia (comptable) Flahaut : Grenoble ; Arnaud Bonset : fin d’études, Strasbourg ; Patrick Wenger : cadre hospitalier, Marseille ; Alain Lombet : chercheur retraité, Île-de-France ; Alexia Bourniquet : enseignante, Marseille.

 

 

2. Cycle de Formation Biblique

 

 

3. Responsables En Formation